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28/09/2009

Jean-Paul Marchant "Le Tisserand" la poésie du terroir

marchant.jpg"Ah, dans ce temps on faisait des vraies chansons ! Et on savait chanter !"

L'antienne est connue. Les anciens l'utilisent comme excuse pour ne pas s'ouvrir à la nouveauté, et les jeunes pour se moquer de leurs ancêtres. Mais il faut bien reconnaitre qu'une certaine idée de la chanson française a complètement disparu de la musique d'aujourd'hui. Les artistes qui osent aujourd'hui poser des mots et raconter des histoires plutôt que d'assommer leur auditoire à coups de slogan bien-pensants se meurent. Pourtant il est reposant de recevoir une chanson, sans parti pris, une nouvelle de deux minutes qu'on nous raconte et qui s'en va.

Jean-Paul Marchant est de ces chanteurs disparus. Inconnu au point que Google nous incite fortement à finir son patronyme avec un"d" plutôt qu'un "t", inconnu au point d'être a peu près introuvable. Pourtant, sans trop savoir pourquoi, la poésie rurale de ce chanteur m'émeut profondément. Peut-être aussi parce que derrière la simplicité de son oeuvre se cache une écriture limpide. Aussi parce qu'à ses côtés, on retrouve Pierre Nicolas, contrebassiste de Brassens et Roger Bourdin, flûtiste classique, essentiellement connu pour avoir transformé en 10 minutes d'improvisation au débotté "Il est cinq heures, Paris s'éveille" de Dutronc en merveille du vingtième siècle chanté.

Donc, ici pas de grands sentiments, à peine une demi-heure et douzes chansons qui s'écoulent comme la verveine avant d'aller se coucher.

Le Tisserand
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Ulysse relecture du célèbre mythe de Bellay, de Brassens. Une chanson d'amour universelle
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Picoula Picouli
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16/09/2009

"A Bad Donato", la méchante usine à sample... n'est-ce pas mr B...

donato.jpgTout cet album pourrait se retrouver vite fait bien fait découpé en petites rondelles et multiplié à l'envi dans des milliers de disques de hip-hop. Il y a dans cette perle datant déjà de presque 40 ans la quintessence de la musique d'alors. Un appel au sexe et à la sueur tout en rythme. Joao Donato, brésilien et grand défricheur d'une musique mi-funk mi-jazz de son état avouait lui même avoir commis un disque presque indécent puisqu'il déclarait:

"And I made the noisiest record I can ever remember making."

Celà se passe de commentaire. Même quand il envoie du vent dans les flûtes et de la bossa syncopée, on ressent un appel presque indécent à la séduction corporelle. Ajoutez à tout celà les arrangements d'un Eumir Deodato en pleine forme et vous obtiendrez donc un disque qui réveille vos plus vils instincts, ceux qui vous font tenir debout mais que vous préférez occulter. Pendant 40 minutes, laissez-les prendre le controle.

Lunar Tune (les petites saillies de cuivres me rappellent irrésistiblement le générique de la géniale série Oz, ce ne doit pas être un hasard...)
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The Frog

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Suite à la remarque éclairée d' Alain, je ne peux que vous faire partager la sublime interprétation de ce titre par Jacques Brel lui-même... en 1977... Assez éloquent...

 

12/09/2009

Gotainer, Matching Mole... Je chante ce que je dis et je dis ce que je chante !

Tant de chanteurs d'évertuent à essayer de trouver de jolies paroles que ça en devient désespérant. Mauvaises rimes, sentiments à la chantilly, tout y passe, avec peu de raison de sauter au plafond à l'arrivée. Alors que, pourtant, écrire une histoire interessante, ce n'est pas difficile, il suffit de raconter ce qui se passe...

gotainer.jpgAvec par exemple Richard Gotainer, oui celui des youkis et des décalcos... Pour son premier disque, il opérait en symbiose avec Claude Engel, un multi-intrumentiste plutôt guitariste et plutôt versé dans les expérimentation bizarres jusqu'alors. Alors entre délires adolescent et comptines musicales, on avait pour finir Le forgeur de Tempos ce mignon "Fais moi une chanson"

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matching.jpg

Ceci dit, l'ami Richard n'avait pas non plus inventé l'eau tiède, puisque l'immense Robert Wyatt, sitôt après avoir créé un nouveau groupe en hommage à l'ancien qu'il venait de quitter (Soft Machine) jouait à fond la carte du second degré. Sa nouvelle formation s'appelle donc "Matching Mole" ce qui évoque évidemment des bizarres histoires de taupes alors que sa signification en est bien plus simple, il suffit de traduire "Soft Machine" en français (Machine molle) et de prononcer le tout... à l'anglaise. C'est limpide et rigolo, et on ne s'étonnera donc pas de trouver au milieu de ce petit trésor du début des années 70 Signed Curtain. Une chanson elle aussi très descriptive...


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Depuis, le second degré, la mise en abime n'est plus vraiment la norme. On préfère l'anecdotique et les histoires de maison de campagne ou les barbecues virent à la catastrophe.

Mais quelquefois, on retrouve l'histoire qui se raconte elle-même. C'est toujours aussi charmant et souvent drôle, même quand il s'agit de relectures commentées avec talent de vieux clips ringards. Comme cette version hilarante de Penny Lane des maintenant remasterisés Beatles

10/09/2009

Akron/Family "Set' em Wild, Set 'em Free" le feu de camp passe à l'électrique

akron.jpgIl m'arrive de moins en moins souvent d'acheter des disques juste après les avoir écouté dans une grande surface. Le plus souvent l'expérience tourne court, les specimen choisis pour faire office d'appat à la population sont souvent assez fades à mon gout, mais parfois, la bonne surprise peut surgir du casque.

Akron/Family par exemple, un trio qui non content de pomper le concept de "grande famille musicale" à Sly Stone lui pique aussi l'idée le drapeau américain sur la pochette fait partie de ces divines révélations. Rien de révolutionnaire, juste des chansons baties sur les bonne fondations du folk nord-américain qui se transforment souvent en célébrations paiennes et enjouées. Il y a un peu de A Mt Zion dans ce groupe, un esprit fraternel, des chants en choeur et on l'imagine, un leader charismatique faisant craquer les filles quand il ouvre négligemment sa chemise à carreaux.

En tout état de cause, Set'em Wild, Set'em Free est un disque bon et honnête. Sans chercher à jouer au-dessus de leurs moyens, la famille à Akron rassemble toutes les bonnes énergies qui gravitent autour d'elle, et ca fait du bien.

Everyone is Guilty
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River
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