03.08.2008

Musique expérimentale, Offonoff, quelques fiers mongols et KTL, les NPAI à l'improviste

Logo_NPAI.jpgNouvelles Pistes Artistiques Inclassables. Voilà sous quel nom se cache l'un des festivals musicaux les plus étranges de l'été. Intransigeant ou pire. Ici règne l'avant garde de l'avant-garde. Une faune spécialisée, presque secte selon certains suit ces étranges explorateurs, qui pour beaucoup, ne sont que des imposteurs finis, prêts à profiter de l'illusion de savoir et de supériorité qu'ils donnent en spectacle. Curieux, mais pas spécialiste, je me suis lancé dans l'aventure pour deux soirées. Live-report improvisé...

 

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Ce festival intransigeant et entier refuse donc de mourir. Chassé hors de Gâtine par des élus goutant peu les expérimentations radicales, il a trouvé refuge à Niort, au sein d’une petite constellation de petites salles. Et la programmation musicale, plus que jamais sans compromis laisse deviner que les difficultés et les déménagements n’atteignent pas l’ambition des organisateurs. On vivra par l’improvisation et l’avant-garde, on l’on périra par elle s’il le faut. La fine fleur des bruitistes sculpteurs sonores se retrouve, pour cette escale  inédite dans leurs déambulations mondiales. Et une grosse centaine de spectateurs venu d'un peu partout en France et en Europe sont au rendez-vous à flaner entre les stands de disques improbables, la buvette et la salle des fêtes de  Sainte Pezenne qui sera donc honorablement remplie.

Vendredi  02 Aout

Anthony Pateras / Robin Fox

Robin_Fox_-_pateras_fox_-_Image_courtesy_the_artist.jpgIl faudra s’y faire, un intello à lunettes au look de geek mal dégrossi peut faire plus de bruit avec un doigt que la pire brute de guitariste qui fracasse son instrument. Attablés derrière leurs écrans et une montagne de branchements divers, les deux hommes ne donnent pas l’impression de donner un concert. Absorbés par leurs machines, ils ne communiquent pas avec l’assistance et se contentent d’élaborer un échafaudage sonore de haute-volée. On jurerait qu’ils participent, à une partie de Counter Strike en réseau, d’abord ennemis, arrosant l’autre d’une rafale de fusil, balançant grenade et larsens à l’avenant, entrecoupés de silences indécis. Ce qui semblait abscons sur une page myspace ou une video youtube de raccroc prend toute sa valeur. Le choc est autant physique que sonore. Chaque son, fragment d’une guerre industrielle à venir est d’une pureté et d’une puissance fascinante. Le souffle atteint l’assistance, et progressivement, les frères ennemis se liguent enfin pour combattre d’autres esprits imaginaires. Guerre terrestre puis aquatique, secouant les sonorités plus claires, et les superposant avec violence,  Pateras et Fox à force de crescendo irrésistibles, se montrent à un niveau inattendu. Enivré par cette puissance, un individu tout imbibé en vient à apparaitre à leurs cotés, déambulant, dansant et criant autant qu’il le peut. Apparemment, les crédits alloués au festival ne comprenant pas de service d’ordre, l’énergumène passa plus de la moitié du concert à faire son petit happening personnel, sous les regards mi-amusés, mi agacés des spectateurs, et de Antony Pateras, qui goutait peu les vocalises alcoolisées de l’individu… Finalement doucement évacué, la prestation s’achève par des ambiances plus industrielles, la guerre laisse place à la reconstruction, et la violence des machines remplace celle des soldats. Une très bonne introduction  un peu trop longue peut-être, mais de qualité.

Antoine Chessex / Kasper T. Toeplitz "Dark Matter"

image.php.jpgAntoine Chessex, jeune français au look d’étudiant en géophysique appliquée joue du saxophone. Disons plutôt qu’il a un saxophone entre les mains lors de ses performances. Le bel écrin de cuivre n’est là que pour générer des tremblements telluriques, terriblement impressionnants qui seront ensuite travaillés, grâce aux nombreux artifices à sa disposition. A ses cotés Toeplitz et son ordinateur générateur de couches sonores ascendantes s’installe derrière un étrange instruments, mi-basse électrique, mi ordinateur dont il extirpera des sonorités plus aigues et parfois même (oh sacrilège ultime !) presque mélodiques. Intense expérience sonore compacte, raz de marée irrésistible où se mêlent éruptions volcaniques des profondeurs, naufrage de bâtiments de guerre rouillés, tonnerre et chants de sirènes apeurées. Hurlant autant qu’il joue dans son saxophone, et s’engageant entièrement dans sa performance, Chessex impressionne. L’assistance affronte debout cette vague surpuissante ou plus souvent, assise ou allongée, décide de se laisser submerger. Probablement moins improvisée qu’elle ne semble, la mise en place de cette sculpture sonore irrémédiable donne des frissons de plaisir et de peur. Expérience inédite, à mille lieues de tout ce qu’on peut imaginer, c’est une demi-heure hors de tout qui nous est offerte. On ne cherchera cependant pas à reproduire l’expérience chez soi, où disques et vidéo ne pourront jamais reproduire un dixième de la puissance délivrée en live. Encore plus que les autres musiques, ici, c’est en direct que l’on goûte l’éphémère déluge. Et c’est sans doute derrière cette sensation ultime que court la faune fanatique présente ce soir.

http://www.lembobineuse.biz/agenda/event.php?agenda=20071118_203801 

KTL Stephen O'Malley / Pita

m_1878c760556fc9200d8d7f37a60406e6.jpgL’homme bourré, star involontaire du premier concert est sensé être un Dieu, ou pas loin. En tout cas, c'est l'un des seuls artistes dont je connaissais l'origine par l'intermédiaire du groupe SunnO))), dont le nom m'est souvent revenu aux oreilles. Entre le metal obscur et les lourdes variations minimale, la formation s'est forgée une solide réputation. De l'univers du metoool, O'Malley aura donc surtout gardé le gout pour la binouze et le pinard, visiblement tellement passionné par l’air des Deux Sèvres qu’il s’est méthodiquement abimé la carcasse pendant toute la soirée. Alors quand déjà saoulé de larsens divers, on se prend en pleine face, une énième vague sonore  vaguement agrémentée d’accords cradingues de guitare au ralenti, ca fait mal. Ca fait mal au sens propre, le volume sonore élevé ajoutés à une fatigue naissante, décourage le chroniqueur au bout de 15 minutes de grunge bruitiste. On part avec des larsens pleins les oreilles et pas trop de regrets...

 

Samedi 03 Aout

Malheureusement, le premier concert se déroule sans moi... Mais d'après les réactions diverses, la prestation était vraiment, très bonne, dommage donc pour nous, et on espère recroiser Gert Jan Prins et Tomas  Korber

 

 

Guionnet / Mattin / Murayama / Grassier

DSCN0599.JPGDonc, pour moi la soirée la commencé par un truc assez mauvais, juste basé sur le silence et sa rupture la plus violente possible, tel un film d'horreur sans image. Les musiciens coupaient la moindre ébauche de montée en intensité, s'empétraient dans des bruits minimalistes, et d'un coup, un mec la tête enfouie dans son ordinateur portable se met à gueuler d'effroi et de rage comme s'il venait de voir la coiffure de Steven Wilson au réveil. A partir de là, c'est l'angoisse, on guette ses réactions, on n'ose plus fermer les yeux de peur de faire une crise cardiaque à la prochaine lubie de l'homme à l'écran. Ca devait être ça le but profond de ce concert, mais c'est quand même plutôt assez nul. (Attention les yeux, j'ai trouvé mon appareil ^^)

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Massimo Pupillo / Terrie Ex / Paal Nilsen-Love "Offonoff" 

DSCN0600.JPGMoment le plus attendu de votre serviteur Offonoff le trio de free rock déjanté, à base de ZU et d'Ex et de batteur venu du froid prend un départ assez difficile, loin de la terrible homogénéité des italiens, Massimo Pupillo et sa basse, ont du mal à donner sa pleine mesure. Mais Petit à petit, les expérimentations laissent leur place à une violence et une cohérence assez furieuse, le batteur en chemisette est ahurissant, et ca devient carrément jouissif lors du rappel... On en veut encore !

 

La chance de ce concert de cloture, c'est la venue inattendue de la fanfare de Quelques fiers Mongols que tout le monde connait déjà puisque j'en ai parlé ici même il y a plus dd'un an... ^^

Ces énergumènes reprennent avec sousaphone et limonaire les titres de Led Zeppelin. Ca commence par Kashmir, venteux et langoureux et ca part vite en sucette spatiale aux airs de Sun Ra, avec notamment l'ajout d'un clarinettiste, d'un tromboniste assez libre de tout, et d'un homme machine générateur de larsens qui vint lier le tout en une expérience de free rock psychédélique improvisé stupéfiante. Absolument génial, plein d'envie de se frotter à l'autre, de se mettre en danger. C'était incroyablement passionnant. C'était de la musique, de l'échange quoi.... Difficile de décrire ce moment entre happening, rock et performance visuelle. En tout cas, le résultat est l'un des plus grosses expériences de concert que j'ai vécu, la force de l'improvisation et de l'instant probablement....DSCN0603.JPG

NB: pour tout problême de droit sur les images, merci de me contacter, je les supprimerais...

Mais bien sur, un festival, n'est jamais un festival réussi si on n'en profite pas pour ramener plein de disques... Et on était gaté puisqu'un amoureux passionné de la musique electro-acoustique et expérimentale était là avec son stand généreux pour abreuver les curieux au pouvoir d'achat en règle générale assez conséquent qui se pressaient autour des disques tous plus inconnus les uns que les autres à mes oreilles... Quelques noms m'attirent un peu...Charlemagne Palestine notamment, et j'en profite pour parfaire ma culture. Mais comme j'ai plutôt l'impression qu'il faut que je m'attaque à mon inculture, je décide aussi d'attaquer la montagne de la musique expérimentale progressivement avec l'achat d'une bonne vieille compilation des familles, An Anthology of Noise and Electronic Music, volume 1, il y'en a 5, ca promet des bonnes soirées en perspective...

L'ambiance de ces morceaux est assez loin de la performance de ce week-end, mais ils donnent le ton...

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Charlemagne Palestine - Tritone octave 1. Part II
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 Angus MacLise, Tony Conrad et John Cale - Transe # 2
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21.07.2008

Et si on parlait du dernier Sigur Ros ?

sigur.jpgSigur Ros est un groupe islandais plus ou moins étiqueté "post-rock" qui s'était plus ou moins spécialisé dans les morceaux longs et froids comme l' hiver septentrional, et pour tout dire, leur musique ne me faisait pas faire des bonds de cabri. Oui, mais voilà, nos amis du Nord viennent de sortir un nouvel album au nom absolument imprononçable qui n'est plus triste, mais plutôt jovial et entrainant.

Donc dilemne, des fans du groupe trouvent ce disque trop pop et mièvre, et des incultes comme moi, se disent que si ils ne connaissaient pas les antécédents des garçons, ils se laisseraient bien à en faire un des albums de l'été. Furieusement engageant, les premiers morceaux se plantent entre Arcade Fire  et un Mika qui aurait pris trop d'acides... Après, on retombe dans des ambiances plus conventionnelles pour le groupe, à savoir plus paisibles, mais bon, vous auriez compris que je n'ai pas besoin d'apprécier tous les morceaux d'un d'un disque pour l'aimer...

Alors, cet album reste un mystère... Mais ce qui est certain, c'est que ces morceaux pleins de vitamines risquent fort de terminer sur mes compiles personnelles... Si des âmes en peine passent par ici, j'attends leur avis...

 

Gobbledigook

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Inní mér syngur vitleysingur

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20.07.2008

Jay Jay Johanson "The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known"

thelongtermphysicaleffectsarenotyetknown_1174115338664205.jpegAvez-vous profité des soldes culturelles ?

Plutôt que d'économiser 15 euros sur un beau petit top sexy qui ne fera qu'une saison ou une paire d'escarpins qui vous empêchera de courir pour prendre le dernier métro, essayez donc l'achat de disques à prix cassés. Enfin cassé, c'est un terme parfois assez faible quand on sait que l'on peut trouver de très bons disques à des prix assez terrifiants. Pour 1 ou 2 euros, on peut avoir de très très belles surprises. Comme ce disque du dandy suédois Jay-Jay Johanson, qui l'année dernière est retourné du côté du trip-hop... ou plutôt du trip-pop, tellement les mélodies sont accessibles et mémorisables. Une plainte mélancolique et raffinée à la fois triste mais lumineuse d'évidence.

Conclusion, pour si peu (bon je sais tout est relatif, pouvoir d'achat tout ça...), qu'est-ce qu'on risque ? (je vous rassure, j'ai aussi acheté des trucs absolument insignifiants ^^)

She Doesn't Live Here Anymore 


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C'est beau et frais, presque naif, ah la la, elle ne vit plus ici, les maisons sont vides, on pleure, on se pose des questions sur le sens de la vie... Un peu comme dans cette chanson de William Sheller que j'adore "La Maison de Mara". Tout ce grand musicien résumé en 1 minute 30... "On ne voit plus les deux lévriers blancs, ils ont du mordre Nicolas, nouvelle vie, nouvel amant, dans la maison de Mara..." C'est beau, et c'est cadeau.... Question subsidiaire, qui est donc ce Nicolas qui hante les chansons de William....


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04.12.2007

Laurent de Wilde "PC Pieces" le musicien qui oublie son piano

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Laurent de Wilde
est un émérite pianiste de jazz. Reconnu de tous, sa musique a commencé à lentement glisser vers des horizons plus électroniques. D'abord, ce fut des petites boucles, des samples pour faire des disques que l'on pouvait rapprocher du nu-jazz, incarné entres autres par Bugge Wesseltoft ou Niels Petter Molvaer.

Mais là, De Wilde va encore plus loin. Ce disque, soyons clair, n'aurait jamais été considéré comme un disque de jazz si il avait été le fait d'un autre musicien. Ici, on s'enfonce dans le rythme, on oublie les harmoniques, les accords compliqués, c'est l'hypnose qui prend le pas. On pense à la musique répétitive, à l'electro minimaliste, et surtout on pense à CAN groupe allemand du début des années 1970 qui réussissait à faire swinguer ces rythmes inéluctables.

Avec ce disque salutaire, on peut définitivement enterrer les idées préconçues sur les travaux des artistes électroniques comme Squarepusher, Autechre, Murcof et bien d'autres: "C'est pas de la musique." "Ils pillent les autres et ils créent rien", et caetera... Laurent de Wilde a su mettre de côté pas mal de ses années d'études pour revenir à la base de la création musicale et obtient pour son courage et son talent ma reconnaissance éternelle. C'est pas grand-chose, mais c'est déjà çà. ^^

 Glitch 

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15.09.2007

General Electrics "Cliquety Kliqk" Le french bidouilleur

260bfea4dfb39aed6b8af2e6000eaa62.jpgLe français, il a toujours quelque chose en plus. En amour en rugby, ou en musique, on se plait à se croire unique et après on s'étonne que les autres nous trouvent arrogant. Etrange non ?

En ce qui concerne la musique, on appelle celà la french touch. Personne n' a jamais bien su définir ce que c' était mis à part que ca venait de France et que le terme faisait passer les pires daubes venant de l' hexagone pour les derniers raffinements à posséder chez les anglais... Mais parfois, on a bien l' impression qu' il y a un petit truc en plus. Prenez General Electrics. Derrière ce pseudo se cache un petit français bidouilleur qui fait tout seul une étrange mixture envoutante. Un univers assez unique. Une sorte de Michel Gondry de la musique en somme. Installé aux Etats-Unis mais remarqué par l' excellentissime label d' Amiens Label Bleu. Le jeune homme se joue des traditions, s' amuse, klaxonne, raconte des histoires sans queue ni tête mais enchanteresses. Ca doit vraiment être çà la french touch...

 

C'est l' introduction (mode d'emploi pour musique facile)


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Facing that void  (Quel sens du groove minimaliste hip-hoppeux !)


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Echelle de facilité d' écoute

Rythme 4/5: Groove baby groove

Mélodies 3/5: Rien de fabuleux certes

longueur des morceaux 4/5 

Passerelle vers électro, hip-hop 

02.08.2007

Gong Gong "laughing with the moon" Amon Tobin "Foley Room", l' électro retrouve le groove

816a85cfe7482e6e83aa8fc298b854a8.jpgAu début de la musique électronique, il y avait des méchantes boites à rythme partout. Certains y faisaient jouer leur génie mais il faut bien dire que la plupart des groupes nous pondaient des trucs assez indigestes. Etrangement, depuis que l' ordinateur peut absolument tout faire ou presque tout seul, que les échantillons sortent de partout sur 128 pistes, on assiste à un retour plaisant celui du bon vieux batteur surexcité. Sons bizarroides à gogos et groove terre à terre font bon ménage. Les petits français de Gong Gong avec leur Laughing with the moon, sorti sur l' excellent label Fcommunication en sont la preuve.

Light show, ambiances arabisantes hallucinées, teufs adolescentes et kraut-rock se mélangent avec bonheur. Invités chez Taddei sur France 3, ils ont même conquis Beineix et Béatrice Dalle !

 
En fait, je me retrouve bien souvent complêtement conquis par ce sens du rythme broussailleux qui émerge souvent dans les productions récentes. Des groupes plus estampillés "math-rock" comme Add N to X ou Battles me font aussi bien vibrer... Et je pense que je serai bien obligé d' en causer bientôt ^^
 
34bded513c654745d545b8845223611a.jpgDans un autre registre, le génial brésilien Amon Tobin sait aussi y faire avec les ambiances glauques et les bruitages multiples. Dans son dernier album, il nous noie littéralement dans ces cauchemars amers, qu' est-ce que c' est bien la musique électronique quand il y a du talent en dessous ! Vous pouvez foncer, en plus, il y a un petit DVD bien sympa fourni avec le disque !
 
Amon Tobin - Foley room - bloodstone 

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Amon Tobin - Foley room - keep your distance 

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14.06.2007

DJ Krush "Jaku" / Yumeno Kyusaku "Dogra Magra" L'hypnose sensuelle nipponne

965614245d3e28d7eb17b6ee469f94fc.jpgComment évoquer la zenitude à travers la musique électronique et l' abstract hip-hop ? Comment faire ressortir de ces machines et de ces inquiétants échantillonnages un semblant de spiritualité ? Pour certains, celà relève de l' imposssible, pour DJ Krush celà relève du quotidien. Bidouilleur surdoué et boulimique de travail, adulé dans le monde entier, il trône tout en haut du royaume des musiques électroniques avec à ses cotés DJ Shadow. Les boucles épileptiques, les samples en acier trempé ou les interventions au phrasé musculeux qu' il agglutine éveillent toujours comme par magie plus le recueillement et le calme que la violence.

Un sortilège sombre s' empare de l' auditeur et ne le lache plus.

DJ Krush - Jaku - Still Island (le shakuhachi, flute de bambou japonaise s' insinue dans cet univers électronique avec une élégance digne d' une geisha..)


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The beginning 


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ac66f50b0bc8e3846f5248350d014456.jpgA musique japonaise étrangement hypnotique, livre japonais génialement hypnotique. Indescriptible plutôt. Pavé de 1935 de plus de 500 pages, unique oeuvre de son auteur, Dogra Magra nous transporte dans un enchevêtrement d' intrigue insensé, dans l' esprit d' un prisonnier qui ne sait plus quelle heure il est ni qui il est vraiment. Une intrigue policière lie le tout avec maestria, on vogue, on se perd 20 fois, 30 fois, on croit saisir en vain ou l' on nous mêne avant de constater bien évidemment que ce n' est pas là on va qui importe mais bien le voyage qui y conduit.

 

18.05.2007

"Hamlet thème et variation" La baffe de l' année en grand format

medium_inconnu.jpgFaisons court, faisons bien. Je viens de tomber cet après-midi par hasard sur un disque que je considère comme exceptionnel: Hamlet, thème et variation n' est rien moins qu' un mélange de la célèbre pièce de Shakespeare, de l' abstract hip-hop, du jazz avec François Jeanneau et de la musique classique avec un quatuor à cordes qui vient lui aussi participer à la fête par intermittence. Bande son de représentations qui devaient également bien valoir le déplacement...

Décidemment, je vais finira par ne me fier plus qu' à mon simple instinct pour choisir mes futurs achats! Absolument inclassable, ambitieux, prétentieux ce disque m' emplit de joie. Et je pense même qu' il est parfait pour entrer dans le monde du hip-hop... ou bien de Shakespeare. C' est bon, j' ai encore foi en la musique tant que de telles oeuvres arriveront à mes oreilles.. 

 

Thème et variations... Vos oreilles y croient ou pas ? 


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Le Poison: 1000 bruits 


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Et parmi ce qu' il y a aussi, évidemment Etre ou bien Une conversation de fossoyeurs inoubliable... 

10.04.2007

Nicolas Repac, Artaud, The Cinematic Orchestra et voici les BO imaginaires du XXIe siècle...

medium_repac.jpgNicolas Repac - Swing Swing - La nuit mène une existence obscure

 


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Les musiques de films forment une caste bien particulières dans le paysage musical. Pouvant aller de la compilation géniale (Tony Gatlif, Jim Jarmusch) ou insipide aux grands thêmes d' inspiration classique qui en deviennent inoubliables (ah, Lawrence d' Arabie).

Avec l' électronique et les possibilités multiples qu' elle apporte, de nombreux albums récent possèdent un petit-je-ne-sais-quoi en plus qui évoque ces ambiances envoutantes. Comme Swing-Swing de Nicolas Repac, génial bidouilleur, qui signe un bijou d' accompagnement pour film policier en noir et blanc. Les titres des morceaux Revue noire, La Pegre, Les annés folles confirment cette impression...

 

medium_cinematic.jpgThe Cinematic Orchestra - Man with a movie Camera - The Awakening of a Woman (burnout) Attention ca dure 10 minutes ^^

 
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Cette filiation avec le grand écran juste suggérée par Nicolas Repac est assumée et même revendiquée par le collectif mi-électro mi-acoustique The Cinematic Orchestra qui avec le déjà presqu' ancien album The man with a movie camera avait pour ambition de recréer une nouvelle bande originale d' un film datant de 1929. La réussite est totale, les thêmes s' enchevêtrent, se retiennent, tournent et jouent en boucle. La technologie çà a du bon parfois.

 

medium_10377106_p.jpg Artaud - La tour Invisible - Emeutes

(Ah, ca commence par des accords légers au piano, on se croirait à écouter du Egberto Gismonti, et puis tout s' envole.... C' est beau)


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Dernier disque à entretenir cette fibre lyrique selon moi, La Tour Invisble, récent album du contrebassiste de jazz Vincent Artaud -et pas Antonin comme il essaie peut-être de le faire croire ^^ -. Un réel coup de coeur, des arrangements à la feuille d' or, des influences classiques indéniables et séduisantes. Un surprenant voyage en apesanteur..

03.01.2007

Socalled "Ghettoblaster" le Géo Trouvetout de la musique

medium_arton1940.2.jpgSi certains d' entre vous sont fidèles, ils se souviennent peut-être de David Krakauer, génial clarinettiste klezmer qui transcende la musique traditionnelle juive avec à ses cotés une formation pleine d' énergie et notamment un DJ fou, nommé Socalled.

Et bien, le petit trublion s' émancipe un peu et nous a offert pour la fin de l' année 2006, un album en solo à son image à savoir complètement inclassable. Mélangeant accordéon, rythmiques électro, samples de vieux vinyls et de chants juifs, le génial bidouilleur arrive, au bout de l' improbable recette à un résultat aussi déconcertant que génial.

Une seule condition est requise pour apprécier, ne pas avoir peur de la surprise.

L' extrait proposé You are never alone, résume bien ce disque, bande son virtuelle sous acide d' un western imaginaire (je suis très dans les comparaisons cinématiques en ce moment moi ^^)

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Echelle de facilité d' écoute

Rythme 2/5: Oui, je sais, ca part dans les sens

Mélodies 3/5: Pas vraiment l' interêt premier de ce disque, qui regorge cependant des petites pépites de simplicité..

Longueur des morceaux 4/5: Ca passe tout seul, des petits extraits de films pour faire passer le tout... 

Passerelle vers electro, musiques du monde, hip-hop 

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