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24/11/2010

Jean-Philippe Viret ou Sun Ra, le jazz qui pulse.

 

sunra.jpgSun Ra reste sans aucun doute à la fois l'un des jazzmen les plus influents et les plus prolixes mais surtout sans contestation possible, le plus barré d'entre tous. Entre ses délires mégalomaniaques auxquels je ne sais toujours pas s'il croyait vraiment et ses accoutrements de scène, entre papier aluminium et couverture de survie à rendre jaloux Paco Rabanne, le monsieur se posait là en terme de personnage atypique. Pourtant, bien au-delà de tout ce folklore et de cette mythologie qu'il engendra lui-même, Sun Ra reste avant tout un fabuleux musicien. A la fois improvisateur et compositeur, complètement visionnaire dans l'utilisation des sons synthétiques, il fut ausssi un meneur d'homme qui su garder (à la l'image de Duke Ellington) au sein de son Arkestra, une troupe de musiciens exceptionnels tels que le saxophoniste John Gilmore. Inutile de dire que je l'admire, de manière plutôt instinctive d'ailleurs car je suis bien incapable de digérer son oeuvre pharaonique, et que sa façon de vivre sa musique en toute folie me fascine complètement.

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Le moins que l'on puisse dire c'est que la filiation entre Sun Ra et Jean-Philippe Viret ne s'impose pas d'elle-même. D'ailleurs ce dernier ne prétend ni être né sur Saturne ni redéfinir le cosmos avec une musique interstellaire. De fait, il cultive plutôt son art de la contrebasse en toute modestie au sein d'une scène française qui regorge d'artistes de talents. Et son dernier album en trio Pour, où il expose toujours un sublime art cinématographique de la mélodie, s'avère vraiment excellent (et tout le monde devrait sans doute déjà l'avoir acheté).

En fait, il s'avère que depuis quelques semaines, je suis complètement accroc au morceau "La Barge Rousse" issue de Pour. Toute en bois et en rythme cette composition m'enchante un peu plus à chaque écoute. Edouard Ferlet y cherche quelques sonorités aigues et délicieuses au coeur de son piano, mais surtout, il y a cette pulsation, cette délicieuse ondulation monotone qui nous transporte vraiment sur cette embarcation imaginaire, déambulant au gré du fleuve.

La barge rousse
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Et c'est en découvrant par hasard "New Day" de Sun Ra au coeur d'un vinyl dégôté en vide-grenier que la même douce fascination m'a envahi. Ici aussi, c'est le rythme qui dicte sa loi au morceau avec des percussions et une ligne de basse hypnotique. Et si avec le trio français, on dérive tranquillou sur la Marne, avec l'Arkestra, on navigue en pleine mer, il y a du vent, le chant des sirènes et c'est tout aussi charmant.

New Day (en m'excusant pour la qualité du son)
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Enfin, tout ça pour dire que quand j'écoute, deux morceaux de la même façon, je m'en obliger d'en parler ici.

 

 

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