13.03.2008
Perceval music "Dormir Sommeil" j'ai fait une sieste dans une clairière en acier
C'est un disque qui commence par une jolie voix qui nous dit "Dormir Sommeil" et qui quelques dizaines de minutes plus tard, nous ordonne de nous réveiller. Entre les deux suaves messages, un onirisme tout en verre et en déambulations aléatoires s'empare de vous. Dans ce rêve, le coup de poing cotoie les caresses, un clavecin en s'éclipsant devise avec les guitares électriques qui s'emparent de la scène.
Curieuse chimère des délires d'un guitariste de rock post-mathématique (le groupe Chevreuil pour les initiés) avec sa propre mythologie baroque et ses rencontres artistiques diverses, ce disque qui semble venir d'un autre lieu à la fois glacial et attirant et d'un autre âge règle son compte au conformisme avec aisance. Il y a de la sueur, du charbon et de la poudre magique dans l'air et j'aime çà.
Attention groupe français, musique un peu atypique, bougez-vous les pieds et le porte-euros...
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 2/5: No pain, no gain !
Mélodies 2/5: plus ambiances que mélodies
Longueur des morceaux 4/5: C'est concis, c'est bon
Passerelle vers post-rock, math-rock et vers des endroits enchantés
23:19 Publié dans chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, rock
09.01.2008
Richard Leo Johnson & Gregg Bendian "Who knew Charlie Shoe" C'est avec les vieilles cordes que l'on fait la meilleure musique
La pochette est un peu étrange, un dessin d'enfant avec deux vieux étranges personnages dedans. Elle reflète pourtant à la perfection la musique de ce disque incroyable. Ce voyage avec les personnages imaginaires Charlie Shoe (Richard Leo Johnson, guitariste brocanteur qui déterre les vieilles grattes guimbardes sur eBay pour les faire sonner comme jamais) et Junk Fish (Gregg Bendian persussionniste/bruitiste de génie, de la trempe des Nana Vasconcelos) est un pur bonheur, simple, naif, émouvant.
21 photographies sépia d'une Amérique pas si vieille mais qui semble tellement loin de nous. Il y a des vieilles granges, des pancakes, des barbelés, des parties de pêche et des messes dominicales ennuyeuses. Johnson sort des mélodies avec une insolente décontraction, passe par toutes les caractéristiques du jeu de guitare acoustique qu'il maitrise à la perfection, Bendian plante le décor, et au total, ce n'est plus du talent c'est de la magie. Pas assez de temps pour voyager ? Essayez Charlie Shoe...
When I met Chet
First Breath in a Bean Field
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: Des idées, des petits bruits, du bonheur
Mélodies 5/5: On a l'impression de les connaitre déjà
Longueur des morceaux 5/5: 21 petites histoires qui ne s'éternisent jamais
Passerelle vers folk, country, musique concrète...
11:59 Publié dans chroniques: Rock pour tous, Et en plus y'a du folk | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
30.11.2007
Svinkels "Bons pour l'asile" Une bière, un(e) beat, un rot, un flow.
Je n'ai pas une grande expérience, ni une grande connaissance du milieu hip-hop. Mais quand on croise un groupe comme Svinkels, ainsi nommé en hommage à une bonne bière bon marché qui mélange les blagues de potaches, des rythmiques de furieux et quelques bons vieux riffs de rock cradingues, je n'ai pas de grande difficultés à me réjouir.
L'humour est aussi gras que les morceaux sont imparables. Bonne humeur et pas de sérieux du tout au service d'une musique loin d'être pourrie suffisent pour apprécier ce groupe qui est plus intéressant que Sevan de la StarAcacademy en matière de culture urbaine.
Véritable punks du XXIe siècle, les membres des Svinkels dont l'innénarable Gérard Baste (infactus à 30 ans, une carrière météorique d'animateur sur GameOne) nous rendent jaloux, ils sont toujours aussi cons qu'à 17 ans, pourquoi pas nous ?
Le Svink c'est chic - La carte de membres est fournie dans le CD, moi j'hésite à m'inscrire ^^
Ca n'sert à rien Toute la force de la formule, du motif qui arrache dans ce morceau qui résume très bien la situation, quand on a un son qui tue, le reste n'est là que pour le mettre en valeur...
Echelle de facilité d'écoute
Mélodies 2/5: si il y en a , elles sont raffinées come de l'huile de friture
Rythme 4/5: Ca démonte
Longueur des morceaux 4/5: Mais c'est formaté radio çà ^^
Passerelle vers Rock, punk, hip-hop, LeaderPrice
23:15 Publié dans chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
26.10.2007
Wilco "Sky blue Sky" C'est simple, c'est bon
En gardant les bases du rock, des guitares, une rythmique carrée et une voix d'écorché, il est toujours possible de sortir des chansons imparables. Wilco, groupe originaire de Chicago le démontre une nouvelle fois. Ca navigue entre de la pop ultra-léchée et un Neil Young un peu rajeuni. Surtout au milieu de tout çà, il y a Impossible Germany, un des plus beaux morceaux que j'ai entendu ces derniers temps.
Quand beaucoup s'embourbent dans les références trop lourdes et se figent dans de pathétiques imitations, Wilco avec les mêmes instruments s'élève sans forcer au-dessus de la mêlée...
Impossible Germany (Ah, ce solo de guitare à peine technique, rugueux, un contrepoint divin, et hop, je pars, c'est pas plus compliqué..)
12:54 Publié dans chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
10.10.2007
Robert Wyatt "Comicopera"... Mais pourquoi vole-t-il si loin au dessus de nous ?
Voilà, Robert Wyatt sort un nouvel album, et comme par hasard, le miracle est encore au rendez-vous. Mélodies claires, polyphonies de poches envoutantes, atmosphère divine. La musique de Wyatt est toujours neuve (Qui peut en dire autant ? Zappa, Davis, Coltrane, Zorn, Young et pas beaucoup d'autres...), lui viellit, mais plus çà va, plus j'ai l'impression qu'il ne mourra jamais. Regardez-le, c'est la sagesse incarnée, ce regard bienveillant qui semble dire au monde et au sort (enfin, plutôt à l'alcool pour être honnête) qui l'a posé dans un fauteuil roulant: "Je m'en fous, je suis heureux". Il était un batteur exceptionnel au sein de Soft Machine, depuis Rock Bottom, il s'est métamorphosé en ange.
Et faisant bien les choses, surement pas par hasard d'ailleurs, il y a une reprise de Hasta Siempre dans Comicopera. Je suis persuadé que le Che aurait apprécié...
Hasta Siempre Comandate
Et pour ceux qui ne connaitraient pas encore Robert, comment ne pas recommander aussi Shleep, 10 années au compteur, et toujours aussi magique...
Maryan Cette mélodie, une des plus douces que je connaisse, Wyatt l'emprunte au génial et sous-estimé guitariste belge Philippe Catherine, qu'il conviendra de ne pas confondre avec un adepte des caleçons moulants...
Blues in Bob Minor
16:06 Publié dans chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
02.10.2007
Shibusa Shirazu Orchestra - le bonus japonais du jour
Etant donné que les japonais sous amphetamines de Z semblent avoir un peu la côte, je prolonge un peu le délire nippon avec le Shibusa Shirazu Orchestra.
Aussi barjots que leurs copains, eux, ils s'éclatent plutôt avec un gros big-band mais du genre un peu spécial. C'est entre le grand orchestre du splendid, Sun Ra et Fela, les connaisseurs apprécieront. En concert en plus des musiciens, c'est danseurs, peintres et tout le tintouin sur scène et il parait que c'est juste hallucinant.
Donc, ici un petit extrait tout en démesure, et après, promis, je reparle de trucs plus..... calibrés dirons-nous.. ^^
Bon allez, j'avais dis un, mais j' en rajoute un autre, j'ai pas pris l'abonnement premium pour rien !! Vive la Love Parade Shintoïste déglinguée !

21:05 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ?, chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
30.09.2007
Z "Mikabe" Le punk est mort, vive le free-punk !
Z, un nom de groupe définitif, intrigant. Une pochette qui n'en dit pas vraiment plus. Quand on ajoute en plus le fait que ces jeunes gens viennent du Japon, on commence à prendre réellement peur. Car au Japon, ils n'ont pas vraiment peur d'y aller à fond quand ils font des disques. Ici aussi, c'est du zéro compromis.
Pour simplifier on pourrais résumer leur musique par: chant punk bien faux comme il faut, saxo qui couine et rythmiques et guitares en fusion. Du lourd, je vous dit !
Moi j'adore, mais pour le coup, ca peut en dérouter pas mal, je pense... Enfin, moi, je crois en la capacité de chacun d'apprécier toutes les musiques donc, je vous fais confiance...Alors cette rage, ces cris ces envies de faire un peu n'importe quoi, mais pas n'importe comment, ca se retrouve un peu dans le free-jazz. Ici mélangée à cette bonne vieille fée électricité, vous pouvez rentrez ainsi dans le monde obscur de ces musiques non conventionnelles qui ne demandent qu'à être écoutées par des oreilles ouvertes à l'inédit...
Gohyaku Manyen (ah oui, en plus ca dure 10 minutes ^^)
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: C'est pas là le pire...
Mélodies 1/5: Ca passera pas l'école des fans çà...
Longueur des morceaux 2/5: ben oui, ca dure un peu aussi.
Passerelle vers punk, groupes nippons barrés, free.
20:30 Publié dans chroniques: Rock pour tous, Comment écouter du free-jazz en 10 leçons | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
22.09.2007
Bell Oeil hurle tout... Léo, la nouvelle sombre scène française
Le nom de Bell Oeil me disait très vaguement quelque chose. Enfin très très vaguement. Enfin, à vrai dire, si je n'avais pas été amusé au milieu d'un bon vieux dépôt-vente de province par la présence de ce disque à côté de celui de Barbelivien qui lui aussi s'est cru autorisé à reprendre Léo Ferré, je ne l' aurais peut-être jamais écouté. Faut dire que je suis assez intransigeant niveau Léo. Pour moi, c'est le plus grand, le meilleur, mon champion, mon ananar. Je hais a priori le premier qui ose se comparer à lui. Et je méprise ceux qui comparent d'autres chanteurs approximatifs à Léo Ferré par facilité et ignorance. Je méprise aussi ceux qui, engagés dans de pauvres révolutions rouge pinard se réclament de sa révolte. Enfin bref, moi faut pas me faire chier sur Léo Ferré.
Et bien je fus tout surpris de vraiment prendre un bon gros méchant pied avec ses relectures agressives et noires de dix de ses chansons. D' abord, mis à part Vingt ans et Les Etrangers, pas trop de grands classiques redondants, mais des airs moins connus qui feront comprendre que Léo, il ne savait pas faire de médiocre. La moindre de ses rimes renvoie à l'école toute la nouvelle scène qui nous envahit (au hasard Rose...). Bell oeil garde l'esprit, n' a pas peur de faire dans l'excès. Des guitares bien aiguisées, des murs de sons, des alexandrins balancés comme des slams cradingues, et la sacrée prétention d' apporter un petit truc en plus. Oh les cons, ils y sont arrivés...
NB: Je méprisais aussi Cali depuis pas mal de temps, mais le fait de le voir bien mis en évidence dans les remerciements du groupe, m'oblige à reconnaître qu'à défaut d'être un grand chanteur, celui-ci au moins, n'est pas sourd.
Mr William
T'es rock Coco - Bon là, c'est le pompon, je n'aimais pas trop l'original et j'adore cette reprise...
A mon enterrement Ca j'adore aussi, c'est cadeau
Echelle de facilité d'écoute
Mélodies 4/5: pas une ride, chantéees, slamées, peu importe
Rythme 3/5: bien énergiques !
Paroles 6/5: bien oui quand même
longueur des morceaux 4/5: bien calibrés, pas de longueur, 45 minutes environ pour le disque, l'idéal
Passerelle vers rock, chanson française
21:29 Publié dans chroniques: Pour la chanson, quelle direction ?, chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
15.09.2007
General Electrics "Cliquety Kliqk" Le french bidouilleur
Le français, il a toujours quelque chose en plus. En amour en rugby, ou en musique, on se plait à se croire unique et après on s'étonne que les autres nous trouvent arrogant. Etrange non ?
En ce qui concerne la musique, on appelle celà la french touch. Personne n' a jamais bien su définir ce que c' était mis à part que ca venait de France et que le terme faisait passer les pires daubes venant de l' hexagone pour les derniers raffinements à posséder chez les anglais... Mais parfois, on a bien l' impression qu' il y a un petit truc en plus. Prenez General Electrics. Derrière ce pseudo se cache un petit français bidouilleur qui fait tout seul une étrange mixture envoutante. Un univers assez unique. Une sorte de Michel Gondry de la musique en somme. Installé aux Etats-Unis mais remarqué par l' excellentissime label d' Amiens Label Bleu. Le jeune homme se joue des traditions, s' amuse, klaxonne, raconte des histoires sans queue ni tête mais enchanteresses. Ca doit vraiment être çà la french touch...
C'est l' introduction (mode d'emploi pour musique facile)
Facing that void (Quel sens du groove minimaliste hip-hoppeux !)
Echelle de facilité d' écoute
Rythme 4/5: Groove baby groove
Mélodies 3/5: Rien de fabuleux certes
longueur des morceaux 4/5
Passerelle vers électro, hip-hop
23:20 Publié dans chroniques: Et les nouvelles musiques ?, chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique
29.08.2007
Clogs "Lantern"... Le post-rock de chambre ou la véritable petite musique de nuit
Le soir arrive, il fait sombre, le sommeil n' est pas encore tout-à-fait prêt à s' emparer de vous... On a envie d' avoir une petite couverture sur ses épaules, d' un visage tendre à regarder et d' un thé trop chaud à déguster. Et comme musique me direz-vous ?
Eh bien le disque de la formation Clogs qui allie avec gout mélodies douces, percussions sensuelles et musique de chambre devrait faire merveille. Quelquefois, la musique nous transporte, pleine de puissance, on s' envole avec elle. Ici, c' est le contraire, avec Lantern, la musique nous engloutit, on passe littéralement à travers la moquette. C' est assez indéfinissable comme sensation, mais c' est à la la portée de tous !
14:44 Publié dans chroniques: pour le classique, y' a un hic ?, chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique



