29.04.2008
Chick Corea "Children's Songs" 20 berceuses pour toutes les oreilles
Chick Corea est un grand pianiste. Il a joué du jazz, du jazz-rock, du classique et tant d'autres choses encore. Mais comme tous les grands musiciens, il sait parfois retoucher son instrument avec l'ingénuosité d'un enfant. En 13 ans, il a composé 20 de ces airs essentiels, entre Satie et Schumann. Il flotte dans l'air le bonheur de jouer et d'être toujours émerveillé par son art. C'est faussement simple et vraiment réjouissant, et franchement, à mon gout, c'est ce qu'il faudrait faire jouer lors des auditions de piano de fin d'année.
Children Song N°4
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 2/5: Chick Corea est un coquin
Mélodies 4/5: Très légères
Longueur des morceaux 5/5: 20 Chansons en moins de 40 minutes...
Passerelle vers: piano, musique classique, jazz, berceuse
17:28 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ?, chroniques: pour le classique, y' a un hic ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
26.04.2008
Airelle Besson / Sylvain Rifflet "Rocking-Chair"
Ah, le joli disque que voici. Comme par hasard, c'est sur le petit Label Chief Inspector qu'il voit le jour. Là ou l'on n'attend pas une musique plus qu'une autre, où, si l'on a du talent, les portes des studios d'enregistrement s'ouvrent. Et dans le Studio, Airelle (quel prénom, ça donne envie de se balader dans les bois) et Sylvain ont fait souffler un vent très rafraichissant. Des mélodies, de la guitare, et surtout de l'espace, une liberté presque indécente. Ca semble si facile quand, pour un peu on croirait qu'on pourrait faire pareil, gouter les choses simples, enchainer les sources d'inspiration commes les verres de rosé lors d'un apéritif trop arrosé.
Seul le plaisir guide ces deux énergumènes. Faites que ces randonnées improvisées sur les sentiers escarpés musicaux ne s'arrêtent jamais...
Forget it -Comme si un tel miracle pouvait s'oublier.... -

Echelle de facilité d'écoute
Mélodies 3/5: si légères, si douces
Rythme 3/5: le plsu souvent, ça va s'ancrer dans un rock très accessible
Longueur des morceau 4/5: Pour du jazz, c'est calibré à merveille
Passerelle vers Jazz, Chief Inspector
00:51 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ? | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
06.03.2008
"Greaves Verlaine" Goûter l'absinthe à Canterbury
Le graphisme magnifique annonce la couleur de façon on ne peut plus honnête. John Greaves, membre de feu Henry Cow, Kew Rhone et autres formations gentiment barrées des années 70 met en musique les textes du génial Paul Verlaine. Greaves, c'est un peu un Jane Birkin à testicules, il habite depuis 25 ans en France, mais il n'a toujours pas perdu son accent. C'est probablement parce que çà marche du tonnerre avec les filles, çà peut surprendre un peu ou horripiler certains, et çà donne une couleur assez particulière à l'ensemble.
Mais Greaves, c'est surtout un artiste comme on n'en fait plus trop, un amoureux de la musique, de la parole, de la mélodie faussement simple, gentiment sophistiquée, une sorte de Robert Wyatt sans barbe mais toujours sur pattes. Eh oui, John Greaves est un dandy, un dandy avec un physique assez particulier, entre Tom Jones et Daniel Russo, mais un dandy quand même, un pur, un épicurien. On l'imagine sans peine faire usage de la petite cuillère mise en valeur sur la pochette pour essayer d'atteindre quelques paradis artificiels.
Et John Greaves est aussi un musicien accompli. Ce qui fait qu'il peut mélanger dans ce surprenant album, guitares eclectiques, voix douces féminines, harmonica, violons, et tout ce qui lui plait. Il le fait toujours avec goût. Profitons de ces onze petites comptines, comme d'un thé raffiné, cherchons-y ce que nous voulons y trouver, et nous serons heureux ce soir.
Séguidille
Streets
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: des chansons qui divaguent un peu...
Mélodies 3/5: des chansons qui divaguent un peu
Longueur des morceaux 5/5: parfait, pas de longueurs..
Passerelle vers jazz, poésie, chanson
15:58 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ?, chroniques: Pour la chanson, quelle direction ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, jazz
24.01.2008
Yves Rousseau / Léo Ferré "Poète, vos papiers - Du talent à déclarer

Après la reprise énergétique (comme dirait Blair) de Bell Oeil, le répertoire de Léo Ferré est de nouveau à l'honneur, et avec quelle réussite ! Ici, le contrebassiste Yves Rousseau s'est plus concentré sur les qualités de poète de l'anarchiste chevelu que sur son travail de compositeur. Textes originaux mis en musique, chansons revisitées se chevauchent avec un vrai regard artistique et une cohérence peu commune: il est en effet impossible de distinguer les compositions initiales de Léo Ferré de celles de Rousseau.
Mais le plus beau est encore à venir, et le plus beau ce sont les deux voix de Jeanne Added et Claudia Solal qui habitent ces textes. Sensuelles, intelligentes, aventureuses quel bel écrin pour ces textes immortels... Si en plus on ajoute l'argument un peu subjectif du charme fou de ces dames, et le souvenir d'un concert de John Greaves ou je voulais me métamorphoser en violoncelle pour que Jeanne puisse jouer un peu avec moi, vous comprendrez qu'il y a plus à recevoir de ce disque que de bien d'autres.
Difficile de faire le tri dans tant de pépites, de l'introduction inquisitrice à la conclusion en rock désabusé, il n' y a pas de chute de tension.
Où va cet Univers ?
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: C'est souple.
Mélodies 4/5: Belles et sublimées par les voix claires et distinctes des deux donzelles
Longueur des morceaux 4/5: Ce sont des chansons, format chanson !
Passerelle vers Chanson française, jazz, anarchie.
14:37 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ?, chroniques: Pour la chanson, quelle direction ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, poésie, Leo ferré, musiques
06.01.2008
Uri Caine Ensemble plays Mozart, un petit coup de pied dans le classique
Après les classicos du Balanescu Quartet qui reprennent Kraftwerk, on peut passer sans soucis aux jazzmen d'avant-garde qui s'amusent avec la musique classique. Uri Caine, pianiste touche-à-tout qui n'est pas sans évoquer John Zorn s'est fait une spécialité de ses travaux de réappropriation du patrimoine musical.
Ici, c'est Mozart qui a droit à son petit lifting à base de batterie et de solo de guitare électrique (Nguyen Le, la classe au naturel). Les thèmes sont connus, avec par exemple une réinterprétation stupéfiante de la Symphonie 41 dite "Jupiter" ou de La flûte Enchantée. Tous mes a priori sur la musique de Mozart que je considérais un peu jusqu'alors comme guillerette et un peu superficielle en ont pris un coup et m'incitent à découvrir un peu plus avant ce compositeur peut-être trop génial et précoce pour être apprécié en toute sincérité (vous admirerez au passage comment je passe d'un excès à l'autre sans problême...)
Ahhh, La Marche Turque ! Après la relecture reggae de Terrasson et Palhud, quel bonheur que cette interprétation toute orientalisante qui rend cette mélodie si jolie finallement. Tout en souplesse, tout passe mieux...
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: Ou comment prendre des libertés avec l'original
Mélodies 3/5: Toujours aussi immortelles, parfois enfouies profond, creuser permet de les redécouvrir
longueur des morceaux 2/5: Ca dure certes un peu parfois (2 morceaux de plus de 10 minutes)
Passerelle vers classique, jazz
17:15 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ?, chroniques: pour le classique, y' a un hic ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
04.12.2007
Laurent de Wilde "PC Pieces" le musicien qui oublie son piano
Laurent de Wilde est un émérite pianiste de jazz. Reconnu de tous, sa musique a commencé à lentement glisser vers des horizons plus électroniques. D'abord, ce fut des petites boucles, des samples pour faire des disques que l'on pouvait rapprocher du nu-jazz, incarné entres autres par Bugge Wesseltoft ou Niels Petter Molvaer.
Mais là, De Wilde va encore plus loin. Ce disque, soyons clair, n'aurait jamais été considéré comme un disque de jazz si il avait été le fait d'un autre musicien. Ici, on s'enfonce dans le rythme, on oublie les harmoniques, les accords compliqués, c'est l'hypnose qui prend le pas. On pense à la musique répétitive, à l'electro minimaliste, et surtout on pense à CAN groupe allemand du début des années 1970 qui réussissait à faire swinguer ces rythmes inéluctables.
Avec ce disque salutaire, on peut définitivement enterrer les idées préconçues sur les travaux des artistes électroniques comme Squarepusher, Autechre, Murcof et bien d'autres: "C'est pas de la musique." "Ils pillent les autres et ils créent rien", et caetera... Laurent de Wilde a su mettre de côté pas mal de ses années d'études pour revenir à la base de la création musicale et obtient pour son courage et son talent ma reconnaissance éternelle. C'est pas grand-chose, mais c'est déjà çà. ^^
Glitch
14:15 Publié dans chroniques: Et les nouvelles musiques ?, chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
18.11.2007
Legroscube Vs Katerine un peu de surprise venant de l'Ouest
Katerine vient de pas loin de mon pays, Deux-Sévrio-vendéen, il a porté notre région à la postérité grâce à son très défoulant Louxor. Collants, humour gras font depuis peu la place à une personnalité un peu déjanté et poétique, genre Brigitte Fontaine à testicules au ralenti. Il sort un livre dont tout le monde parle, mais pourquoi personne ne cause-t-il donc aussi de ce disque assez stupéfiant issu de sa collaboration avec un Big-Band français hétéroclite Legroscube ? Lost in Copenhagen, une petite introduction plaisante à

Copenhague que Dieu me pardonne, mais je lui trouve un petit gout de Robert Wyatt, Mantler et autres, ce jazz savant mis en chansons...
13:35 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
27.10.2007
Yaron Herman Trio "A time for everything" un temps pour le talent
Le talent n'attend pas le nombre des années (ou quelque chose d'approchant) dit un proverbe. Par contre, il arrive parfois que le talent attende que Yaron Herman, jeune Israélien installé en France depuis 4 ans maintenant, délaisse un peu le ballon de basket pour le piano avant d'apparaitre...
Et voilà comment après avoir débuté la musique à 16 ans on se retrouve quelques années plus tard, encensé de toutes part, comparé à Jarrett ou Monk... Alors évidemment, on a le droit d'être jaloux. Moi j'ai commencé aussi la musique à 16 ans, et aujourd'hui, je ne joue pas à travers le monde. Mais plus simplement, on a le droit d'admirer la classe et le naturel de ce jeune homme qui sont autant de bénédictions. Alors que Jarrett fait surtout parler de lui pour son refus de voir ses prestations pollueés par des odeurs de graillon ou des photographes amateurs intempestifs, Herman lui joue avec son insouciance et son talent avec à ses côtés un bassiste et un batteur de la même trempe.
Pour les avoir vu hier, devant une salle à moitié vide dans la Vienne envoyer le bois, avec une cohérence absolue, comme un seul homme avant de dédicacer leurs disques (qui sont partis par palettes entières à l'issue de leur performance) plein de gentillesse et de modestie, on ne peut ensuite que s'incliner. Leur musique ? Moderne, émouvante, mélodique, agrémentées de reprises époustouflantes de Bjork, Police ou... Britney Spears. Achetez ce disque, allez voir cet artiste aux faux airs de Christophe Willem qui semble toujours aussi émerveillé par son art, et espérons ensemble que dans 20 ans, il n'aura pas cédé aux sirènes d'un élitisme puant qui bouffe le jazz par la racine depuis un certain temps... Mais pour avoir échangé quelques mots avec lui, franchement, çà m'étonnerait.
Toxic (ah Britney tu a vu ce qu'on fait de ton oeuvre...^^)
Army of me
Echelle de facilité d'écoute
Mélodies 4/5: très accessibles, on dit catchy des fois aussi ^^
rythme 3/5: çà passe un peu partout, mais y'a des bons moments bien dans l'esprit rock
longueur des morceaux 3/5: là aussi, rien de trop long...
Passerelle vers jazz
16:40 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ? | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jazz, musique, musiques
02.10.2007
Shibusa Shirazu Orchestra - le bonus japonais du jour
Etant donné que les japonais sous amphetamines de Z semblent avoir un peu la côte, je prolonge un peu le délire nippon avec le Shibusa Shirazu Orchestra.
Aussi barjots que leurs copains, eux, ils s'éclatent plutôt avec un gros big-band mais du genre un peu spécial. C'est entre le grand orchestre du splendid, Sun Ra et Fela, les connaisseurs apprécieront. En concert en plus des musiciens, c'est danseurs, peintres et tout le tintouin sur scène et il parait que c'est juste hallucinant.
Donc, ici un petit extrait tout en démesure, et après, promis, je reparle de trucs plus..... calibrés dirons-nous.. ^^
Bon allez, j'avais dis un, mais j' en rajoute un autre, j'ai pas pris l'abonnement premium pour rien !! Vive la Love Parade Shintoïste déglinguée !

21:05 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ?, chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
14.08.2007
The Bad Plus "Prog" le retour de l' année
Je dois admettre, à un moment, j' ai douté que The Bad Plus, trio surpuissant de jazz-rock, puisse retourner vers les sommets qu' ils avaient tutoyé à leurs débuts. Leur avant-dernier disque m' avait déçu, j' avais l' impression de les voir tourner en rond, se caricaturer eux-mêmes. Et pour être vraiment honnête, ca me déprimait un peu.
Me voilà donc aujourd' hui obligé d' aller acheter quelques orties pour me flageller publiquement, Prog leur dernier album est un vrai miracle.Il y a de tout des mélodies, des classiques éparpillés, une énergie que ne possèdent pas 1/10e des groupes de rock actuels et une sensibilité à fleur de peau. On a droit à une relecture de Life on Mars de Bowie qui m' aurait presque fait chialer mais aussi à des compositions originales qui vous laissent sur le carreau comme un direct au foie.
Comme quoi, on ne devrait jamais douter d' un disque avec David King, le batteur génial est partout, il monte encore en puissance, et comme en plus ses deux compères sont à son niveau, c' est vraiment du tout bon. Vous n' aimez pas le jazz ? Alors vous ne connaissez pas ce groupe.
Life on Mars
1980 world champion un petit bonus presque too-much, super accessible, super joyeux le panard !
Echelle de facilité d' écoute
Mélodies 4/5: ca passe tout seul
Rythme 1/5: c' est divinement fou ! Sur le deuxième morceau "Physical Cities", c' est juste incroyable !
Longueur des morceaux 2/5: 2 morceaux dépassent les 9 minutes, mais comme ce sont des perles, on approuve !
Passerelle vers rock, jazz
21:40 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique


