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18/09/2015

William S. Fischer / Fernando Unsain - Akelarre Sorta (1973) Le groove aux basques.

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William S. Fischer aura eu une carrière aussi mystérieuse que discrète. Musicien accompli, arrangeur hors-pair, aux côtés des plus grands jazzmen lors de sa première partie de carrière, il n'aura cependant jamais vraiment l'occasion de mettre en avant son talent sous son propre nom, mis à part avec Circles enregistré en 1970 pour le minuscule label Embryo. Ce dernier disque est même présenté comme son unique production par Philippe Robert dans Great Black Music (Ed. Le Mot et le Reste), qui ignore ainsi l'étonnant périple du musicien en terre basque au début des années 1970.

Sans savoir vraiment comment ni pourquoi, William Fischer, saxophoniste, pianiste et récemment épris de Moog s'est donc retrouvé en Euskadi, et y aura même enregistré de la musique pour un label local. Le pays basque et sa langue si étrange qu'elle continue à faire fantasmer les linguistes, confirme ici sa propension aux phénomènes improbables et obscurs: Un musicien afro-américain, l'Espagne franquiste, et pour lier le tout, des airs populaires autochtones repris et déformés. Le 33t ultra confidentiel qui naquit de cette alchimie cosmique est un joyau de groove cradingue (et également une pépite pour les acharnés de la creuse vinylistique), mais il ne représentait que le premier chapitre d'un échange, où les basques, sans doute surpris de voir leur folklore complètement marabouté, reprirent ensuite la main.

 

Pour le deuxième round, un chanteur du cru, Fernando Unsain est convoqué pour reprendre les reprises de William Fischer et un petit texte, ode à la culture locale, à sa musique et à son langage universel nous explique la démarche artistique:

"Fernando Unsain a su avec une grande habileté, adapter son art au rythme frénétique actuel en transformant le rythme négro-américain de Fischer et en ramenant à leur esprit d'origine les mélodies ainsi transformées."

Ainsi, tel un projet de loi envoyé au Sénat avant de revenir transformé à l'Assemblée Nationale, la musique voyage et s'enrichit. Bien qu'engluées dans dans les sonorités poisseuses de Fischer, les mélodies basques s'affichent clairement, portées par la voix du chanteur, qui le temps d'une face et de cinq re-relectures inouies du patrimoine sonore basque participe à l'un des plus confidentiels et stimulants cross-over musicaux.

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