Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/02/2016

Valérie Lehoux & Jacques Higelin "Je vis pas ma vie, je la rêve", une biographie tombée du ciel.

1507-1.jpgCommençons par l'anecdotique: c'est grâce à ce très beau livre que j'ai découvert que Jacques Higelin et Brigitte Fontaine ne sont absolument pas frère et sœur, ni de près, ni de loin. Ils se sont juste rencontrés par un des formidables hasards qui a façonné la vie et la carrière de l'un des plus grands chanteurs français. Comme si tout était écrit, la vie a mis devant Higelin mille opportunités de grandir, et aussi naturellement qu'il aurait cueilli des coquelicots au bord d'un chemin, il les a toutes saisies, les a fait siennes et s'est affirmé en tant qu'artiste et en tant qu'homme avec la même incroyable honnêteté.

Capable d'envoyer paître les admirateurs trop pressants comme de finir la soirée sur la banquette d'un inconnu, d'évoquer les souvenirs avec ses pairs, Barbara ou Moustaki comme de taire avec pudeur la relation avec son frère Paul, Higelin est ainsi, et ce livre à son image. Il éclaire certains moments de sa vie, certains lieux alors que d'autres restent dans l'ombre. Écrite à quatre mains, grâce à la complicité évidente qu'il entretient avec Valérie Lehoux, cette fausse autobiographie ne se perd pas dans les détails, ou la recherche factuelle. La vérité est celle d'Higelin, il la livre telle quelle. Parfois, la journaliste plante le décor, parle de ses retards incessants, décrit leurs entretiens, leurs promenades, décryptent leurs échanges et les met en perspective.

On retient alors surtout la multitude de rencontres, les hasards merveilleux comme cette guitare fétiche offerte par Henri Crolla retrouvée quasiment dans la rue, et les petites anecdotes d'un homme si entier qu'on le découvre comme on l'a toujours imaginé. Quiconque a déjà vu cette bête de scène en action a pu constater combien il "cherche" parfois son public, le provoque, le pousse à le rendre encore meilleur, encore plus généreux. C'est cette nécessité viscérale d'humanité qui fait d'Higelin ce qu'il est, un artiste engagé non pas pour une cause, mais engagé dans sa vie, et à sa façon, un véritable poète qui ne s'exprime jamais mieux que sur les planches. Le triple (!!) album à Mogador  qui reste d'ailleurs un monument de la chanson et du rock français témoigne encore aujourd'hui cette énergie.

Enfin, on découvre son enfance, de petit Alsacien arrivé en pleine guerre en banlieue parisienne. Le souvenir glaçant d'un bombardement, la réminiscence d'histoires de quartiers et plus que tout, l'émouvante évocation de cette directrice d'école qui en prenant sa retraite est allée voir les parents du petit Jacques pour leur dire de laisser vivre leur fils d'art, car il était fait pour ça. Plus de soixante ans après, il est évident qu'elle avait raison, et qu'il est encore temps de la remercier...

 

L'ultime qualité de livre est son titre, tiré de l'une des plus belles chansons d'Higelin, Parc Montsouris et qui à sa façon, faisait déjà office à l'époque d'autobiographie...

27/09/2015

Andre Minvielle / Lionel Suarez - Tandem

0011271001294152113g.jpg

André Minvielle est un instinctif, il peut changer en musique ou en poésie tout ce qui l'effleure. Aux côtés de Bernard Lubat, il s'est d'ailleurs souvent amusé de ces capacités. Percussionniste, bruitiste, vocaliste, équilibriste, il savait transformer en un éclair un concert de la Compagnie Lubat en un happening de free-jazz aux faux airs de comice agricole. L'air bonhomme, l'accent gascon, la ruralité fière et assumée, on l'imagine la pogne épaisse nous écraser la main avec le sourire quand il vous salue. La sensibilité coincée dans son corps de fort des halles, aux côtés de l’accordéoniste Lionel Suarez, il offre avec Tandem un formidable moment de poésie et de musique à l'état brut. Airs gascons, ode au rugby au cirque et aux cucurbitacées, transe cosmique et paysanne, tout devient prétexte à jouer et à jouïr.

Une valse-joyau de pur amour paternel: Juliette et Lucie

 

17/09/2015

J'ai écouté le dernier Cabrel à l'ancienne

photo_1425892303.jpgQuand le week-end dernier, ma chère et tendre m'a tendu le dernier CD de Francis Cabrel au rayon musique du Furet du Nord, alors que j'avais déjà les bras chargé de bouquins, j'ai du avoir du mal à réprimer un rictus. Ça se fait encore en 2015, d'acheter un disque de Cabrel en magasin ? J'avais l'impression d'être ma mère. Mais comme je n'avais pas d'autre argument à opposer, je l'ai mis sur le haut de la pile, et on l'a acheté, à l'ancienne.

Ensuite, pas de transfert direct sur le disque dur de l'ordinateur, sort réservé à tous les disques arrivant régulièrement par voie postale, mais à la place une bonne vieille écoute par ordre chronologique et en plein air, à l'ancienne. L'intro du premier morceau est un reboot de celle de "Encore et encore", Francis d'Astaffort est raccord, lui aussi nous la joue à l'ancienne.

"Le pays d'à côté" résonne étrangement dans les tripes étant donné l'actualité, et est magnifié par l'ambiance africaine des chœurs. Arrivé à "Azincourt", je me sens pris de court, c'est bon mais je ne sais pas encore vraiment pourquoi: Une seule solution, ne pas attendre la fin du CD pour la repasser, et en profiter pour prendre le petit livret et le feuilleter pour retrouver les paroles, à l'ancienne.

Azincourt

 

Ah Ah, c'est ce bon vieux Paganotti qui est à la basse ! Sa fille Himiko et Julia Sarr en choristes, Cabrel sait s'entourer, et il faut bien avouer que tout glisse et coulisse impeccablement. Même si je suis moins captivé, la qualité est au rendez-vous. Comme quoi, ça a encore du bon de travailler avec des vrais musiciens, à l'ancienne.

Au terme de cette découverte, il reste surtout cette impression, déjà éprouvée lors de la découverte du dernier disque de Dick Annegard, celle d'un vrai soucis de qualité sonore et de cohérence artistique qui se maintient, et ce en dépit des derniers morceaux plus faiblards à mon sens. Mais quel grand gouffre sépare ces disques de la majorité des production françaises actuelles (du moins celle qui sont parvenues jusqu'à moi) ! A se demander si certains n'auraient pas intérêt à prendre des petites notes et demander des conseils aux anciens, histoire de progresser un peu, grâce à un peu de compagnonnage  , à l'ancienne.

 

31/05/2010

Arnaud Fleurent-Didier "La reproduction", ses parents, son nombril, son talent et Vassiliu.

arnaud-fleurent-didier-la-reproduction.jpgAttention, album intrigant !

Pour situer l'objet qui va finir par être de moins en moins obscur: le bonhomme a déjà fait défaillir la rédaction de Télérama (mais avec autant de références bobos le contraire eut été étonnant) et conquis Ruquier et ses sbires Naulleau et Zemmour (dont les appréciations musicales restent aussi fantaisistes que débitées avec aplomb et condescendance). Surtout Arnaud Fleurent-Didier possède quelque chose de fascinant, un mélange de Roger Waters pour le faciès élimé et chevalin et de héros de film de Rohmer, qui se raconte en admirant son nombril bronzé sur la plage. Un type tout-à-fait horripilant, mais aussi tout-à-fait interessant et plutôt sympathique.

Et finalement, quoi de plus évident pour quelqu'un de sympathique et bavard que de parler de lui, à travers ses parents ou de ses grand-parents ? Indiscret, indécent, déstabilisant (jusqu'où nous raconte-t-il sa vie ?) ce disque possède le mérite immense de concerner son auditeur. Comme évidemment, ce dernier est bien souvent issu du même serrail que le chanteur, qu'il a grandi dans le confort, l'amour et le revers à deux mains, La Reproduction est un disque qui lui parle. On en oublierait presque de parler de la musique, qui elle aussi se retrouve à l'image de son dandy d'auteur donc variée, subtile et craquante souvent, une peu lourdingue parfois. Tout ainsi reflère l'ambiguité qui plane sur ce disque faussement léger, et on se retrouve à le réécouter pour savoir pourquoi on ne peut s'en défaire...

Au rayon des réussites:

Mémé 68
podcast

Et dans les trucs plus étranges

Risotto aux courgettes
podcast

Le Bonus-brocante du jour

Image1-3.pngJ'ai appris de source sure que Fleurent-Didier a été influencé par Pierre Vassiliu. Même mélange de sérieux et de sourire, même capacité à faire de la bonne musique en portant un nez de clown. Par un heureux hasard, j'ai trouvé recemment un de ses premiers disques, où l'on retrouve entre autres quelques musiciens de Magma, pas du tout arrivés dans le coin par inadvertance à mon avis. Comble de l'étrangeté, il parle aussi de la filiation, des parents et des enfants. Ca ressemble aussi à une chansonnette et en fait c'est chiadé avec des cordes et tout et tout. Alors évident, ça se partage (malgré les petits craquements)

Un enfant (de l'album Attends - 1972)
podcast

 

En espérant ne pas vous avoir trop éclairer sur ce disque, ça serait dommage.

 

07/04/2010

Jacques Marchais, René-Louis Lafforgue, Gribouille, Jacques Debronckart et les autres: Collier de barbe et pipe en bois, le point chanson française d'autrefois.

Cet article, fait suite à une demande personnelle d'une lectrice fidèle, nouvellement adepte de Jean-Paul Marchant qui m'a fait une demande expresse de chanson française. Etant donné que je suis incapable de résister à de telles demandes, je m'éxécute avec une petite sélection de petits morceaux perdus que j'affectionne particulièrement.

Et enlaffor.jpgcore plus particulièrement, j'aime les chansons de René-Louis Lafforgue. Disparu avant ses quarantes ans, dans un accident de voiture, il n'aura que peu fait profiter le monde de sa gouaille et de sa poésie de la rue. Plus que de l'admiration j'ai de la tendresse pour lui, comme il l'écrit dans "T'es bath, Môme !": Mon coeur fait le beau comme un gros chien quand j'entends sa voix.

T'es bath, Môme !
podcast

Noël en mer

Rien qu'à l'écouter, j'ai presque besoin d'enfiler un ciré !

podcast

Au-delà de cette affection toute irrationnelle, je me suis aussi récemment découvert une vraie curiosité pour ce qu'on pourrait appeler la chanson française à l'ancienne. La voix en avant, la diction un rien théatrale et la grammaire impeccable, un accompagnement qui semble simple mais où souvent, les cordes et les orgues s'entremêlent dans des contrepoints sur mesure. Si je comprends qu'il est illusoire de souhaiter son retour sur le devant de la scène et encore plus de prôner sa supériorité (supposée) sur la production d'aujourd'hui, j'aime me replonger dans cet univers. Quelques périgrinations en vide-grenier m'ont permis de dénicher ces vinyles, d'artistes relativement méconnus qui méritent au moins un petit hommage. En délaissant volontairement les plus grands noms, je vous propose donc une petite sélection, en espérant avoir répondu de manière adéquate à mon admiratrice-mystère.


Gribouille - Dieu Julie

Brr, cette froide description d'une vieille fille me fascine autant qu'elle me dérange un peu. Donc j'aime encore plus.
podcast

Christian Arabian - Une chanson d'amour (n'oublions pas les thèmes connus ^^)
podcast

Jacques Marchais - Chanson pour la nommer
podcast

Jacques Debronckart - J'suis heureux

Superbes arrangements, interrogation plus que jamais d'actualité et témoignage de l'époque (ah les deux chaînes sur sa télé ^^), la trilogie gagnante !
podcast

Christine Oriol - La mer regarde ailleurs
podcast

Etant donné que ces morceaux sont difficilement trouvables, si quelques uns veulent que je les partage, ca peux être envisageable. N'hésitez pas à me faire signe ^^