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24/04/2006

Brahem-Surman-Holland "Thimar" Le plus beau son après le silence...

"Le plus beau son après le silence"... Cette petite accroche un rien prétentieuse est la devise de la maison de disque ECM, basée en Allemagne et qui se caractérise depuis plus de trente ans maintenant par la présence de superbes photographies sur les pochettes de CD mais surtout par une constance dans la volonté d' innover musicalement.

La rencontre entre musiciens de ce label est également une spécialité du cru. Ici, c' est le joueur d' oud tunisien Anouar Brahem qui est à l' origine de cet enregistrement. Pour l' accompagner, deux musiciens de jazz déjà plus que reconnus John Surman, saxophoniste-clarinettiste hors pair et Dave Holland, contrebassiste à la pointe du jazz depuis 30 ans... Le résultat est magique, les deux anglais se sont glissés dans l' univers chaleureux et intimiste de Brahem tout en douceur: la symbiose entre les sonorités des trois instruments relève du miracle. Au final, 50 minutes de réveries orientales idéales pour tous ceux qui voudraient découvrir cette musique.

Kashf


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echelle de facilité d' écoute

rythme 3/5: C' est un plaisir de se laisser porter par ce son de contrebasse..

mélodies 5/5: tout le charme des musiques orientales, accessibles et raffinées.

longueur des morceaux 4/5: Une seule longue pièce de 8 minutes pour ouvrir.. Pour la suite, autour de 5 minutes.

Passerelle vers World-music, Jazz et "gobe-music"

19/04/2006

Gil Scott-Heron "Pieces of a man" Le surdoué de la musique black

Gil Scott-Heron a une petite particularité, celle d' avoir mené de front deux carrières, celle d' écrivain avec un roman noir remarquable "Le vautour", et celle de chantre soul-funk-jazz, qui est quand-même la raison pour laquelle il est le plus reconnu.

Et ce disque n' y est peut-être pas pour rien puisqu' il représente un condensé de musique noire américaine stupéfiant, toujours entre le jazz et la soul. La voix chaude de Gil Scott-Heron est étonnante et envoie très haut dans le cosmos l' auditeur dès le premier morceau "The Revolution will not be televised", slam rageur propulsé par une rythmique de feu. La suite est une succession de superbes chansons où l' on peut retenir "Lady Day and John Coltrane" et "When you are who you are", mais le disque prime surtout par la cohérence du tout qui se termine par une émouvante complainte de neuf minutes:"The prisoner".

Puisqu' il n' est jamais mauvais de lire un peu, je vous recommande aussi son roman en l' écoutant, on y retrouve la même atmosphère sulfureuse et l' ambiance des années 70's au sein de la communauté noire est très bien rendue...
Au niveau écoutes:

The Revolution will not be televised


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When you are who you are


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échelle de facilité d' écoute

rythme 4/5: le premier morceau donne le ton...

mélodies 4/5: jolies, et surtout très bien portées par la voix de Gil Scott-Heron

Longueur des morceaux 4/5: Seul le dernier titre pourrait sembler un peu long...mais il n' en est rien !

paroles plutot très bonnes, à l' image de son talent d' écrivain..

Passerelle vers black music, soul, jazz

09/04/2006

Bobby Mc Ferrin "Circlesongs", nul besoin de substances illicites pour planer bien haut

Bobby Mc Ferrin est bien connu, il a composé l' hymne des optimistes siffleurs "Don't worry be happy" chanson guillerette, entièrement faite à la bouche, vraisemblablement aussi subtile à composer que facile à retenir. Et pour beaucoup, l' influence de ce cher Bobby s' arrête là. Cruelle méprise. En effet McFerrin explore depuis de longues années toutes les capacités du chant, s' acoquinant avec facilité avec toutes les formes musicales, vocales ou non (Reprises de Mozart, duos avec Chick Corea..).

Pour ce disque qui a maintenant près d' une dizaine d' années, rien d' autre que des voix (mais pas de paroles) qui s' entrelacent presqu' à l' infini pour tisser huit morceaux totalement atypiques et pour lesquels le terme "berceuses de transe" semble le plus approprié. Sur ces huit plages, sobrement intitulées "Circlesong One, Circlesong two....", toujours un motif multiplié par les compères de Bobby et ce dernier qui improvise tel un chaman par dessus. Sa voix incroyable, capable d' aigus insensés ou de groover telle celle de Barry White sublime ces airs entêtants qui deviennent de véritables prières hypnotiques. De la somme de ces morceaux résulte ce disque absolument unique, je l' ai classé dans la catégorie jazz, car c' est dans ce rayon que vous le trouverez vraisemblablement mais soyez bien persuadés qu' il ne sera pas aisé de lui trouver sa place dans vos étagère, qui sont je le sais classées bien méticuleusement. Le mieux est encore alors de le laisser toujours près de la platine CD, car vous n' avez pas fini de l' écouter...

Echelle de facilité d' écoute

Rythme 4/5: laissez-vous porter, et si vous le sentez, vous pouvez même essayer de chanter aussi avec tout le monde...

Mélodies 4/5: Un motif qui se retient sans peine, des envolées qui fascinent..

Longueur des morceaux 3/5: quelques plages dépassent un peu le format "radio" (5 à 7 minutes en règle générale), mais il faut bien celà pour en profiter .

Paroles: Si vous découvrez en quelle langue il chante, vous pouvez me faire parvenir votre traduction, elle sera mise en ligne !

Passerelle vers jazz, world-music et "gobe-music"

17/03/2006

De Lucia - Di Meola -Mc Laughlin "Friday Night in San Francisco" le disque qui a dégouté des générations entières de guitaristes !

Alors que je n' étais qu' un jeune étudiant de 18 ans qui gratouillait lamentablement sa guitare, je suis un jour tombé par l' intermédiaire d' une bonne âme sur ce chef d' oeuvre de trio. Et il arrive la même aventure à des milliers d' innocents chaque année qui continuent inlassablement à découvrir ce monument, qui se vend toujours toujours aussi bien: La raison en est simple, cet enregistrement d' un concert maintenant historique n' est que pure jouissance musicale...

1. Paco de Lucia, le maitre de la guitare flamenco, aussi souriant qu' une porte de prison et d' une rigueur tout simplement incroyable, une technique sans faille... Sa notoriété commençait juste à franchier les fontières de son Andalousie natale.

2. Al DiMeola, l' enfant prodige de la guitare électrique de la fin de la décennie jazz-rock, presque déjà statufié à moins de trente ans

3. John McLaughlin, le vagabond génial, traverse la décennie 70 entre Miles Davis (Bitches Brew) et la musique indienne survitaminée (Mahavishnu Orchestra) ou non (Shakti), polyvalent, mystique, mystérieux à la fois.

Ces 3 guitaristes sont toujours aujourd' hui tout en haut de l' Olympe, mais à l' époque, leur jeunesse, leur curiosité, leur envie de jouer avec d' autres emportait tout et un vendredi soir à San Francisco en 1981, quelques centaines de personnes ont eu le privilège d' assister à leur rencontre, tout en acoustique. Ici tout n' est que plaisir, pas de grande concertation, d' exposé de thème ou de subtiles nuances.. Ca envoie du début à la fin. Flamenco speedé pour commencer, DiMeola enflamme le public, DeLucia le lui rend bouche bée... Ensuite blues-impro, inspirations brésiliennes, corde qui pète au milieu d' un morceau, petite ballade indienne méditative pour finir,le tout animé par la même ferveur et une la technique incroyable au service de la jouissance pure. Le plus incroyable est de se dire qu' en théorie avec 2 autres potes et 3 guitares, il est possible de faire quelque chose d' approchant...

echelle de facilité d' écoute

rythme 3/5: Parfois un peu brouillon lorsqu' ils jouent à trois, les duos sont des petites merveilles, écoutez l' accompagnement flamenco de Paco (Très facile il y a un guitariste à droite et l' autre à gauche, du pur bonheur...)

Mélodies 4/5: C' est l' énorme point fort de ce disque qui ne se complait pas dans un milieu jazz ou flamenco fermé, les mélodies sont entrainantes et sublimes (Cf l' intro de Rio Ancho, dès le début on est conquis..)

Longueurs des morceaux 1/5 qui se plaindra d' avoir des plages de 11 minutes de cette qualité ?

Pas de paroles...

Passerelle vers jazz, world-music, guitare