08.06.2009

Dedicated to Hugh, But You Weren't Listening

002Hugh.jpgHugh Hopper est parti. Comme ça, sans prévenir, moi qui ne le suivais que de loin, je ne savais même pas qu'il était malade et qu'il avait du annuler ses derniers concerts pour se soigner. Je savais juste qu'il avait encore des multitudes de notes à jouer et de choses à nous faire découvrir. Bassiste mythique des débuts de Soft Machine, il avait rapidement pris son envol, mais n'avait jamais cessé de jouer et de partager sa passion de la musique. Alors que presque tous les autres adepte des grosses cordes de la basse rivalisaient de virtuosité fumeuse, il avait toujours refusé de mettre la musique au service de ses phalanges, seul son instinct le guidait. Ces derniers temps, après une vie d'exploration, il avait creusé si profondément son propre sillon que ces derniers disques presque arides, expérimentaux (notamment HUMI avec  Yumi Hara Cawkwell) ont pu surprendre plus d'un amateur averti des élucubrations moitié-jazz moitié-rock du début des années 70. En effet, il a toujours suivi les principes premier du mouvement Canterbury qu'il incarnait presque de manière fusionnelle, guidé par ses rencontres et son instinct.

Et si sa musique était surprenante, singulière, elle était toujours source de partage. Pour l'avoir vu il y a deux ans en concert avec Chris Cutler et Daevid Allen, autres monuments des années 70, je sais que sa modestie et sa musicalité étaient perceptibles au premier regard. Il offrait sa musique en partage, libre aux autres de l'accompagner pour un instant ou une vie. On dit toujours qu'on reconnait le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va, aujourd'hui, j'ai vraiment envie de pleurer, et toutes mes pensées vont à sa famille et ses amis.

delta.jpgEt je ne pense pas qu'il y ait de musique plus appropriée que ces deux extraits de "Dedicated To You, But You Weren't Listening" du Delta Saxophone Quartet, qui reprend avec une sensibilité infinie quelques titres de Soft Machine.

Dedicated to You
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Epilogue
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30.03.2009

Bohannon ou Dollar Brand - le retour de la ligne de basse

bohannon.jpgLes pitoyables statistiques de ce blog montrent un interet certes limité mais toujours présent pour les lignes de basse. Alors, les morceaux de Jean Leloup, Manu DiBango et Queen commencent à sentir un peu le renfermé...

Donc, pour faire plaisir aux amoureux de la basse qui fait bouger le cucul, je vous fait part de mon amour immodéré pour ce bon vieux discogrooveur d'Hamilton Bohannon. Avec lui, pas besoin de chauffer la salle ou de faire boire les filles, c'est 8 minutes à remuer les hanches pour tout le monde... Comme pendant ce superbement entêtant Bohannon's Beat. Un titre qui annonce bien la couleur, la batterie, les petites guitares fonky et cette basse qui te vrille la tête...

Bohannon's Beat
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113582461.jpgSouvent destinée à mettre la tête à l'envers, une ligne de basse reposante peut aussi parfois devenir une invitation à la méditation, à l'échange. Dolllar Brand, pianiste de jazz assez libertaire originaire d'Afrique du Sud en donne un bel exemple dans son album Africa Tears and Laughter.

Ici La voix des musiciens se mêlent parfaitement à la douce rondeur de la contrebasse... Idéal pour faire le point avec sa conscience...

Ishmael
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11.11.2008

Yemanjazz, la grande marmite afro-jazzo-brésilienne !

cddv8.gifAttention les oreilles, ça va faire mal, des petits portugais bien trop doués pour trouver une maison de disques viennent de lancer un gros missile bronzé d'Afrique et de Brésil... Yemanjazz, vient de Iemanja, divinité du culte afro-brésilien (ou Candomblé) encore très prégnant au pays du football. Les croyances ancestrales des esclaves y rejoignent la foi chrétienne dans un joyeux melting-pot qui correspond finalement bien à cette contrée métissée. Baden Powell avait déjà écrit des sambas sublimes sur ces thèmes, ces jeunes effrontés y ajoutent un jazz brûlant digne de Freddie Hubbard ou John Coltrane.

On ne sait toujours pas comment tout celà tient debout, mais le résultat tient du miracle. Foncez sur leur myspace et faites pêter les thunes. Y'a pas que Grégoire et ses rengaines qui a le droit de sortir malgré Universal !!

Mae Sirena (oui, ça dure 9 minutes, mais quelles 9 minutes ! Caetano Veloso, Bach, de la transe et une trompette en fusion, c'est pas mal en 9 minutes....)
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COS "Babel" Le jazz-funk progressif belge qui le fait bien

8f533eb0.jpgL'hiver approche. Et la vraie mauvaise nouvelle qui en découle, ce ne sont pas les nez qui coulent, mais bel et bien la fin de la saison des vide-greniers et autre brocantes dominicales...

Ah, le bonheur de découvrir pour quelques euros, des disques plus improbables les uns que les autres. Rassurez-vous, ici je ne parlerais pas des disques de hard-rock français des années 80 de groupes tous sponsorisés par Jacques Dessanges ou de Raoul Ours qui nous explique en deux faces très didactiques comment faire parler son perroquet (car j'ai acheté ces disques et bien d'autres encore...). Non, je vous garde la crème de la crème, les pochettes intrigantes, les groupes bizarre, "Oula, c'est à moi, mais je sais plus ce que c'est comme musique...", enfin, tout ce qui fait le sel des promenade au milieu des tables de camping et de la vaisselle ébréchée.

Donc COS, groupe belge où l'on retrouve Marc Hollander entendu aussi au sein d'Aksak Maboul a sorti quelques disques à la fin des années 70 qui méritent le détour. Basé sur un bon vieux groove des familles et faisant l'impasse sur les grosses prises de têtes, ce Babel s'avale aussi facilement qu'un saucisson aux noisettes, et Dieu sait si j'aime ça. En résumant, une bonne façon de rentabiliser deux euros, quelques litres de super 95 et l'étrange sensation de passer tout le dimanche la tête dans un sac pour cause de lever matinal...

Babel

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15.10.2008

Secret Chiefs 3 "Xaphan", le disque qui plait à tout le monde... ou presque

sc3.jpgSecret Chiefs 3 est un groupe plutôt très hétéroclite de petits prodiges dirigés par le non moins doué Trey Spruance. Ils mélangent Ennio Morricone, le clavinet, les grosses rythmiques qui font peur, et ici, Masada oblige, le folklore klezmer. Car depuis que le grand manitou John Zorn a sorti de sa manche quelques dizaines de nouvelles mélodies, ça se bouscule au portillon pour faire partie du grand barnum Book of Angels, à savoir une série d'albums classieux chacun réalisé par un artiste ou groupe gravitant de près ou de très près autour du maitre. La liberté est totale, on prend les partoches et en avant mon kiki, fait tourner les synthés, l'ocarina ou la flute à trois bras, la confiance est totale.

Force est de reconnaître que la qualité globale de ces enregistrements est plutôt ahurissante. Mais un disque me titille un peu ces derniers temps, c'est donc le volume 9 (vous suivez toujours ?) de nos bien aimés SC3. Parce que j'en ai entendu tellement de bien, louanges du métissage, de la prise de risque ultime et autres que je me sens frustré de ne pas en profiter autant. En fait, je n'aime pas trop quand le grand mélange, est un argument en lui-même de qualité. Un autre groupe très fort pour faire se pamer la faune hype est Sleepytime Gorilla Museum, la musique restant à l'image du nom du groupe, ça part dans tous les sens et pas mal de Critiques / Chroniqueurs / hommes de goût et d'influence se touchent presque en les écoutant.

Et si je me décide à lacher un petit parpier ici, c'est que nos amis de SC3, à mon humble avis, se fourvoient en pensant que le grand mix mondial sera leur salut. Car quand ils prennent juste les mélodies originelles pour les mettre en valeur, ils possèdent de vraies qualités musicales, une cohérence passionnante et une sorte de naiveté enfantine qui leur va mieux que les costumes d'apprentis sorciers. Au coeur, de ce disque se trouve un morceau très touchant, ça commence comme le générique de Thalassa 2012 et se termine avec des relents hypnotiques de Capitaine Flam. Toujours au service du matériau de base au lieu de le transformer en prétexte à délires (fussent-ils convaincants), ils réalisent un peu ce que j'attends très égoistement d'eux, un groupe d' allumés géniaux à faire écouter dans les crèches et les maternelles.

Alors, je vous offre 2 morceaux, un que je trouve trop brouillon (mais quand même bon), et cette perle en fraise Tagada, merci de me dire ce que vous préférez... ^^

 

Shoel

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Barakiel

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16.06.2008

RIP Esbjorn Svensson

est.jpgCe sont vraiment les meilleurs qui partent les premiers. Esbjörn Svensson, le pianiste et leader du trio de jazz nordique E.S.T. vient de disparaitre suite à un accident de plongée, bref un accident stupide et que l'on croit toujours évitable, et qui mis à part Claude François semble avoir tendance à ne s'acharner que sur les artistes dignes d'intérêt.

E.S.T. s'était imposé par leur approche très directe du jazz, avait fait découvrir cette musique à bon nombre de néophytes. Certes, ils avaient leurs détracteurs, ils déplaisaient parfois, mais honnêtement, pouvoir débattre de la qualité de leur musique était en soi une bonne chose. Donc, j'ai une petite pensée émue pour ce pianiste et sa famille. Il était beau mec, ex nageur de haut niveau et en plus musicien, comme quoi des fois, le destin se venge de ceux qu'il a trop gaté.

Elevation of Love (un titre qui va bien dans ce contexte)


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11.06.2008

Nels Cline "Destroy All Nels Cline" rock instrumental du XXIe siècle, année zéro !

danc.jpgAttention, ca va envoyer gros, ca va envoyer gras, ce disque est absolument fantastique. En fait ce guitariste de Nels Cline est absolument fantastique. Officiant déjà au sein du groupe de rock le plus stimulant du moment, à savoir Wilco, on découvre en cherchant un peu dans sa discographie que le monsieur n'a pas les idées trop étriquées en matière musicale. Improvisateur, explositionniste des conventions, il est aussi capable d'enregistrer des reprises à la guitare électrique d'Interstellar space de John Coltrane ou bien ce disque, avec 4 autres guitaristes électriques qui prouvent que la musique avance toujours.

En fait c'est véritablement le rock instrumental du XXIe siècle, ambitieux, violent, un peu sale que jouent Nels Cline et ses potes. Quelque part entre Sonic Youth et Guapo, Destroy all Nels Cline met tout le monde d'accord. Ce disque est aussi ambitieux et abouti que pouvait l'être les meilleurs albums de King Crimson au début des années 70. Comme quoi, il ne sert pas à grand chose de reproduire ce qu'on fait les anciens il y a 30 ans. Laissons les copistes flatter leurs idoles comme s'ils repiquaient des vieilles cassettes vidéo VHS. Ici, c'est du neuf, du puissant, ça s'inspire de tant de choses, mais ça ne ressemble à aucune. Gloire donc à Atavistic Records, petit label aux grandes oreilles ouvertes.

Chi Cacoan
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Echelle de facilité d'écoute

Rythme 2/5: Quelques passages presque Kraut-rock m'a fait remarquer un esprit éclairé...

Mélodies 1/5: Quelques entrelacs, de la puissance, mais pas trop de mélodies...

Longueurs des morceaux 1/5: Je vous aurais prévenu...

Passerelle vers rock indépendant, musiques improvisées, guitare, free jazz. 

01.06.2008

Vincent Courtois - Ze Jam Afane "L'homme avion" electric-slam afroland

1312495254.jpgCa se bouscule au portillon. Après quelques semaines de semi-coma, les disques magiques semblent pulluler !

Et au rayon inclassable génial, on retrouve presque sans surprise nos amis de chez Chief Inspector qui mettent une fois de plus l'adage "Si c'est bon, on le sort" en pratique. Parce que ce disque ne ressemble à aucun autre. Il est le fruit d'une longue collaboration entre un conteur slammeur chanteur camerounais Ze Jam Afane et un violoncelliste virtuose Vincent Courtois, déjà entendu aux côtés de Louis Sclavis ou Yves Robert.

Ici, tout est enregistré sous le signe de la fluidité, les musiciens se mettent au service de la voix de Ze Jam, qui lui tout en rythme et en espoir chante et parle avec une voix pleine de musique. Les rêves perdus des Africains révant d'Europe (L' homme avion), les rêves brisés des Africains rêvant d' Afrique (L' arbre Lumumba) se croisent. Les griots, les contes pleins d'animaux se heurtent au béton de nos cités. Les cultures s'embrassent et on prend un plaisir presque gêné quand on écoute tant de malheur et de fatalité conté avec tant de talent.

Le disque sort début juin, montrez votre interet ! 

 

L'arbre Lumumba Ce morceau résume d'Afrique d'aujourd'hui, et comme par magie, il n'est même pas triste.


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L'homme avion A quoi rêvent parfois les Africains en se croyant chez nous ? Beau et juste


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Echelle de facilité d'écoute

Rythme 3/5: Rien de trop repoussant..

Mélodie 3/5: Entre accompagnement et comptines divines 

Longueur des morceaux 4/5: 42 minutes et tout est dit

Passerelle vers Slam, musique Africaine, jazz, Chief Inspector.... 

 

 

 

 

29.04.2008

Chick Corea "Children's Songs" 20 berceuses pour toutes les oreilles

117521321.jpgChick Corea est un grand pianiste. Il a joué du jazz, du jazz-rock, du classique et tant d'autres choses encore. Mais comme tous les grands musiciens, il sait parfois retoucher son instrument avec l'ingénuosité d'un enfant. En 13 ans, il a composé 20 de ces airs essentiels, entre Satie et Schumann. Il flotte dans l'air le bonheur de jouer et d'être toujours émerveillé par son art. C'est faussement simple et vraiment réjouissant, et franchement, à mon gout, c'est ce qu'il faudrait faire jouer lors des auditions de piano de fin d'année.



Children Song N°4 

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Echelle de facilité d'écoute
 

Rythme 2/5: Chick Corea est un coquin

Mélodies 4/5: Très légères

Longueur des morceaux 5/5: 20 Chansons en moins de 40 minutes...

Passerelle vers: piano, musique classique, jazz, berceuse 

26.04.2008

Airelle Besson / Sylvain Rifflet "Rocking-Chair"

180852825.jpgAh, le joli disque que voici. Comme par hasard, c'est sur le petit Label Chief Inspector qu'il voit le jour. Là ou l'on n'attend pas une musique plus qu'une autre, où, si l'on a du talent, les portes des studios d'enregistrement s'ouvrent. Et dans le Studio, Airelle (quel prénom, ça donne envie de se balader dans les bois) et Sylvain ont fait souffler un vent très rafraichissant. Des mélodies, de la guitare, et surtout de l'espace, une liberté presque indécente. Ca semble si facile quand, pour un peu on croirait qu'on pourrait faire pareil, gouter les choses simples, enchainer les sources d'inspiration commes les verres de rosé lors d'un apéritif trop arrosé.

Seul le plaisir guide ces deux énergumènes. Faites que ces randonnées improvisées sur les sentiers escarpés musicaux ne s'arrêtent jamais...

Forget it -Comme si un tel miracle pouvait s'oublier.... -
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Echelle de facilité d'écoute

Mélodies 3/5: si légères, si douces

Rythme 3/5: le plsu souvent, ça va s'ancrer dans un rock très accessible

Longueur des morceau 4/5: Pour du jazz, c'est calibré à merveille 

Passerelle vers Jazz, Chief Inspector 

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