12.04.2008
Melingo "Maldito Tango" Tango Crado, Tango Bravo !
Ce n'est pas dans la forme que le dernier album de Melingo est sale, c'est dans le fond. Car même si le chanteur argentin se compromet un peu avec quelques sonorités qui ne sonneraient pas très agréablement aux oreilles de Carlos Gardel, c'est surtout dans le fond de lui même qu'il va chercher de quoi rendre ce disque passionnant.
Montrant avec obscénité ce qui lui donne la force de se mettre à nu, Melingo joue avec ses cordes vocales comme d'autres jouent avec des armes à feu. Tellement démonstratif qu'on en vient à être géné de l'écouter simplement assis dans son fauteuil, sa démarche rappelle Peter Hammill, autre fou chantant de livrant entièrement à la musique. La musique de Melingo, elle n' a pas besoin d'être décrite. Elle puise sa force dans les racines du tango, dans le regard plein de défi, dans cette transe sexuelle et animale qui semble parfois commander aux adeptes de cette religion singulière.
Echelle de facilité d'écoute
Mélodies 4/5: Le tango c'est beau
Rythme 3/5: C'est du tango
Longueur des morceaux 3/5: Juste un playdoyer de 12 minutes un peu plus long (et superbe) pour finir.
Passerelle vers tango, world-music
00:46 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, jazz
25.02.2008
Pachacamac "Contrastes" Barbes, Pattes d'élephants, Bonnets péruviens
Je suis comme vous, quand je croise dans un quelconque centre-ville un groupe de sud-américains qui essaient de m'extorquer 15 cts d'euros en jouant El Condor Pasa, Guantanamera ou La Cafégringoyala, j'ai envie de leurs faire bouffer leurs bonnets et leurs flûtes.
C'est pourquoi, quand je vous dis que ce disque qui a inauguré il y a a quelques années mes bonnes découvertes de dépot-vente vaut le détour, je pense que vous pouvez me croire. Guitares, kena, charangos et autres instruments divers sont ici mis à disposition de quatre chevelus français qui mélangent les sonorités des Andes avec une conception plus européenne de la musique. Rythmes traditionnels et mélodies directes, et même parfois des bons gros passages au bombo presque technoïsants s'affrontent dans une douce harmonie. Je dis oui ! (En revanche, si vous aussi vous aimez, faudra vous accrocher pour trouver le disque, je ne pense pas qu'il ait été réédité en CD...)
Ecarlate (j'adore ce gros son de bombo ^^)

Rythme 3/5: De quoi se familiariser avec les Andes
Mélodies 5/5: Ca se retient tout seul
Longueur des morceaux 5/5: 12 morceaux en 32 minutes ! Vive le vinyl !
Passerelle vers: Musique Sud-Américaine, flûte, guitare
17:05 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, En direct de mon grenier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, musiques du monde
03.02.2008
Lambarena / Bach to Africa - Jean-Sebastien, arrête de jouer avec ces étranges instruments !
Parfois, on a l'impression d'avoir acheté des disques trop tôt. Ils nous déçoivent et ce n'est que quelques années après que l'on comprend les trésors que l'on possède.
Il y a une donc dizaine d'années, j'étais jeune fou, jeune, beau, et intelligent et j'achetais déjà les disques au feeling mais j'étais un peu déçu par ce disque stupéfiant ou se superposent les oeuvres de JS Bach avec les ambiances percussives et tribales de l'Afrique. Je ne connaissais ni Pierre Akendengue ni Nana Vasconcelos qui font pourtant des petits miracles sur certaines adaptations d'air africains. Les chants européens, tout innocents et plein d'une harmonie mathématique se confrontent à la nature imprévisible, luxuriante, mais accueillante.
Le Dr Schweitzer à qui ce disque est dédié aurait probablement aussi apprécié.
22:15 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, chroniques: pour le classique, y' a un hic ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
16.08.2007
Pierre Akendengue "Nandipo" une réédition quelle est bonne
De la musique africaine, fraiche, sensible, francophile, voilà le programme de ce bel album de Pierre Akendengue datant de 1974. Mélange de chants doux, de musiques enjoleuses et de chansons étranges entre allégories et contes de griots. Je pensais être l' un des seuls à connaitre ce beau jeune homme mais j' ai croisé ce disque nouvellement ressorti. N' hésitez pas c' est pour toutes les oreilles !
En plus, on note la participation du génial percussionniste brésilien Nana Vasconcelos. Celui-ci laissera au verso un souvenir tout particulier de cet enregistrement:
"D' Afrique, j' ai appris trois choses: Patience, patience et patience." Tout un programme, à vous de voir si ca vous charme ou vous énerve de vivre dans cette lente torpeur si délicieuse. Faudait que je songe à repartir moi...
Oma Ayiya
22:05 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, En direct de mon grenier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
05.07.2007
Ernesto Nazareth, Pixinguinha... Le Choro, la véritable âme brésilienne
La musique brésilienne, voilà un vaste sujet. Pour certains, c' est la Batucada à Rio, les filles à poil et des percus dans tous les sens; pour d' autres, c' est la bossa-nova, Joao Gilberto et Chico Buarque (et les filles en bikini sur la plage); pour certains, ce sont les racines africaines, sa foi et ses chants... Tous ont raison, aussi métissée que la population, la musique brésilienne est multiple.
Mais il y a toujours un mot qui finit par revenir au détour d' une conversation... Choro ... Un terme qui viendrait du verbe 'chorar' (pleurer), bien que rien ne soit bien clair. Ce qui est plus évident, c' est que le Choro a précédé toutes ces autres formes de musiques, et qu' elle occupe toujours une place à part dans le coeur des brésiliens.
Pièce mélodique, joyeuse ou triste mais immédiatement assimilables, le Choro séduit par sa simplicité. Les maîtres du genre sont nombreux, mais s' il faut n' en retenir que quelques uns, ce sera pour moi Ernesto Nazareth et Pixinguinha qui vécurent au début du vingtième siècle.
Ernesto Nazareth, c' est la classe absolue, la simplicité, le piano qui fait réver. Polka, tango et autres s' enrichissent sous sa plume. Il est difficile de résister à de telles pépites, et quand ce sont des valses qu' il composent, celles-ci sont empreintes d' une si profonde mélancolie, qu' on en vient à regarder vaguement par la fenêtre, sans trop penser à grand chose...
Souvent adaptées pour guitare, ses compositions, pour piano gardent toute leur fraicheur. Arthur Moreira Lima explore cette oeuvre méconnue à travers ce disque sobrement intitulé Arthur Moreira Lima interpreta Ernesto Nazareth et croyez moi, ca vaut le détour.
Fon-fon, si joyeux
Confidentia, si émouvant
Pixinguinha, flûtiste de son état, détenait le même secret des mélodies inoubliables. Son air le plus connu Carinhoso enchante toujours autant. Ici jouée par le guitariste Baden Powell et Claudio de Queiroz, cette mélodie qui fut reprise par plus de deux mille fidèles lors des funérailles de son compositeur en 1973 n' a pas pris une ride.
Carinhoso
Enfin pour conclure, nous dirons donc que le Choro, musique sans prétention mais pas sans qualités n' attend que l' été et que le soleil se montre un peu pour se laisser déguster.. Ca fait un peu guide Michelin comme conclusion mais bon...
19:15 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, moi, mon blog, mes disques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
27.06.2007
Segun Damisa & the Afro-beats crusaders "Nigeria dey cry" Une mortelle envie de remuer !
Je commence à me spécialiser dans la découverte d' artistes déjà morts, j' espère que ca ne me portera pas malheur... Et étrangement, ils sont tous africains. Donc, le disparu du jour est Segun Damisa, bordelo-nigerian décédé il y a peu, qui avait été formé à l' afro-beat en Afrique et qui a eu le bon gout d' exporter la recette au pays du pinard. Entouré d' une joyeuse bande, c' est de l' été en barre qu' il délivre.
La recette de l' Afro-beat n' a pas beaucoup changé depuis le grand Fela, un rythme immuable, des cuivres dans tous les sens et une méchante envie de remuer son cul. Faudrait quand même qu' ils songe à fournir les danseuses africaines avec le CD la prochaine fois...
Gari Good (une petite intro toute cubaine, puis une bonne grosse vague qui vient...)
Echelle de facilité d' écoute
Rythme 4/5:Irrésistible
mélodies 3/5:Un peu derrière le rythme certes, mais bien péchues aussi
longueur des morceaux 2/5: (Ah oui, l' afro-beat, ca joue un peu sur l' hypnose chamanique ^^)
Passerelle vers afro-beat, black music, world music
07.06.2007
Goran Bregovic' s Karmen, Kocani Orkestar, Y' a du monde aux balkans !
Voilà, c' est fait, c' est l' été et il va falloir assurer en fond sonore pour le barbecue. Quoi de mieux qu' une musique gaie, remuante facile à reprendre en choeur ?
Goran Bregovic qui avait déjà plastiqué toutes les fiesta d' Europe il y a 10 ans avec son Kalajsnikov tout droit sorti de la BO de Underground récidive avec un disque plein d' émotions intenses, d' alcool, de mariages, de mères qui pleurent trop fort la mort de leur fils et de simulations éhontées dans la surface de réparation pour obtenir un pénalty.. Les balkans dans toute leur splendeur donc, ici révisitées lors de l' adaptation très libre du Carmen de notre Bizet national.
Et pour faire les choses bien, Goran a fourré une bombe atomique dedans, ca va secouer !
Goran Bregovic's Karmen - Gas Gas
Passons de la Serbie à la Macédoine avec le Kocani Orkestar.. La recette ne change pas, une procession une peu folle, des poules qui gambadent derrière un enterrement ou un baptême, on ne sait plus trop. Le titre résume bien l' état d' esprit des gars, entre les pleurs et le pêtage de plomb total... Et pour mettre le popotin en translation, c' est toujours aussi efficace !
Kocani Orkestar - Alone at my wedding - Siki Siki baba
01:32 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, moi, mon blog, mes disques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
18.05.2007
Etape N° 3, l' improvisation kezkecé ? Instant Project Didgeridoo
Improviser sur une grille d' accord de blues, c' est bien, mais ce n' est pas très motivant. Improviser avec juste un didgeridoo pour partenaire et aucune répétition avant, voilà qui est plus stimulant !
Ce sont ces rencontres au coeur de la musique qui sont à la base de ce superbe ensemble CD / DVD. 9 musiciens vont affronter sans préavis l' ancestral instrument. Une prise une seule, le résultat est stupéfiant. Entre World-music primitive, jazz brut et incantattions mystiques, cette musique possède un gout prononcé d' authenticité.
Cette prise de risque, ce plongeon dans le vide, c' est aussi un peu çà la musique improvisée et le free-jazz. Mais l' auditeur et le musicien sautent souvent en même temps... Vous êtes prêts ?
SEb / Lokua Kanza - MYT
Avant d' écouter ce morceau, je ne connaissais pas plus que çà Lokua Kanza, je le considérais comme un chanteur africain de plus. Depuis, il m' a cloué sur place le garnement !!
YO2 / Cyril ATef - TR
Ah, mon petit batteur chéri qui fait des siennes....
Comme en plus on profite pleinement de ces rencontres avec le DVD qui est fourni, je ne vois aucune bonne raison de ne pas se procurer cet objet au plus vite
17.05.2007
Motion Trio "Play-Station" La revanche de l' accordéon !
Ah, l' accordéon, Yvette Horner, Aimable, Verchuchu... Les bals musettes de nos grand-parents et Riquita, petite fleur de Java... Ca vous manque ? Non ? et bien moi non plus...
Par contre cette tradition pèse bien lourd sur l' instrument de nos jours qui est synonyme pour beaucoup de ringardise ultime. La solution ? Play-Station du Motion trio bien sur ! Trois Polonais allumés surdoués de l' instruments qui lui réinventent une musique. Kraftwerk, trance, il y a un peu de tout çà dans ce disque. C' est fou ce que l' on peu faire avec juste trois branle poumons ! A noter pour les hard-core gamers qui se seraient égarés ici, un très étrange morceau Game Over où les trois lascars revisitent tous les poncifs des bonnes vieilles bornes d' arcade.. J' apprécie particulièrement les lâchers de bombes et les bruitages "ramassage de bonus like"..
Si seulement on pouvait croiser ces trois énergumènes dans le métro, çà donnerait envie de redevenir généreux ^^
You dance - ah, la disco, que de souvenirs...
Stars - Une planerie ultime...
Echelle de facilité d' écoute
rythme 3/5: rien de rédhibitoire a priori
mélodies 4/5: souvent simples, la superposition fait le reste
longueur des morceaux 4/5: le plus long ? 6 minutes 30, c' est pas la mer à boire ^^
Passerelle vers accordéon, voire musique minimaliste ou electro..
22:24 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
02.05.2007
Elis Regina "Antologia" la chanteuse qui riait
Ces derniers temps, tout plongé que j' étais dans des musiques obscures, je déprimais doucement. Heureusement, j' ai réécouté cette compilation de l' immense chanteuse brésilienne Elis Regina. Et d' un seul coup, tout s' éclaire tout s' illumine, le soleil revient, la limonade est fraiche et les jupes raccourcissent. 36 chansons, 36 tranches de bonheur (une par année de sa trop courte existence, la cocaine ne tue pas que les rockeurs), une voix claire et douce et des sourires que l' on entend.
Plutôt que de vous tourner vers des pauvres imitations, revenez à la source même du brésil (Stop Victoria Abril et autres). Elle est tout, l' alpha et l' omega de l' âme brésilienne. Quand on recommence à manger dehors, on devrait toujours ressortir un petit disque d' Elis...
Et comme ses pépites sont toutes courtes, j' en ai choisi trois... C' est l' effet heure d' été.
Canto de Ossanha (Vous remarquerz que j' aime beaucoup cette chanson, les amateurs compareront avec la version de Baden Powell également présente sur ce blog...)
Madalena
Quaquaraquaqua.. (ici, Elis rit vraiment, le fait-elle exprès ? Je le crois ^^)
Echelle de facilité d' écoute
Rythme 3/5: Ah, cette petite bossa, les popotins qui chaloupent sans que l' on sache pourquoi.
Mélodies 5/5: Des grands classsiques, on les connait déjà peut-être, on les aime encore plus
Longueur des morceaux 5/5: un punch-coco et c' est fini
Passerelle vers musique brésilienne, MPB
21:50 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique


