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23/05/2012

Björkenheim, Laswell, Agren "BLIXT" - Power Brio.

blixt.jpegFaire du neuf avec du vieux, grâce à une formule épouvée mais toujours actuelle (guitare, basse, batterie), et aussi dans le cas présent, faire du neuf avec des vieux (le look des barbus joufflus à chapka Bjorkenheim et Laswell mérite le coup d'oeil), voici le résumé de Blixt, joyau gras et sombre sorti chez Cuneiform Records.

Bill Laswell, le bassiste baroudeur au groove agressif connait bien ces trios déjantés. Déjà au sein de Massacre avec Fred Frith à la guitare, il avait expérimenté les élucubrations osées, le RIO, le free-rock déglingué. Similaire dans la forme, le groupe de Raoul (!!) Bjorkenheim ne garde cependant que le gout du risque et du gros son. Beaucoup plus orientée vers le metal et ses riffs brutaux, cette rencontre tire sa force par son aspect charpenté, gras et épais. Et au final cet album, fruit du travail de trois musiciens adeptes du metissage et de l'écoute mutuelle tient autant de la jam session dopée aux amphétamines que de l'exercice d'improvisation et se révèle un formidable exemple d'équilibre musical.

21/01/2011

Au concert de 'Godspeed You! Black Emperor', Bougez avec le Post !

Godspeed-F-A-Infinity-300x300.jpg"Culte, culte, culte. On veut du culte !"

Voilà approximativement comment on pourrait résumer l'état d'esprit de la foule réunie vendredi 14 janvier à la grande Halle de la Villette pour assister au retour du groupe phare d'un mouvement musical obscur. Les Canadiens de Godspeed You! Black Emperor (GY!BE pour les intimes, attention à bien placer le point d'exclamation à l'endroit idoine) sont en effet les pionniers (parmi d'autres) du post-rock, appellation batarde d'un style musical non moins confus, mais globalement placé sous le signe de morceaux longs, de grandes montées en puissance mystiques et d'instants passés allongé sur le canapé, le casque aux oreilles et le son à fond pour bien gouter l'expérience présente.

En quatre albums (entre 1997 et 2002), globalement tous basés sur le même concept et la même ferveur, le groupe de Montréal a réussi à se former une réelle identité, un peu rock, un peu engagée, un peu communautaire. Tenant un peu de la célébration païenne, leurs concerts sont de véritables moments de partage avec le public, qui pour apprécier au mieux ces instants, devra débrancher son cerveau pour laisser ses tripes prendre le pouvoir. Alors quand le groupe se reforme, la nouvelle se répand vite. Voire Godspeed You! Black Emperor et mourir ou presque. L'attente a créé le désir et la grande halle se retrouve bondée de trentenaire pas vraiment rebelles.

Un homme, perdu dans ses bandes Super 8 au milieu de la salle, se bat avec d'antiques machines pour faire défiler en fond de scène des images illustrant les cavalcades des huit musiciens. Incendies, explosions nucléaires, documents divers se multiplient pour accompagner la lente et inexorable progression qui transforme en quinze minutes une rengaine simplissime au violon en démonstration de force rythmique et sonore. L'importance de l'effectif du groupe permet d'amplifier sans cesse la puissance sous-jacente contenue dans ces quelques intervalles répétés à l'infini. La mystification est complète, même si le tour de magie reste le même et se répète pendant plus de deux heures (on fera abstraction de l'introduction déroutante, quinze minutes de larsens en superpositions entre Xenakis, Merzbow et n'importe quoi mais en pas terrible si on ne ferme pas les yeux). Au bout de trente minutes, c'est fascinant. Au bout d'une heure, c'est génial. Au bout d'une heure trente, c'est un retour accompli. Au bout de deux heures, les mecs qui te poussent les bras chargés de binouzes ou les couples jouant la faufilade en se tenant pas la main commencent à te gonfler, surtout que ton dos accuse 30 ans passés et que tu es planté sur place depuis quelques heures. Au bout de deux heures trente, on remercie l'éclairagiste de nous épargner un rappel qui n'aurait rien apporté à la prestation de la formation. Allez, c'est fini, tout le monde rentre au bercail.

En fait, le plus étrange reste le fait que huit ans après son retrait de la scène, aucun groupe n'avait vraiment réussi à occuper la place laissée vide par Godspeed You! Black Emperor. Sans doute parce que leur musique, à défaut d'être révolutionnaire ou ambitieuse, est incroyablement honnête et basée sur une vraie histoire entre leurs membres. Plus qu'une histoire de technique ou de virtuosité, c'est avec leur humanité que les Québecois tissent un vrai lien entre eux et avec leur public. Et rien que pour cette approche singulière de la musique, il fallait assister à ce concert.

The Dead Flag Blues (histoire de se faire une idée)
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14/10/2009

Alain kan "Et Gary Cooper s'éloigna dans le désert" le glam à la française

kan.jpgAvant que David Bowie et son glam-rock ne débarque en France, Alain Kan menait une carrière discrète, cachant sa singularité derrière des petites chansonnettes innocentes. Mais dès que la multinationale du maquillage arriva dans l'Hexagone, le timide garçon se changea en créature androgyne et subversive. Sa voix escalada les octaves pour donner vie à un immense cabaret décadent au coeur duquel il tronait. En 1975, Laurent Thibault, venu de Magma lui concocte un album qui sent le stupre et le LSD. Toute la ménagerie tirée de l'imagination malsaine et magique de Kan sort les griffes sur des lignes de basses poisseuses comme un dancefloor à 5 heures du mat. Il monte, il rit, il pique une méchante descente ("Hollywood Suicide"), et joue son spectacle grandiloquent. Quelques années plus tard, il trouva dans la rebellion punk l'occasion de mettre en avant son art sans concession. Etrange, presqu'intouchable, Alain Kan finit pas disparaitre comme un de ses personnages en s'évaporant après avoir été aperçu dans une station de métro. Son beau-frère Christophe considère qu'il est juste parti en tournée, en tout cas  s'il revient il a interet à ressortir un disque aussi fascinant que "...Et gary Cooper s'éloigna dans le désert". Je l'exige.

Le premier bébé de Lady Star Lune (y'a Starmania qu'a mangé trop d'acide)
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Nadine, Jimmy et moi
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10/09/2009

Akron/Family "Set' em Wild, Set 'em Free" le feu de camp passe à l'électrique

akron.jpgIl m'arrive de moins en moins souvent d'acheter des disques juste après les avoir écouté dans une grande surface. Le plus souvent l'expérience tourne court, les specimen choisis pour faire office d'appat à la population sont souvent assez fades à mon gout, mais parfois, la bonne surprise peut surgir du casque.

Akron/Family par exemple, un trio qui non content de pomper le concept de "grande famille musicale" à Sly Stone lui pique aussi l'idée le drapeau américain sur la pochette fait partie de ces divines révélations. Rien de révolutionnaire, juste des chansons baties sur les bonne fondations du folk nord-américain qui se transforment souvent en célébrations paiennes et enjouées. Il y a un peu de A Mt Zion dans ce groupe, un esprit fraternel, des chants en choeur et on l'imagine, un leader charismatique faisant craquer les filles quand il ouvre négligemment sa chemise à carreaux.

En tout état de cause, Set'em Wild, Set'em Free est un disque bon et honnête. Sans chercher à jouer au-dessus de leurs moyens, la famille à Akron rassemble toutes les bonnes énergies qui gravitent autour d'elle, et ca fait du bien.

Everyone is Guilty
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River
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02/03/2009

Jamie Saft "Black Shabbis" BEUARRRH aussi... Mais avec classe !

black.jpgJ'ai essayé pas mal de disques pour m'initier aux plus sombres musiques de cette terre. Des noms erraient dans mon esprit... Marduk, Dimmu Borgir ou autres... Et à chaque fois, c'était la déception. Je n'adhérais pas. Pourtant, ils gueulent bien les bougres. Mais il me manquait quelques chose. Ce petit truc, c'est peut-être l'admiration pour l'artiste... On accepte mieux les leçons quand on connait et apprécie son professeur. Et donc quand Jamie Saft, jeune claviériste qui a donné notamment quelques adaptations à tomber de bonheur du répertoire Masada de John Zorn se change en Belzébuth pour exposer son point de vue sur des musiques violentes et glauques, j'avais surement plus envie d'apprécier son travail que celui d'autres.

Mais en tout état de cause, ce disque stupéfiant qui passe en revue à la fois le côté enervé et presque gluant du metal (2 pièces d'une dizaine de minutes qui vous collent au goudron) mérite d'être écouté. Il respire la sincérité, l'envie de balancer une hypothétique chevelure, de gueuler comme un putois, et malgré tout, au milieu de tout celà la musique, dérangeante, fascinante. Nos plus profonds démons trouvent ici de quoi vibrer.

 

Blood
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The King of King of Kings (Avouez-le, avec un tel titre, ça ne peut pas être de la mauvaise musique ^^)
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Echelle de facilité d'écoute

Rythme 3/5: Ca va du bourrin, au mou qui zigzague..

Mélodies 2/5: Ca dépend ce qu'on appelle mélodie, certes. En tout cas, pour chanter très fort, pas de problème ^^

Longueur des morceaux 3/5: Du concis, et du doom à rallonge divin

Passerelle vers metal, death metal, Tzadik