05.11.2009
Pepe de la Matrona, jusqu'où remonte le chant ?
Quand a commencé la musique ? Quand le chant s'est-il distingué de la parole ? Quelles sont les premières berceuses que l'on chantait au fond des grottes ? Sans apporter de réponses, Pepe de la Matrona nous renvoie au coeur de l'ame musicale humaine, entre le cri et le chant. Manuel de Falla parlait de Cante Jondo ou "chant profond" pour évoquer cet engagement qui dépasse de loin les frontières de la musique. Figure historique du flamenco, Pepe de la Matrona avait en lui cet animal, il était d'ailleurs souvent comparé à un fauve et son chant qualifié de préhistorique. A la fois tellement irrégulier et pur que la guitare en devient presque accessoire.
Seguiriya (enregistré en 1963, Pepe de la Matrona a alors 82 ans, et d'après les notes du disques toujours un petit verre de vin au pied de sa chaise)
En écoutant cet essentiel andalou, on comprend pourquoi comme par magie, le flamenco et la musique qawwali peuvent se lier avec un tel bonheur. Flamenco Qawwali est un coffret de musique brulante. L'association des deux cultures semblait fonctionner comme par miracle à la première écoute. En découvrant le Cante Jondo de Pepe de la Matrona, l'évidence s'impose aux oreilles. Ces musiques viennent de très loin, bien au-delà des cultures, ce sont le cri des hommes des femmes qui se battent et qui s'aiment depuis qu'ils existent, elles nous racontent la même hstoire.
12:11 Publié dans En direct de mon grenier, Et la world, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, flamenco
20.04.2009
Steel Band de la Trinidad - "Magie Caraïbes" Les Racines du Soleil
La musique des antilles, c'est un peu comme la boîte de chocolat de Forrest Gump, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. La plupart du temps, sur les pochettes des disques, on retrouve une armée de Funkateers avec coiffure afro et look de guerriers du groove, qui se révèlent en fait être des guerriers... du zouk ! Et même si je n'ai rien contre le zouk, surtout si il y a une jolie métisse qui veut me donner quelques cours, j'étais souvent déçu. J'ai l'impression que ces jeunes gens n'exploitaient pas leur talent comme ils devraient. D'ailleurs, souvent, au mileu de leurs hymnes à l'amour et aux déhanchés, ils enregistraient en douce un petit reggae à tomber. Histoire de bien prouver qu'ils peuvent vraiment te mettre la tête à l'envers, mais que non, eux leur truc, c'est le zouk, le merengue et tout ça.
Mais malgré tout, il ne faut jamais perdre espoir, et c'est en fouillant au coeur d'une musique plus traditionnelle que j'ai trouvé mon bonheur. Les Steel Band, armés de leurs casseroles géantes à calypsos, portent en eux un autre message, une autre vision du soleil et des îles. On sent encore un peu la souffrance derrière tout celà, on retrouve des ambiances un peu désabusées. Et au milieu des envoutantes sonorités cristallines de leurs compositions envoutantes, le Steel Band de la Trinidad a aussi commis deux titres assez fantastiques, une reprise de Summertime et un morceau de proto-reggae triste indescriptible. Voilà un achat qui compense à merveille les dizaines d'antilleries dansantes qui végètent dans un carton.
18:25 Publié dans En direct de mon grenier, Et la world, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, musiques du monde
15.10.2008
Secret Chiefs 3 "Xaphan", le disque qui plait à tout le monde... ou presque
Secret Chiefs 3 est un groupe plutôt très hétéroclite de petits prodiges dirigés par le non moins doué Trey Spruance. Ils mélangent Ennio Morricone, le clavinet, les grosses rythmiques qui font peur, et ici, Masada oblige, le folklore klezmer. Car depuis que le grand manitou John Zorn a sorti de sa manche quelques dizaines de nouvelles mélodies, ça se bouscule au portillon pour faire partie du grand barnum Book of Angels, à savoir une série d'albums classieux chacun réalisé par un artiste ou groupe gravitant de près ou de très près autour du maitre. La liberté est totale, on prend les partoches et en avant mon kiki, fait tourner les synthés, l'ocarina ou la flute à trois bras, la confiance est totale.
Force est de reconnaître que la qualité globale de ces enregistrements est plutôt ahurissante. Mais un disque me titille un peu ces derniers temps, c'est donc le volume 9 (vous suivez toujours ?) de nos bien aimés SC3. Parce que j'en ai entendu tellement de bien, louanges du métissage, de la prise de risque ultime et autres que je me sens frustré de ne pas en profiter autant. En fait, je n'aime pas trop quand le grand mélange, est un argument en lui-même de qualité. Un autre groupe très fort pour faire se pamer la faune hype est Sleepytime Gorilla Museum, la musique restant à l'image du nom du groupe, ça part dans tous les sens et pas mal de Critiques / Chroniqueurs / hommes de goût et d'influence se touchent presque en les écoutant.
Et si je me décide à lacher un petit parpier ici, c'est que nos amis de SC3, à mon humble avis, se fourvoient en pensant que le grand mix mondial sera leur salut. Car quand ils prennent juste les mélodies originelles pour les mettre en valeur, ils possèdent de vraies qualités musicales, une cohérence passionnante et une sorte de naiveté enfantine qui leur va mieux que les costumes d'apprentis sorciers. Au coeur, de ce disque se trouve un morceau très touchant, ça commence comme le générique de Thalassa 2012 et se termine avec des relents hypnotiques de Capitaine Flam. Toujours au service du matériau de base au lieu de le transformer en prétexte à délires (fussent-ils convaincants), ils réalisent un peu ce que j'attends très égoistement d'eux, un groupe d' allumés géniaux à faire écouter dans les crèches et les maternelles.
Alors, je vous offre 2 morceaux, un que je trouve trop brouillon (mais quand même bon), et cette perle en fraise Tagada, merci de me dire ce que vous préférez... ^^
Shoel
Barakiel
25.10.2007
Trio Mediaeval "Folk Songs" quelques grammes de finesse nordique dans un monde de brutes
Les belles harmonies de la Renaissance, ses chansons, ses costumes ? Vous aimez tout celà ? Et bien vous gardez le tout, vous faites 3000 kilomètres vers le Nord et avant de déguster votre gros sanglier roti dans une cheminée monumentale, vous appelez le Trio Mediaeval, jeunes femmes qui seront ravies de vous accompagner avec leurs voix de fées. A leur cotés un percussionniste / joueur de guimbarde colorera un peu le tableau et vous pourrez vous enivrer de ces petites perles de la culture populaire norvegienne.
En vingt petites ballades dans la neige, on anticipe un peu l'hiver. On rallume le chauffage, on fait attention à l'intoxication au monoxyde de carbone et tout, et tout...
Det Lisle Banet
Eg Veit I Himmerik Ei Borg
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: Pas vraiment marqué, on se laisse porter
Mélodies 5/5: Quels fins entrelacs que voici...
Longueur des morceaux 5/5: 20 morceaux, une heures à peine, çà roule
Passerelle vers: musique folklorique nordique, polyphonies, musique ancienne
17:55 Publié dans chroniques: pour le classique, y' a un hic ?, Et la world, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, libérez la musique



