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27/03/2008

Gérard Manset "Animal on est mal" Pour vivre heureux vivons cachés...

380954895.jpgAmis du mystère, des écrivains mythiques comme Thomas Pynchon et des mecs qui disparaissent sans mourir, vous devez déjà connaitre Gérard Manset. Un auteur-compositeur interprête à la fois génial et ermite. Capable d'engendrer des arrangements de cordes à la Sheller, de mélodies belles et inoubliables, il se distingue essentiellement par le fait qu'il n'apparait que très peu (jamais ?) en public et que ses premiers albums n'ont jamais été réédités.

C'est donc pourquoi je fais d'autant plus le beau avec mon beau 33 tours, qui en plus d'être rare, est surtout une véritable mine d'or. Invention, précision, émotion, rien ne se jette dans ces chansons qui n'ont pas pris une ride. Le seul reproche que l'on puisse faire à Gérard, c'est si mes souvenirs sont bons d'avoir été (d'être ?) le beau-père de l'enfant terrible de la chanson française à savoir le sulfureux Raphaël. Pour des raisons qui n'appartiennent qu'à moi, je préfère écouter le premier album de Gérard que le dernier de Raphaël, qui ressemble d'ailleurs étrangement à celui d'avant...

 

Animal, on est mal  (étrange, obscur, drôle donc indispensable)

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Que choisir ensuite ? Tout est génial ! Mon petit côté fleur bleu m'a soufflé de mettre en avant Mon amour

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Echelle de facilité d'écoute 

Rythme 4/5: rien de terrifiant

Mélodies 5/5: rien de passable

Longueur des morceaux 4/5: tout s'enchaine sans problème, mis à part le fait que c'est bien trop court !

Passerelle vers chanson française, pop 

 

06/03/2008

"Greaves Verlaine" Goûter l'absinthe à Canterbury

1998491093.jpgLe graphisme magnifique annonce la couleur de façon on ne peut plus honnête. John Greaves, membre de feu Henry Cow, Kew Rhone et autres formations gentiment barrées des années 70 met en musique les textes du génial Paul Verlaine. Greaves, c'est un peu un Jane Birkin à testicules, il habite depuis 25 ans en France, mais il n'a toujours pas perdu son accent. C'est probablement parce que çà marche du tonnerre avec les filles, çà peut surprendre un peu ou horripiler certains, et çà donne une couleur assez particulière à l'ensemble.

Mais Greaves, c'est surtout un artiste comme on n'en fait plus trop, un amoureux de la musique, de la parole, de la mélodie faussement simple, gentiment sophistiquée, une sorte de Robert Wyatt sans barbe mais toujours sur pattes. Eh oui, John Greaves est un dandy, un dandy avec un physique assez particulier, entre Tom Jones et Daniel Russo, mais un dandy quand même, un pur, un épicurien. On l'imagine sans peine faire usage de la petite cuillère mise en valeur sur la pochette pour essayer d'atteindre quelques paradis artificiels.

Et John Greaves est aussi un musicien accompli. Ce qui fait qu'il peut mélanger dans ce surprenant album, guitares eclectiques, voix douces féminines, harmonica, violons, et tout ce qui lui plait. Il le fait toujours avec goût. Profitons de ces onze petites comptines, comme d'un thé raffiné, cherchons-y ce que nous voulons y trouver, et nous serons heureux ce soir.

 

Séguidille


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Streets 


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Echelle de facilité d'écoute

Rythme 3/5: des chansons qui divaguent un peu...

Mélodies 3/5: des chansons qui divaguent un peu

Longueur des morceaux 5/5: parfait, pas de longueurs..

Passerelle vers jazz, poésie, chanson 

 

24/01/2008

Yves Rousseau / Léo Ferré "Poète, vos papiers - Du talent à déclarer

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Après la reprise énergétique (comme dirait Blair) de Bell Oeil, le répertoire de Léo Ferré est de nouveau à l'honneur, et avec quelle réussite ! Ici, le contrebassiste Yves Rousseau s'est plus concentré sur les qualités de poète de l'anarchiste chevelu que sur son travail de compositeur. Textes originaux mis en musique, chansons revisitées se chevauchent avec un vrai regard artistique et une cohérence peu commune: il est en effet impossible de distinguer les compositions initiales de Léo Ferré de celles de Rousseau.

Mais le plus beau est encore à venir, et le plus beau ce sont les deux voix de Jeanne Added et Claudia Solal qui habitent ces textes. Sensuelles, intelligentes, aventureuses quel bel écrin pour ces textes immortels... Si en plus on ajoute l'argument un peu subjectif du charme fou de ces dames, et le souvenir d'un concert de John Greaves ou je voulais me métamorphoser en violoncelle pour que Jeanne puisse jouer un peu avec moi, vous comprendrez qu'il y a plus à recevoir de ce disque que de bien d'autres.

Difficile de faire le tri dans tant de pépites, de l'introduction inquisitrice à la conclusion en rock désabusé, il n' y a pas de chute de tension.

Où va cet Univers ?


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Echelle de facilité d'écoute

Rythme 3/5: C'est souple.

Mélodies 4/5: Belles et sublimées par les voix claires et distinctes des deux donzelles

Longueur des morceaux 4/5: Ce sont des chansons, format chanson !

Passerelle vers Chanson française, jazz, anarchie. 

 

 

22/09/2007

Bell Oeil hurle tout... Léo, la nouvelle sombre scène française

996c0baf29e8e9f69eb20e74727dc609.jpgLe nom de Bell Oeil me disait très vaguement quelque chose. Enfin très très vaguement. Enfin, à vrai dire, si je n'avais pas été amusé au milieu d'un bon vieux dépôt-vente de province par la présence de ce disque à côté de celui de Barbelivien qui lui aussi s'est cru autorisé à reprendre Léo Ferré, je ne l' aurais peut-être jamais écouté. Faut dire que je suis assez intransigeant niveau Léo. Pour moi, c'est le plus grand, le meilleur, mon champion, mon ananar. Je hais a priori le premier qui ose se comparer à lui. Et je méprise ceux qui comparent d'autres chanteurs approximatifs à Léo Ferré par facilité et ignorance. Je méprise aussi ceux qui, engagés dans de pauvres révolutions  rouge pinard se réclament de sa révolte. Enfin bref, moi faut pas me faire chier sur Léo Ferré.

Et bien je fus tout surpris de vraiment prendre un bon gros méchant pied avec ses relectures agressives et noires de dix de ses chansons. D' abord, mis à part Vingt ans et Les Etrangers, pas trop de grands classiques redondants, mais des airs moins connus qui feront comprendre que Léo, il ne savait pas faire de médiocre. La moindre de ses rimes renvoie à l'école toute la nouvelle scène qui nous envahit (au hasard Rose...). Bell oeil garde l'esprit, n' a pas peur de faire dans l'excès. Des guitares bien aiguisées, des murs de sons, des alexandrins balancés comme des slams cradingues, et la sacrée prétention d' apporter un petit truc en plus. Oh les cons, ils y sont arrivés...

NB: Je méprisais aussi Cali depuis pas mal de temps, mais le fait de le voir bien mis en évidence dans les remerciements du groupe, m'oblige à reconnaître qu'à défaut d'être un grand chanteur, celui-ci au moins, n'est pas sourd.

Mr William 


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T'es rock Coco
- Bon là, c'est le pompon, je n'aimais pas trop l'original et j'adore cette reprise... 


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 A mon enterrement Ca j'adore aussi, c'est cadeau 


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Echelle de facilité d'écoute

Mélodies 4/5: pas une ride, chantéees, slamées, peu importe

Rythme 3/5: bien énergiques !

Paroles 6/5: bien oui quand même

longueur des morceaux 4/5: bien calibrés, pas de longueur, 45 minutes environ pour le disque, l'idéal

Passerelle vers rock, chanson française 

 

26/05/2007

Tom Waits "Orphans" - Raymond Carver "Les vitamines du bonheur".... L' Amérique profonde gronde...

Lecture / Ecoute.. Lire en musique, impensable pour certains, indispensable pour d' autres dont je fais partie. On pourra dire que la musique empêche de se concentrer sur la lecture. Certes, mais il n' est pas interdit de s'interrompre quelques secondes pour mieux replonger ensuite dans les lignes. Soyons hédonistes, prenons notre temps, la musique comme la littérature ne sont pas des compéttions, ce sont des histoires d' atmosphères..

L' art subtil du lecteur ou de l' auditeur consiste donc à l' association d' ambiances entre ces deux univers pour n' en ressortir qu' encore plus comblé donc...

34108a651018e44b50774ec5e8610adc.jpgPour commencer, j' insiste sur deux figures d' une Amerique désabusée, une Amérique plutôt rurale, blanche mais qui fume, qui boit trop, qui se réveille avec la gueule de bois mais qui remet çà le soir même.  Bien qu' un peu rangé des voitures depuis quelques années, Tom Waits, troubadour magnifique à la voix d' outre-tombe s' impose. Son dernier triple (!!!) album Orphans: Brawlers, Bawlers and Bastards, catalogue magique de presque 60 morceaux qui vogue entre sérénades nostalgiques, banjos et violons un peu cajuns et hallucinations soniques plus abstraites est d' une richesse impressionnante. Avec un tel album, Tom Waits s' installe tout en haut, à ses cotés, pas grand monde: Neil Young, Leonard Cohen, Sprinsteen ou Dylan...

 

You can never hold back spring 

 
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 The long Way home

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Et que lire avec Tom Waits en fond sonore ?

 

903ecf6b4b93db6f9bfa51a8546527d2.jpg98d5727f3385dcc2ce431c5da5acdb57.jpgQuoi de mieux que son quasi-alter-ego Raymond Carver... Bon vieux fumeur qui s' en tira avc un cancer des poumons à cinquante ans et narrateur incroyable des petites histoires de l' Amérique dite profonde.. Un ex-amour qui vous prend en pitié, une rage de dents qui s' éternise, des représentants de commerce pathétiques, voici des échantillons de l' univers de Carver qui en quelques nouvelles m' a souvent ému plus que bien d' autres longues fresques romanesques qui font bien sur l' étagère...

Deux recueils "Les vitamines du bonheur" et "Tais-toi, je t' en prie"- un titre qui résumerait à lui seul ce génial narrateur du quotidien - Deux indispensables, le mieux est encore de ne pas choisir et de lire les deux.