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06/09/2011

"La guerre est déclarée" Une bande originale encore meilleure que le film

la_guerre_est_declaree,0.jpgDepuis une semaine, difficile d'ignorer la sortie du film de Valérie Donzelli "La guerre est déclarée" qui retrace le parcours d'un jeune couple face à la maladie de leur fils. En déambulant en petits détails, moments furtifs (une soirée arrosée chez des amis qui vire à la salade de langue, une balade sur la plage, une entrevue rapide avec un ponte chirurgien qui conseille de "ne pas compter les oeufs dans le cul de la poule" avant l'intervention...), on se retrouve au coeur de cette vie intime où malgré le malheur, on rit, on boit, on s'engueule.

Et si l'éblouissement n'est pas aussi absolu que le laissaient envisager les louanges tissées par milliers récemment, la merveille de bande originale concoctée par Jérémy Elkaïm donne à l'ensemble une plus-value singulière. Ce dernier, séparé de la réalisatrice tient son propre rôle de musicien un peu bohême qui se bat comme il peut face au destin. Et si sa prestation de comédien laisse beaucoup à désirer (au point que certains se demandent si ce n'est pas voulu), la pertinence de ses choix musicaux laisse quant à elle pantois d'admiration.

Quand certains auraient donné dans le patos avec cordes à outrances et thèmes redondants, Elkaïm mélange les airs les plus entendus (L'Hiver de Vivaldi et sa tempête de violon rythmant le déluge de l'annonce dramatique qui se répand par téléphone interposé, la Badinerie de Bach ou Manha de Carnaval, pour toujours l'une des plus belles mélodies jamais composée) aux pépites de cratedigger élitiste des beaux quartier. Ca commence avec Le post-punk de Frustration pour les post adolescents attardés en sortie (si immédiat qu'on croit l'avoir toujours connu), puis Yuksek et son électro déjantée et violente qui se heurte aux murs de la salle de scanner évidemment interdite à la mère de l'enfant, pour finir dans l'espace avec O Superman de Laurie Anderson qui accompagne ces héros décidemment humains. Ajoutez à celà, Jacqueline Taieb et les 5 Gentlemen, échappés des années de folie du beat à la française et le bonheur se révèle complet.

Acteur inégal, Elkaïm aura eu le privilège dont tous les mélomanes rêvent un jour, celui de pouvoir chercher avec passion et curiosité le petit plus qui rend un bon film excellent. Et son ex-compagne (Je ne peux plus dire je t'aime d'Higelin tout sauf un hasard...) lui a sans aucun doute offert un ultime et magnifique cadeau.

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