29.04.2008
Chick Corea "Children's Songs" 20 berceuses pour toutes les oreilles
Chick Corea est un grand pianiste. Il a joué du jazz, du jazz-rock, du classique et tant d'autres choses encore. Mais comme tous les grands musiciens, il sait parfois retoucher son instrument avec l'ingénuosité d'un enfant. En 13 ans, il a composé 20 de ces airs essentiels, entre Satie et Schumann. Il flotte dans l'air le bonheur de jouer et d'être toujours émerveillé par son art. C'est faussement simple et vraiment réjouissant, et franchement, à mon gout, c'est ce qu'il faudrait faire jouer lors des auditions de piano de fin d'année.
Children Song N°4
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 2/5: Chick Corea est un coquin
Mélodies 4/5: Très légères
Longueur des morceaux 5/5: 20 Chansons en moins de 40 minutes...
Passerelle vers: piano, musique classique, jazz, berceuse
17:28 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ?, chroniques: pour le classique, y' a un hic ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
03.02.2008
Lambarena / Bach to Africa - Jean-Sebastien, arrête de jouer avec ces étranges instruments !
Parfois, on a l'impression d'avoir acheté des disques trop tôt. Ils nous déçoivent et ce n'est que quelques années après que l'on comprend les trésors que l'on possède.
Il y a une donc dizaine d'années, j'étais jeune fou, jeune, beau, et intelligent et j'achetais déjà les disques au feeling mais j'étais un peu déçu par ce disque stupéfiant ou se superposent les oeuvres de JS Bach avec les ambiances percussives et tribales de l'Afrique. Je ne connaissais ni Pierre Akendengue ni Nana Vasconcelos qui font pourtant des petits miracles sur certaines adaptations d'air africains. Les chants européens, tout innocents et plein d'une harmonie mathématique se confrontent à la nature imprévisible, luxuriante, mais accueillante.
Le Dr Schweitzer à qui ce disque est dédié aurait probablement aussi apprécié.
22:15 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ?, chroniques: pour le classique, y' a un hic ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
06.01.2008
Uri Caine Ensemble plays Mozart, un petit coup de pied dans le classique
Après les classicos du Balanescu Quartet qui reprennent Kraftwerk, on peut passer sans soucis aux jazzmen d'avant-garde qui s'amusent avec la musique classique. Uri Caine, pianiste touche-à-tout qui n'est pas sans évoquer John Zorn s'est fait une spécialité de ses travaux de réappropriation du patrimoine musical.
Ici, c'est Mozart qui a droit à son petit lifting à base de batterie et de solo de guitare électrique (Nguyen Le, la classe au naturel). Les thèmes sont connus, avec par exemple une réinterprétation stupéfiante de la Symphonie 41 dite "Jupiter" ou de La flûte Enchantée. Tous mes a priori sur la musique de Mozart que je considérais un peu jusqu'alors comme guillerette et un peu superficielle en ont pris un coup et m'incitent à découvrir un peu plus avant ce compositeur peut-être trop génial et précoce pour être apprécié en toute sincérité (vous admirerez au passage comment je passe d'un excès à l'autre sans problême...)
Ahhh, La Marche Turque ! Après la relecture reggae de Terrasson et Palhud, quel bonheur que cette interprétation toute orientalisante qui rend cette mélodie si jolie finallement. Tout en souplesse, tout passe mieux...
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: Ou comment prendre des libertés avec l'original
Mélodies 3/5: Toujours aussi immortelles, parfois enfouies profond, creuser permet de les redécouvrir
longueur des morceaux 2/5: Ca dure certes un peu parfois (2 morceaux de plus de 10 minutes)
Passerelle vers classique, jazz
17:15 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ?, chroniques: pour le classique, y' a un hic ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
30.12.2007
Balanescu Quartet "Possessed" Cordes, robots, hypnose
Si les magasins de disques d'occasion n'existaient pas, je me demande parfois ce que je deviendrais. Il est si agréable de se faire surprendre par un disque inenvisagé, juste un peu intrigant, coincé entre un best-of des années 80 et un C de hard-rock norvégien...
C'est donc ainsi que je me suis retrouvé avec ce disque assez remarquable du Balanescu Quartet, formation de musique de chambre contemporaine qui ici reprend sur une moitié du disque des oeuvres de... Kraftwerk ! Et il faut bien avouer que la transe hypnotique teutonne passe fort bien à travers les cordes de ce groupe atypique. Les mélodies se retrouvent magnifiées, leur simplicité imparable s'accorde comme par magie avec les ambiances un peu froides de l'ensemble. On oublie vite si on est au début ou à la fin du morceau, on se laisse juste porter... Et les autres oeuvres, notamment les compositions d'Alexander Balanescu restent dans la même tonalité, ce qui fait que ce disque semble bien être un petit trésor atypique dont je raffole.
Robots
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 5/5: Hypnotique, je vous dis...
Mélodies 4/5: Simples mais belles, mais surtout, en boucle vous l'aurez compris ^^
Longueur des morceaux 2/5: les compositions de Balanescu dépassent parfois les 10 minutes,mais vu que l'on est un peu perdu tout de suite dans ces étranges vagues, celà n'a pas trop d'importance
Passerelle vers musique répétitive, musique de chambre, musique contemporaine
11:57 Publié dans chroniques: pour le classique, y' a un hic ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
25.10.2007
Trio Mediaeval "Folk Songs" quelques grammes de finesse nordique dans un monde de brutes
Les belles harmonies de la Renaissance, ses chansons, ses costumes ? Vous aimez tout celà ? Et bien vous gardez le tout, vous faites 3000 kilomètres vers le Nord et avant de déguster votre gros sanglier roti dans une cheminée monumentale, vous appelez le Trio Mediaeval, jeunes femmes qui seront ravies de vous accompagner avec leurs voix de fées. A leur cotés un percussionniste / joueur de guimbarde colorera un peu le tableau et vous pourrez vous enivrer de ces petites perles de la culture populaire norvegienne.
En vingt petites ballades dans la neige, on anticipe un peu l'hiver. On rallume le chauffage, on fait attention à l'intoxication au monoxyde de carbone et tout, et tout...
Det Lisle Banet
Eg Veit I Himmerik Ei Borg
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: Pas vraiment marqué, on se laisse porter
Mélodies 5/5: Quels fins entrelacs que voici...
Longueur des morceaux 5/5: 20 morceaux, une heures à peine, çà roule
Passerelle vers: musique folklorique nordique, polyphonies, musique ancienne
17:55 Publié dans chroniques: pour le classique, y' a un hic ?, Et la world, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
29.08.2007
Clogs "Lantern"... Le post-rock de chambre ou la véritable petite musique de nuit
Le soir arrive, il fait sombre, le sommeil n' est pas encore tout-à-fait prêt à s' emparer de vous... On a envie d' avoir une petite couverture sur ses épaules, d' un visage tendre à regarder et d' un thé trop chaud à déguster. Et comme musique me direz-vous ?
Eh bien le disque de la formation Clogs qui allie avec gout mélodies douces, percussions sensuelles et musique de chambre devrait faire merveille. Quelquefois, la musique nous transporte, pleine de puissance, on s' envole avec elle. Ici, c' est le contraire, avec Lantern, la musique nous engloutit, on passe littéralement à travers la moquette. C' est assez indéfinissable comme sensation, mais c' est à la la portée de tous !
14:44 Publié dans chroniques: pour le classique, y' a un hic ?, chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
27.08.2007
The Forge players "Flow my tears", John Dowland, le premier rockeur
John Dowland (1563-1626) est sans conteste le plus ancien musicien dont j' aurais parlé ici. Et c' est également l' un de ceux dont l' actualité est la plus brulante, car on parle beaucoup de lui (enfin, beaucoup, c' est peut-être un peu éxagéré..) surtout depuis que Sting s' est mis au luth pour reprendre les plus beaux airs du Monsieur. Et on s' extasie de la modernité de cette musique qui a si peu vieilli. Avant le beau Sting, John Surman, saxophoniste émérite avait déjà proposé une version passionnante de son oeuvre à travers son très bien nommé "Dowland Project".
L' engouement pour John Dowland vient probablement de l' accessibilité de ses airs très populaires, une vraie rock star avant l' heure en sorte. Racontant l' amour et la vie, on pourrait reprendre les textes de ses chansons aujourd' hui sans que celà ne choque quiconque. Mention spéciale pour son titre hilarant "Semper Dowland, Semper dolens", qui traduit signifie a peu près: "Toujours Dowland, toujours souffrant", comme quoi, les jeux de mots à la Ruquier existaient depuis longtemps.
Ici ce sont The Forge Players qui reprennent les tubes de l' immortel John. Instruments d' époque et un chanteur stupéfiant qui se démène, sue, souffle et souffre. On l' entends même parfois reprendre son souffle à la fin tellement il envoie le bois !
What if i never speed
Come Again
Echelle de facilité d' écoute
Mélodies 3/5: Très typiques de l' époque au niveau des tonalités, mais ca a pas vraiment changé depuis..
Rythme 3/5: Idem
Longueur des morceaux: Ce sont des chansons, ce n' est donc pas long !
Passerelle vers luth, musique classique
22:35 Publié dans chroniques: pour le classique, y' a un hic ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
06.06.2007
Etape N°4 Arvo Part, Georgy Ligeti, Steve Reich... La musique contemporaine: plongez, sombrez
Les grandes étendues, l' infini, se perdre avec le sourire en écoutant le vent. Si vous aimez tout celà, vous êtes probablement à même d' apprécier cette musique plus basée sur l' impression d' éternité que sur la puissance des mélodies.
Une éternité glaciale, émouvante à pleurer comme l' oeuvre d' Arvo Pärt, Estonien de son état, qui en appliquant la rigueur mathématique à ses compositions remue les entrailles de l' auditeur. Souvent sa musique est décomposée dans les livrets des CDs.. On y découvre alors l' étrangeté de ses lignes jouées en canon, décalées, plus ou moins rapidement qui en se mélangeant tendent vers le sublime.
Le morceau le plus émouvant que je connaisse, capable parait-il de pétrifier sur place une classe de collégiens est Cantus in Memory of Benjamin Britten . Si vous vous souvenez d' un spot pour SOS villages d' enfants qui passait des fois à la télé...
Arvo Pärt - Cantus in Memory of Benjamin Britten
Quand Stanley Kubrick s' attaqua aux étoiles dans son chef d' oeuvre 2001 l' Odyssée de l' espace, il convoqua tous les plus grands de la musique classique, Strauss et autres. Mais aussi Georgy Ligeti, ténébreux roumain dont la musique traversa le vingtième siècle. Ici aussi plus que jamais, il est question d' atmosphère, d' oubli et d' abandon. Lux Aeterna, composé pour un ensemble de voix peut rappeler à la fois Lovecraft ou l' holocauste. Cette musique profondément dérangeante fascine et renvoie in fine à ces tourments intérieurs malsains que l' on peut subrepticement exorciser en y prétant l' oreille.
Georgy Ligeti - Lux Aeterna
Et le rapport avec le free-jazz ? Eh bien, c' est surtout dans l' écoute une nouvelle fois qu' il faut le chercher, appréhender la musique différemment, se laisser porter, voguer avec les notes, entrer dans la musique. A fond, vraiment car il n' y a pas de demi-mesure acceptable je pense. Un bon casque sur les oreilles, une lumière pas trop agressive et vous voilà aux commandes du vaisseau...
Et d' ailleurs le jazz et la musique contemporaine se croisent également parfois comme avec un autre artiste des superpositions, Steve Reich. Fasciné par le gamelan balinais, les modifications imperceptibles et autres, il a composé une oeuvre absolument unique. Le coffret Phases, disponible à un prix dérisoire devrait vous convaincre. On y retrouve Music for 18 musicians, son graal de 50 minutes qui ravira les adorateurs de Tangerine dream et autres Krautrockeries , mais aussi Deser Music -tout un programme- et Electric Counterpoint, interprété à la guitare par Pat Metheny, quand je vous disais qu' il y avait du jazz dans cette musique..
Steve Reich - Electric Counterpoint (slow) / Pat Metheny (guitare)
12:50 Publié dans chroniques: pour le classique, y' a un hic ?, Comment écouter du free-jazz en 10 leçons | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
29.05.2007
"Sergio et Odair Assad play Rameau, Scarlatti, Bach, Couperin" Le clavecin, c' est beau, surtout joué à la guitare
La musique de la cour, les musiciens les plus talenteux aux ordres des monarques, le tout adapté avec brio par deux frères brésiliens virtuoses de la guitare, voici le programme de cette petite virée tout en douceur.
Constitué de pièces courtes, souvent axées sur des mélodies accessibles et mémorisables en l' instant, ce recueil respire la fraicheur mais aussi l' audace. Les duos de guitare tout comme le piano à quatre mains, requiert une osmose quasi-complète de la part des protagonistes. Ici, les deux musiciens sont frères (Alexandre Lagioya et Ida Presti étaient eux mariés), se connaissent s' anticipent, s' amusent avec les lignes des partitions avec une telle facilité qu' on en oublierait presque la difficulté de l' interprétation et surtout de l' adaptation de telles compositions.
Sergio et Odair Assad - Les Cyclopes (Rameau)

Mais la reprise ne doit pas faire oublier l' original. Les sonorités métalliques du clavecin, les ornenements nombreux peuvent parfois rappeler des musiques plus modernes et surtout plus violentes. Le graal du clavecin,ce sont évidemment les sonates de Domenico Scarlatti, lequel n' en composa pas moins de... 555 ! Scott Ross claveciniste émérite en interpréta la totalité.. Mais je ne peux resister à l' envie de vous faire partager une vison plus énergique de cette musique. Interprétée ici par Pierre Hantaï. Modernité violence tout y est.
Pierre Hantaï - Sonate K141 (Scarlatti)

Echelle de facilité d' écoute
longueur des morceaus 4/5: Rarement plus de 5 minutes
Mélodies 4/5: Tout l' art des grands maitres en 23 étapes
Rythme 3/5: Rien de rédhibitoire
Passerelle vers clavecin, musique classique, guitare classique
22:20 Publié dans chroniques: pour le classique, y' a un hic ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
04.04.2007
Gonzales "Solo piano" - Oh des petites berceuses...
Ah que ce disque est doux et tendre, vous jeunes parents qui ne savaient pas quoi donner aux douces oreilles de vos enfants quand ils pleurent un peu trop, essayez donc ces contines.
Evocant Satie en un peu moins mystérieux et sombre, mais plus sucré et aussi les Children Songs de Chick Corea en moins sophistiqué, ces 16 miniatures jouées au piano par Gonzales, plus connu jusqu' alors pour ses collaborations dans le milieu de la scène électronique vous raviront.
On rêverait presque de les apprendre plutôt que de jouer la Lettre à Elise ou l' immonde Marche turque... On remercie encore No Format qui multiplie les audaces au sein de son catalogue.. Non le monde de la musique n' est pas fait que d' horribles requins prêts à tout pour décrocher un NRJ merdique award...
Manifesto
Gogol
Echelle de facilité d' écoute
Rythme 4/5: une petite valse par ici ou par là, un-deux-trois, un-deux-trois..
Mélodies 5/5: des berceuses, je vous dis..
Longueur des morceaux 5/5: Inconvénient, le disque est trop court ^^
Passerelle vers piano, musique classique, berceuses....
22:20 Publié dans chroniques: pour le classique, y' a un hic ?, chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique


