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02/04/2010

Ben Sidran "Dylan Different" L'ours et Zimmerman

Sidran_DylanCover.jpgIl faut parfois savoir admettre son ignorance. Et concernant Bob Dylan, je dois bien avouer que malgré tout le respect et l'aura qui l'entoure, je reste encore un novice. Pas le temps (ni l'envie) de me plonger dans ses disques, pas le temps (ni l'envie) de m'interesser à sa vie. Pour l'un des chanteurs majeurs du vingtième siècle, ça fait peu quand on aspire à la connaissance musicale la plus complète. Je ne saurais donc trop remercier Ben Sidran de me permettre avec son dernier disque-hommage au maître d'éclairer son oeuvre avec talent pour mieux la mettre en valeur.

D'abord, il y a sa voix, grave et profonde par rapport à celle plutôt nasillarde de Bob Dylan, on croirait entendre Leonard Cohen à son meilleur, ensuite les arrangements tout en douceur et en claviers vintage qui donnent souvent une petite touche soul à l'ensemble. Pour un peu, on croirait que ces hymnes engagés ont été écrits pour les crooners noirs des années 70. Enfin, il y a le respect des chansons, les textes qui se dégagent avec classe de la musique et le choix de titres qui se lient parfaitement entre eux.

Même si je ne sais pas vraiment si j'adore ce disque, je sais qu'il m'intrigue, qu'il me parle, qu'il m'incitera bien un jour à écouter un album de Dylan en entier. C'est déjà beaucoup et c'est obligatoirement bon signe.

Knockin' On Heaven's Door

Sidran milite pour le retour du slow dans les discothèques. Un véritable appel au collé-serré de fin de soirée. Tout en retenue, quelques compagnons de voix, un saxo qui chiale... Parfait !
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Ballad Of A Thin Man
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07/12/2009

Léo Ferré - Psaume 151 - Un morceau qui en fait plus que bien des disques

leo-ferre1.jpgDe Léo Ferré, j'ai longtemps adoré plus que tout "La mémoire et la mer" et sa poésie diaphane. Rien ne pouvait à mes oreilles égaler cette complainte désespérée:  La mathématique bleue, les draps poissés d'aube fine, le chien de mer libéré sur parole, je pensais cette chanson insurpassable. Et pourtant "Psaume 151" me touche d'une façon bien différente et je me sens obligé de confesser qu'elle me fascine au plus au point.

Issue de l'album au titre qui le rend déjà indispensable "Amour Anarchie", cette suite semble pourtant si plate au premier abord. Douze minutes, Ferré raconte tout et n'importe quoi, et puis tous les couplets se ressemblent, il fait des trémolos à n'en plus finir, c'est vraiment too much. Mais une douce machine se met en branle. Déjà derrière la voix, ce n'est pas juste un orchestre, c'est un groupe, un vrai. La basse se balance doucement, et le batteur envoie du petit bois tout en discrétion. Et puis il y a le reste. Ce qui se ressemble est en fait en perpétuel mouvement. Les choeurs, les cuivres, les cordes et le vibraphone donnent à chaque couplet sa propre personnalité, il a des longues mélopées et des coups de poignards dans la partition. Sur ce fond monotone, cette chanson bouge intensément. La musique raconte sa propre histoire, fait vibrer d'autres zones de notre cerveau. D'ailleurs le mien est bien trop petit, jamais je n'ai pu apprécier à la fois les paroles hallucinées et la musique faussement simpliste de ce chef d'oeuvre.

Alors évidemment, quand on parle de Ferré, on ne parle jamais de Psaume 151, trop long, trop tout. Il y a tant d'autres chansons à dévorer, et la plupart sont sublimes. Mais si vous aussi, vous vous laissez envouter par cette chanson, post-rock immobile avant l'heure, intemporel et inclassable, dites vous que vous n'êtes pas seul.


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28/09/2009

Jean-Paul Marchant "Le Tisserand" la poésie du terroir

marchant.jpg"Ah, dans ce temps on faisait des vraies chansons ! Et on savait chanter !"

L'antienne est connue. Les anciens l'utilisent comme excuse pour ne pas s'ouvrir à la nouveauté, et les jeunes pour se moquer de leurs ancêtres. Mais il faut bien reconnaitre qu'une certaine idée de la chanson française a complètement disparu de la musique d'aujourd'hui. Les artistes qui osent aujourd'hui poser des mots et raconter des histoires plutôt que d'assommer leur auditoire à coups de slogan bien-pensants se meurent. Pourtant il est reposant de recevoir une chanson, sans parti pris, une nouvelle de deux minutes qu'on nous raconte et qui s'en va.

Jean-Paul Marchant est de ces chanteurs disparus. Inconnu au point que Google nous incite fortement à finir son patronyme avec un"d" plutôt qu'un "t", inconnu au point d'être a peu près introuvable. Pourtant, sans trop savoir pourquoi, la poésie rurale de ce chanteur m'émeut profondément. Peut-être aussi parce que derrière la simplicité de son oeuvre se cache une écriture limpide. Aussi parce qu'à ses côtés, on retrouve Pierre Nicolas, contrebassiste de Brassens et Roger Bourdin, flûtiste classique, essentiellement connu pour avoir transformé en 10 minutes d'improvisation au débotté "Il est cinq heures, Paris s'éveille" de Dutronc en merveille du vingtième siècle chanté.

Donc, ici pas de grands sentiments, à peine une demi-heure et douzes chansons qui s'écoulent comme la verveine avant d'aller se coucher.

Le Tisserand
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Ulysse relecture du célèbre mythe de Bellay, de Brassens. Une chanson d'amour universelle
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Picoula Picouli
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13/11/2008

Michel Arbatz, à écouter quand on sent l'appel du Larzac

a949_2.JPGOn n'a parfois pas trop envie de travailler, de boire le bouillon de la société d'un coup, sans respirer. Quand on passe trop de temps en apnée à essayer de ne pas s'imprégner de la morosité ambiante, le temps est parfois long, on a besoin de glorieux exemples pour nous montrer la voix à suivre. Michel Arbatz est de ceux-là. Un bon vieil ananar Arbatz, mais aussi un bon petit guitariste. Ses chansons sont parfois brillantes, souvent naives, parfois un peu bizarres. On sent bien que le monsieur aurait pu être très doué si il s'était vraiment donné la peine de fignoler ses petits morceaux, de coller un petit passage instrumental, un coup de gratte, une ligne de flûte, un couplet où l'on compte à peu près les pieds pour éviter de se retrouver un peu bancal. Mais finalement, cette imperfection fait aussi tout le charme de ce disque. Il y'a un petit j'm'en foutisme génial et bucolique au milieu de ses lignes mélodiques. Quand on a envie de dire un gros "merde" au monde, ça fait parfois un de ces biens...

Transu-Mens
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Le jeu du Paon (envoutante et étrange, elle me parle d'une façon presque dérangeante... brr)
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01/06/2008

Vincent Courtois - Ze Jam Afane "L'homme avion" electric-slam afroland

1312495254.jpgCa se bouscule au portillon. Après quelques semaines de semi-coma, les disques magiques semblent pulluler !

Et au rayon inclassable génial, on retrouve presque sans surprise nos amis de chez Chief Inspector qui mettent une fois de plus l'adage "Si c'est bon, on le sort" en pratique. Parce que ce disque ne ressemble à aucun autre. Il est le fruit d'une longue collaboration entre un conteur slammeur chanteur camerounais Ze Jam Afane et un violoncelliste virtuose Vincent Courtois, déjà entendu aux côtés de Louis Sclavis ou Yves Robert.

Ici, tout est enregistré sous le signe de la fluidité, les musiciens se mettent au service de la voix de Ze Jam, qui lui tout en rythme et en espoir chante et parle avec une voix pleine de musique. Les rêves perdus des Africains révant d'Europe (L' homme avion), les rêves brisés des Africains rêvant d' Afrique (L' arbre Lumumba) se croisent. Les griots, les contes pleins d'animaux se heurtent au béton de nos cités. Les cultures s'embrassent et on prend un plaisir presque gêné quand on écoute tant de malheur et de fatalité conté avec tant de talent.

Le disque sort début juin, montrez votre interet ! 

 

L'arbre Lumumba Ce morceau résume d'Afrique d'aujourd'hui, et comme par magie, il n'est même pas triste.


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L'homme avion A quoi rêvent parfois les Africains en se croyant chez nous ? Beau et juste


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Echelle de facilité d'écoute

Rythme 3/5: Rien de trop repoussant..

Mélodie 3/5: Entre accompagnement et comptines divines 

Longueur des morceaux 4/5: 42 minutes et tout est dit

Passerelle vers Slam, musique Africaine, jazz, Chief Inspector....