16.09.2009
"A Bad Donato", la méchante usine à sample... n'est-ce pas mr B...
Tout cet album pourrait se retrouver vite fait bien fait découpé en petites rondelles et multiplié à l'envi dans des milliers de disques de hip-hop. Il y a dans cette perle datant déjà de presque 40 ans la quintessence de la musique d'alors. Un appel au sexe et à la sueur tout en rythme. Joao Donato, brésilien et grand défricheur d'une musique mi-funk mi-jazz de son état avouait lui même avoir commis un disque presque indécent puisqu'il déclarait:
"And I made the noisiest record I can ever remember making."
Celà se passe de commentaire. Même quand il envoie du vent dans les flûtes et de la bossa syncopée, on ressent un appel presque indécent à la séduction corporelle. Ajoutez à tout celà les arrangements d'un Eumir Deodato en pleine forme et vous obtiendrez donc un disque qui réveille vos plus vils instincts, ceux qui vous font tenir debout mais que vous préférez occulter. Pendant 40 minutes, laissez-les prendre le controle.
Lunar Tune (les petites saillies de cuivres me rappellent irrésistiblement le générique de la géniale série Oz, ce ne doit pas être un hasard...)

The Frog
Suite à la remarque éclairée d' Alain, je ne peux que vous faire partager la sublime interprétation de ce titre par Jacques Brel lui-même... en 1977... Assez éloquent...
20:50 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, En direct de mon grenier | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, funk
26.07.2009
Cartola les racines du bien
Le Brésil c'est sympa, les musiciens comme les joueurs de football, on les appelle souvent par leur surnom. Cartola, lui pendant près de trente ans, on ne l'appelait plus du tout, parce qu'il perdait sa vie entre l'alcool, les petits boulots et les mésaventures amoureuses. C'est ce genre de trajectoire chaotique qui fait la légende de la musique. Et Cartola est aussi méconnu que génial. Plus que la samba dont il était fou ou que la bossa, ce genre pour plagiste bourgeois des années 70, Cartola jouait de la MPB, la musique populaire brésilienne. la plus pure d'entre toutes. Une musique parfois aussi maigre que son auteur, pas vraiment faite pour danser, pas vraiment faite pour pleurer. Le Brésilien a de la chance, sa musique populaire est la plus belle de toutes. C'est simple, c'est beau et Cartola a pris sa place entre ses égaux prestigieux comme Pixinguinha dans le coeur de son peuple.
O Mundo e um moinho (extrait de cet album de 1976, le deuxième de Cartola)

19:40 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
14.02.2009
"Soul Messages From Dimona" la compilation des Israeliens fonky
Les compilations de bonne musique des années 70 sont légions. On a eu droit au Nigeria, au Benin et à l'Ethiopie, et maintenant, c'est au tour d'Israel de se découvrir à travers cette sélection de groupes plutôt stupéfiants. Du bougeage de popotin en perspective. A défaut de tomber sur une de ces pépites en vinyl au détour d'un vide-grenier magique, je fais donc souvent mon bonheur en profitant du travail d'artisan de quelques esprits éclairés.
Et Dieu que ces compilations valent plus que bien des nouveautés déjà frelatées. Cette compilation regorge de "killer-tracks" comme diraient les DJ's avec des passages reggae, des solos d'orgue approximativement géniaux et une bonne humeur très communicative... Le vrai plus de ce disque, c'est l'ambiance religieuse qui s'en dégage, des choeurs de femmes qu'on imagine en liesse, une sorte de transe musicale spirituelle et joyeuse.
Burn Devil Burn
26.11.2008
Melissa Laveaux "Camphor & Cooper" Il neige à Haiti et grand soleil sur Montreal
Le petit label No Format n'en finit plus d'étonner. Au moins, il ne ment pas sur ses objectifs, il sort de l'ombre toute musique digne d'intêret, que ce soit du jazz, du reggae, de la world-music et donc ici du folk lumineux, venu d'une Haitienne installée au Québec.
Melissa Laveaux nous offre donc un album à l'ancienne, 37 minutes, une guitare, des tablas, une contrebasse. Pas de pistes bonus ou d'album interminable de 76 minutes remplis de rien. On ressent quelque chose de Yael Naim, en plus fragile et moins dynamité par la promo. Le monde de la musique offre donc toujours de bien beaux moments, ils ne sont juste pas vraiment servis sur un plateau. En l'occurence, je remercie Vibrations, magazine qui offre ce mois ci un très bon petit CD bonus. Ca n'enlèveras pas le fait qu'ils ont enlevé la chronique lumineuse de Gilles Tordjmann et gardé les pathétiques histoires de cul de Jackie Berroyer, mais on peut toujours avoir de bonnes surprises. Une bonne idée cadeau pour les fêtes lirons-nous dans la presse ^^.
11:40 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, Et en plus y'a du folk | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
11.11.2008
Yemanjazz, la grande marmite afro-jazzo-brésilienne !
Attention les oreilles, ça va faire mal, des petits portugais bien trop doués pour trouver une maison de disques viennent de lancer un gros missile bronzé d'Afrique et de Brésil... Yemanjazz, vient de Iemanja, divinité du culte afro-brésilien (ou Candomblé) encore très prégnant au pays du football. Les croyances ancestrales des esclaves y rejoignent la foi chrétienne dans un joyeux melting-pot qui correspond finalement bien à cette contrée métissée. Baden Powell avait déjà écrit des sambas sublimes sur ces thèmes, ces jeunes effrontés y ajoutent un jazz brûlant digne de Freddie Hubbard ou John Coltrane.
On ne sait toujours pas comment tout celà tient debout, mais le résultat tient du miracle. Foncez sur leur myspace et faites pêter les thunes. Y'a pas que Grégoire et ses rengaines qui a le droit de sortir malgré Universal !!
Mae Sirena (oui, ça dure 9 minutes, mais quelles 9 minutes ! Caetano Veloso, Bach, de la transe et une trompette en fusion, c'est pas mal en 9 minutes....)

18:45 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
16.10.2008
Forro in the Dark - Célébrons la fin de l'été
C'est un peu tard maintenant que l'automne s'installe, qu'il pleut partout et que l'été a officiellement été déclaré tout pourri, mais si vous voulez un petit surplus d'entrain, une séance d'UV sans passer par les cabines pleines de néons bleus, vous pourriez prendre plaisir à écouter Forro In The Dark, formation de petits américains qui mélangent la musique brésilienne, la country et le jazz avec un décontraction innée.
Ce petit disque est un hymne à la sangria et aux doux couchers de soleil, une véritable thérapie contre la dépression saisonnière à lui tout seul. On y trouve une reprise de Asa Branca (grand classique de la musique brésilienne) ici repris par ce qui ressemble à un groupe de cow-boys un peu éméchés où David Byrne (bien loin des Talking Heads, mais jamais dans un bon album par hasard) vient faire une apparition délicieuse en tant que chanteur en chef . Et tout continue, un peu de reggae par-ci, une rythmique lancinante par là, une heure de soleil dans l'autoradio.
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: Ca chaloupe, c'est du bon...
Mélodies 4/5: Un peu folklo-déglingo
Longueur des morceaux 4/5: Un petit détour de 9 minutes pour finir c'est tout.
Passerelle vers musique brésilienne, flute, world-music
15:11 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
07.10.2008
"Nigeria Disco Funk Special" Ca fait longtemps qu'on n'a pas parlé Afro-beat
D'habitude, je n'aime pas trop les compilations, mais si je dois attendre de trouver tous les vieux vinyls vintage africains pour profiter de ce mélange explosif de disco, de jazz, et de funk, je pense honnêtement ne pas pouvoir tenir.
Toutes ces compilations (car le Nigeria est à l'honneur en ce moment) sont un vrai plaisir, il y a des pépites qui peuvent mettre un dance-floor à l'envers en 10 secondes, et toujours ce sens du rythme irrésistible, cette pulsation, irrémédiable, chaude, suave... On était en septembre et d'un seul coup on est au soleil. La vie brule autour de nous, la grande ville africaine nous étouffe de sa chaleur et de sa grouillante existence. Les filles nous sourient, on fait un tour en mob, on n'a pas de casque, on bouffe les gaz d'echappement, les culs de poulets et le riz collant. Ca ne s'arrête jamais, et cette musique raconte tout celà.
23:10 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
01.06.2008
Vincent Courtois - Ze Jam Afane "L'homme avion" electric-slam afroland
Ca se bouscule au portillon. Après quelques semaines de semi-coma, les disques magiques semblent pulluler !
Et au rayon inclassable génial, on retrouve presque sans surprise nos amis de chez Chief Inspector qui mettent une fois de plus l'adage "Si c'est bon, on le sort" en pratique. Parce que ce disque ne ressemble à aucun autre. Il est le fruit d'une longue collaboration entre un conteur slammeur chanteur camerounais Ze Jam Afane et un violoncelliste virtuose Vincent Courtois, déjà entendu aux côtés de Louis Sclavis ou Yves Robert.
Ici, tout est enregistré sous le signe de la fluidité, les musiciens se mettent au service de la voix de Ze Jam, qui lui tout en rythme et en espoir chante et parle avec une voix pleine de musique. Les rêves perdus des Africains révant d'Europe (L' homme avion), les rêves brisés des Africains rêvant d' Afrique (L' arbre Lumumba) se croisent. Les griots, les contes pleins d'animaux se heurtent au béton de nos cités. Les cultures s'embrassent et on prend un plaisir presque gêné quand on écoute tant de malheur et de fatalité conté avec tant de talent.
Le disque sort début juin, montrez votre interet !
L'arbre Lumumba Ce morceau résume d'Afrique d'aujourd'hui, et comme par magie, il n'est même pas triste.
L'homme avion A quoi rêvent parfois les Africains en se croyant chez nous ? Beau et juste
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: Rien de trop repoussant..
Mélodie 3/5: Entre accompagnement et comptines divines
Longueur des morceaux 4/5: 42 minutes et tout est dit
Passerelle vers Slam, musique Africaine, jazz, Chief Inspector....
31.05.2008
Black Ox Orkestar "Nisht Azoy" Le post-klezmer arrive
Certains disques semblent issus des amours incestueuses de deux styles musicaux. Pour le Black Ox Orkestar, groupe issu de l'écurie canadienne qui va de l'avant Constellation Records, on a clairement l'impression que les voisins de Godspeed You! Black Emperor ont un peu fricoté avec John Zorn et tous ses livres d'airs juifs distillés en dizaines de projets différents. L'âme, la mélancolie, l'abnégation de ce peuple se retrouve aussi donc sur cet album qui mêle avec délice l'hypnose du post-rock au recueillement de la musique traditionnelle. Doucement, l'émotion monte, il n'est pas question de technique. Plutôt que de faire monter la puissance sonore au fil du morceau, ce Black Ox Orkestar joue sur un autre registre, ce sont les larmes que l'on sent tout doucement arriver au bord de nos paupières. Joie, tristesse, résignation ? Un peu de tout celà, laissons tout celà nous emporter et partons...
Echelle de facilité d'écoute
Mélodies 4/5: Elles se déroulent sans à-coups
Rythme 3/5: Souvent assez lent, mais toujours simples
Longueur des morceaux 4/5: Pour du post-rock, ca reste raisonnable...
Passerelle vers Constellation Records, post-rock, Musique juive...
19:05 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
12.04.2008
Melingo "Maldito Tango" Tango Crado, Tango Bravo !
Ce n'est pas dans la forme que le dernier album de Melingo est sale, c'est dans le fond. Car même si le chanteur argentin se compromet un peu avec quelques sonorités qui ne sonneraient pas très agréablement aux oreilles de Carlos Gardel, c'est surtout dans le fond de lui même qu'il va chercher de quoi rendre ce disque passionnant.
Montrant avec obscénité ce qui lui donne la force de se mettre à nu, Melingo joue avec ses cordes vocales comme d'autres jouent avec des armes à feu. Tellement démonstratif qu'on en vient à être géné de l'écouter simplement assis dans son fauteuil, sa démarche rappelle Peter Hammill, autre fou chantant de livrant entièrement à la musique. La musique de Melingo, elle n' a pas besoin d'être décrite. Elle puise sa force dans les racines du tango, dans le regard plein de défi, dans cette transe sexuelle et animale qui semble parfois commander aux adeptes de cette religion singulière.
Echelle de facilité d'écoute
Mélodies 4/5: Le tango c'est beau
Rythme 3/5: C'est du tango
Longueur des morceaux 3/5: Juste un playdoyer de 12 minutes un peu plus long (et superbe) pour finir.
Passerelle vers tango, world-music
00:46 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, jazz


