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21/11/2015

"68/88 L'album de nos 20 ans" - Quand Libération laissait Drucker parler musique...

$_35.JPGLa mode des grands classements de tout et de rien ne date pas d'aujourd'hui. En fouillant les bon vieux entrepôts de l'Abbé Pierre, je suis tombé sur cet étrange supplément de Libération, où, pour célébrer les 20 ans d'une révolution manquée qui faillit renverser l'histoire, comme dirait Renaud, la rédaction avait donné à un panel pointu de journalistes le loisir de classer et deviser sur les cent disques majeurs des dernières années. Beatles, Stones, Led Zeppelin, Hendrix, et même les proverbiaux Sex Pistols, que tout le monde cite mais que plus personne n'écoute, les grands classiques du rock sont déjà au rendez-vous. Avec eux, un peu de musiciens noirs (Stevie Wonder et surtout Prince), et un peu de Français pour l'exception culturelle (où l' découvre avec étonnement qu'on préférait alors "L'homme à la tête de choux" à "Melody Nelson"), et pas grand chose d'autre. Vingt-cinq ans plus tard, certains oublis sautent aux yeux, le plus criant, musicalement parlant étant celui de tout groupe allemand. Neu, Can, Kraftwerk, aujourd'hui portés au pinacle des visionnaire de la musique moderne ? Nein ! Rien du tout, rentrez chez vous, Raus ! et laissez nous dire combien Dr Feelgod a révolutionné la musique rock. L'autre incongruité reste l'absence de notre bon vieux hard-rock des familles, Iron Maiden ou AC/DC payant sans aucun doute leurs look capillaire trop déclassé pour les esthètes de Libé, à qui l'histoire a donné raison néanmoins puisque aujourd'hui ces formations sont évidemment tombées dans l'oubli le plus total.

Michel-DRUCKER-350.jpgMais le le meilleur reste à venir dans les commentaires des-dits classements, puisque cinq disques se devaient d'être annotés et chroniqués par les grands journalistes convoqués pour l'occasion. Et dans ces pointures, le cher Michel Drucker, aussi à l'aise que le Prince Albert à la Fête de L'humanité nous offre un monument d'inconsistance culturelle. Prince ? "Le Jules de ma fille l'adore !" Stevie Wonder ? "Je l'ai croisé y'a pas longtemps !" Bashung ? "Je l'ai connu avant tout le monde !"

Chronique de Purple Rain de Prince ( classé 20e)

"Le jules de ma fille était un fondu de Prince, j'ai fini moi aussi par craquer pour ne pas passer pour un "demeuré"! C'est vrai que Prince est un musicien exceptionnel qui bouge magnifiquement, à faire palir - si j'ose dire - la pile électrique Jackson. Je n'ai pas vu le film Purple Rain, et je prie mon gendre de m'excuser une fois encore (j'avais oublié de soir là de changer le numéro de mon décodeur qui me relie quasi quotidiennement à Canal Plus). Cela dit, je sais tout sur le tournage qui eut lieu au studio de la Victorine, à Nice... Le kid de Minneapolis fit mieux que ses confrères d'hier et d'aujourd'hui: Jackson, Springsteen, Bowie: mieux aussi que les Beatles, puisqu'il se mit en scène lui-même. Ce qui ne fut pas du goût de Mary Lambert, l'auteur des clips de Madonna, qui quitta le tournage le seizième jour, suivie de près par Terence Stamp. Pour faire court, j'ai entendu cent fois When Doves Cry, Darling Nikki et Babe I'm a Star, Purple Rain.... Le fiancé de ma fille a raison. Prince bat tous les Jackson à plates coutures sans avoir à décongeler le fantôme de Mick Jagger. Son album est à la fois rock, funk, afro. Une musique de fusion. Bref, Prince est génial. Après ce coulis de superlatifs, j'espère que sa maison de disques me l'amènera bientôt sur le plateau de "Champs-Elysées".

Ni vu ni connu j't'embrouille, je te cause un peu de la maison, des anecdotes inutiles, et quand il faut parler musique "on fera court". Hop, il est déjà temps de signer ce monument. A ce moment de la chronique un petit rappel de la culture musicale de Drucker s'impose:

 

 

C'est rétrospectivement grâce à de telles supercheries que l'on mesure l'importance de ne pas laisser trop d'importance aux avis des autres. Que les classements qui n'en finissent plus de pulluler, les "discothèques idéales" et les "morceaux à avoir écouter avant de trépasser" ne valent pas grand chose. La vérité d'hier ne sera pas celle de demain, alors choisissons nous-mêmes les artistes qui nous touchent et nous parlent, et laissons ces classements, et autres avis d'autorité à ceux qui ont déjà renoncé à se forger leur propre culture.

 

 

 

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