12.04.2008
Melingo "Maldito Tango" Tango Crado, Tango Bravo !
Ce n'est pas dans la forme que le dernier album de Melingo est sale, c'est dans le fond. Car même si le chanteur argentin se compromet un peu avec quelques sonorités qui ne sonneraient pas très agréablement aux oreilles de Carlos Gardel, c'est surtout dans le fond de lui même qu'il va chercher de quoi rendre ce disque passionnant.
Montrant avec obscénité ce qui lui donne la force de se mettre à nu, Melingo joue avec ses cordes vocales comme d'autres jouent avec des armes à feu. Tellement démonstratif qu'on en vient à être géné de l'écouter simplement assis dans son fauteuil, sa démarche rappelle Peter Hammill, autre fou chantant de livrant entièrement à la musique. La musique de Melingo, elle n' a pas besoin d'être décrite. Elle puise sa force dans les racines du tango, dans le regard plein de défi, dans cette transe sexuelle et animale qui semble parfois commander aux adeptes de cette religion singulière.
Echelle de facilité d'écoute
Mélodies 4/5: Le tango c'est beau
Rythme 3/5: C'est du tango
Longueur des morceaux 3/5: Juste un playdoyer de 12 minutes un peu plus long (et superbe) pour finir.
Passerelle vers tango, world-music
00:46 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, jazz
07.03.2008
Nagui et la musique, çà devient sérieux !
Bon, dans un temps assez lointain, j'avais écrit que je trouvais que Nagui ne s'y connaissait pas trop en musique. Pour être plus précis, il n'a absolument aucune vision "globale" de la musique. Rolling Stones VS Beatles et basta !
Cependant, je suis pas contrariant, je continue à regarder ses émissions, ou du moins à les apercevoir. Histoire de voir si il y a des bons invités à Taratata. C'est de plus en plus rare, mais çà arrive. Par contre, quand çà sort des clous, le Nagui navigue à vue. SOS les fiches, appelez la sécurité, y' a un intrus qui essaie de parler d'autre chose !
Donc, quand Sean Lennon est tout fier d'annoncer au plus grand animateur musical du monde qu'il a travaillé avec John Zorn, il est un peu surpris quand celui lui répond "JazzHorn ? Connait pas". Après y'a toute la classe britannique du Sean qui sauve le coup d'un surprenant "Non, en fait, il est connu seulement aux USA". Oui, on va dire çà, Nagui commençait à prendre l'inculture de son public à témoin pour se justifier. Ca devenait drôle.
Mais il n' était pas à son coup d'essai. Déjà lors de son bizutage à Canal Plus, il s'était surpris à évoquer Coltrane et Miles Davis avec un invité. En fond sonore, un impétueux se croit autorisé à balancer "So What" de Miles Davis, son morceau le plus connu ou pas loin... Réaction immédiate du Nagui "C'est Coltrane çà ?" Ben non, c'est pas lui, c'est l'autre. C'est pas grave de confondre, tout le monde ne s'y connait pas en musique.
Voilà, c'est juste méchant, je l'avoue.
Mais hier, Nagui, qui passe pour un grand connaisseur de rock auprès des plus de 70 ans a carrément torpillé une candidate de son jeu "Tout le monde veut prendre sa place". Cà commençait pourtant, bien, ils ont passé un extrait de "Love is all"
Donc, j'en reviens à mon postulat de départ. Nagui est un sinistre blaireau.
12:21 Publié dans Le Défouloir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, jazz
06.03.2008
"Greaves Verlaine" Goûter l'absinthe à Canterbury
Le graphisme magnifique annonce la couleur de façon on ne peut plus honnête. John Greaves, membre de feu Henry Cow, Kew Rhone et autres formations gentiment barrées des années 70 met en musique les textes du génial Paul Verlaine. Greaves, c'est un peu un Jane Birkin à testicules, il habite depuis 25 ans en France, mais il n'a toujours pas perdu son accent. C'est probablement parce que çà marche du tonnerre avec les filles, çà peut surprendre un peu ou horripiler certains, et çà donne une couleur assez particulière à l'ensemble.
Mais Greaves, c'est surtout un artiste comme on n'en fait plus trop, un amoureux de la musique, de la parole, de la mélodie faussement simple, gentiment sophistiquée, une sorte de Robert Wyatt sans barbe mais toujours sur pattes. Eh oui, John Greaves est un dandy, un dandy avec un physique assez particulier, entre Tom Jones et Daniel Russo, mais un dandy quand même, un pur, un épicurien. On l'imagine sans peine faire usage de la petite cuillère mise en valeur sur la pochette pour essayer d'atteindre quelques paradis artificiels.
Et John Greaves est aussi un musicien accompli. Ce qui fait qu'il peut mélanger dans ce surprenant album, guitares eclectiques, voix douces féminines, harmonica, violons, et tout ce qui lui plait. Il le fait toujours avec goût. Profitons de ces onze petites comptines, comme d'un thé raffiné, cherchons-y ce que nous voulons y trouver, et nous serons heureux ce soir.
Séguidille
Streets
Echelle de facilité d'écoute
Rythme 3/5: des chansons qui divaguent un peu...
Mélodies 3/5: des chansons qui divaguent un peu
Longueur des morceaux 5/5: parfait, pas de longueurs..
Passerelle vers jazz, poésie, chanson
15:58 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ?, chroniques: Pour la chanson, quelle direction ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, jazz
02.03.2008
"Hasta Siempre" de la chanson à l'abstraction
Les reprises, voici un thème porteur. Les reprises attisent la curiosité, déclenchent la haine des puristes et l'émerveillement des plus naifs, comme moi qui a découvert il y a très peu de temps que l'immortelle chanson de Chimène Badi "Je viens du Sud" est en fait à l'origine de Michel Sardou ! Imaginez mon désarroi... Point non négligeable, la reprise permet à Beatrice Ardisson de fourguer des albums aux bobos en passant pour une la reine des compilationnistes. N'oubliez donc pas vos petits disques estampillés "Paris Dernière", merci pour elle.
Parfois, l'artiste lutte avec l'original, le maltraite, cherche à en extraire son propre message. Cette éventualité est rare. La plupart du temps, le copieur cherche avant tout à surprendre, à déclencher la surprise de l'auditeur. Les innombrables reprises punk de bleuettes insignifiantes, ou à l'opposé les relectures classiques de morceaux énervés (comme le très émétisant "Smell like Teen Spirit" de Paul Anka(ca) ) s'imposent donc. Béatrice est contente, çà fait un morceau de plus pour sa compile.
Ici, il sera question du thème mythique "Hasta Siempre" en hommage à Che Guevarra. Je confesse que j' ai longtemps hésité à fournir ici la mémorable interpétation chevaline de Nathalie Cardone...
Voilà, le décor est posé. Si vous voulez commencer le voyage, et si vous ne connaissez pas la version de Robert Wyatt extraite de son dernier album Comicopera, j'ose vous indiquer un petit lien sympa:
Du lyrisme, de la légèreté, les deux barbus s'amusent ensemble, et on approuve !
Mais, en brutalisant encore plus la mélodie relativement inoubliable de l'original, certains jazzmen s'amusent aussi beaucoup, dans un style différent. Sur "Witchi Tai-to" au début des années 70, ce sont 4 amis venus du Nord qui attaquent le monument par la face Nord. Garbarek, saxophoniste qui aura plus tard tendance à un peu se complaire dans un lyrisme excessif se change en Gato Barbieri, et Bobo Stenson au piano donne à cette version un pulsation irrésistible !
Jan Garbarek - Bobo Stenson Quartet
De la version originale, on a gardé le cri et l'envie. Certains, eux ne retiennent que la rage, le combat qui suinte de ce classique. La furie des idées vient souffler à travers les anches du free le plus accompli qu'il soit. La contrebasse de Charlie Haden accompagne les seismes.Ca ne donne pas envie de savoir un peu d'où viennent ces révolutionnaires de la musique ?
21:38 Publié dans Comment écouter du free-jazz en 10 leçons, Pour le jazz, par ou je passe ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, jazz
19.02.2008
Frédéric Goaty m'énerve
Frédéric Goaty dirige Muziq et participe à Jazz Magazine deux magazines que j'achète religieusement et qui sont très bons. J'y découvre plein de trucs, je m'instruis, je me dis que la musique a encore bien des choses à nous offrir, et tout et tout.
En revanche, quand le Frédéric Goaty commence à tremper la plume dans l'encrier, là, çà commence, à moins être l'extase. Un écrivain de science-fiction avait dit d'un de ses collègues (j'ai oublié leurs deux noms, ^^, retranscription approximative):
"X est un excellent auteur, j'aimerais simplement entendre celà sortir d'une autre bouche que la sienne."
Et voilà mon Goaty résumé. Tout ce qu'il fait est très bon en règle générale, mais il en rajoute des tonnes, et pas dans la finesse. Par exemple, si vous lisez un peu ces magazines, vous savez forcément que Miles Davis a dédicacé un de ses disques au grand Frédéric. Si vous n' étiez pas là quand il a narré l'anecdote une première fois, rassurez-vous, il en reparlera en toute simplicité quand il fera l'apologie posthume de Jean-François Bizot. La grande classe. Enorme, çà vous classe un personnage, heureusement qu'il est mort celui-là, sinon il aurait eu du mal à la recaser.
Et quand il parle musique, c'est la même chose, il ouvre l'armoire à adjectifs et roule ma poule. Funk, groove, soul, indispensable, historique, collector (pour en reparler dans 10 ans, si possible avec un autographe dessus), c'est pas difficile, tout est fabuleux, c'est du nivellement par le plafond, on y apprend par exemple à peu de choses près que David Sanborn vaut bien Wayne Shorter, d'ailleurs Sanborn a joué avec Marcus Miller, le bassiste de Miles...
"Je vous ai déjà dit que j'avais rencontré Miles Davis avant qu'il ne meure et qu'il devienne ainsi collector ? Non ? Ce n'est pas grave, le prochain numéro de Muziq sera entièrement consacré à moi et à mes disques, je vais inviter tous les plus grands chez moi, à visiter ma collection pharaonique de disques, ils trouveront des petits trésors, nous en parlerons, et me signeront des autographes... ?"
Le pire c'est qu'il en est capable le bougre.
Enfin, tout çà pour dire que le numéro de Muziq sur la musique africaine avec Fela en couverture vaut le détour, et que le dossier Jazz Magazine sur la spiritualité dans le jazz est étonnament passionnant. Donc, Frédéric Goaty parle souvent de lui, mais c'est pas grave, et si il me laisse tous ces disques, je lui pardonne, car je suis probablement surtout un peu (beaucoup) jaloux...
Et puisque je n'ai pas beaucoup parlé musique ces derniers temps, juste un petit bonus de Leonard Cohen, comme çà, c'est cadeau...
Leonard Cohen - Teachers (désolé pour le son, c'est le vinyl original de 67 ^^)
17:20 Publié dans Le Défouloir | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, jazz
26.01.2008
Mahalia Jackson "Summertime / Sometimes I feel like a Motherless Child" - Le medley avant les autres
Il y a deux morceaux traditionnels de musique américaine que j'aime beaucoup. Ce sont "Summertime" l'immortel thême de Gerschwin multi-repris et "Sometimes I feel like a Motherless Child",le gospel chialant à l'honneur dans nombre de chorales.
Quelle ne fut donc pas ma joie et ma surprise d'écouter ces deux bijoux compilés en un joyau par la grande chanteuse Mahalia Jackson que je tenais jusque là pour une bonne animatrice d'eglise le dimanche (j'exagère quand même un tantinet). Et voilà, ni une ni deux, elle vient se placer en haut de mon panthéon en renouvellement permanent.
Evidemment, je ne peux résister au plaisir de vous faire partager les deux morceaux à l'origine de ce medley (qui est quand même plus réjouissant que les trucs style Delpech Mode (ah ah ah, qu'est ce qu'on se poile) ou Beatallica (qui possède aussi un charme certain, certes)) et ce d'autant plus que je suis tout fier de mon nouveau logiciel pas cher de numérisation des vinyls... ^^
Summertime / Sometimes I feel like a Motherless Child
Summertime (Louis Armstrong & Ella Fitzgerald)
Sometimes I feel like a Motherless Child (Louis & the Good Book) J'adore ce disque, il y a évidemment dessus l'ultraconnu "Let my people go" qui fut repris par Claude Nougaro...
00:20 Publié dans chroniques: la musique black, par où j' attaque ?, En direct de mon grenier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, jazz
27.10.2007
Yaron Herman Trio "A time for everything" un temps pour le talent
Le talent n'attend pas le nombre des années (ou quelque chose d'approchant) dit un proverbe. Par contre, il arrive parfois que le talent attende que Yaron Herman, jeune Israélien installé en France depuis 4 ans maintenant, délaisse un peu le ballon de basket pour le piano avant d'apparaitre...
Et voilà comment après avoir débuté la musique à 16 ans on se retrouve quelques années plus tard, encensé de toutes part, comparé à Jarrett ou Monk... Alors évidemment, on a le droit d'être jaloux. Moi j'ai commencé aussi la musique à 16 ans, et aujourd'hui, je ne joue pas à travers le monde. Mais plus simplement, on a le droit d'admirer la classe et le naturel de ce jeune homme qui sont autant de bénédictions. Alors que Jarrett fait surtout parler de lui pour son refus de voir ses prestations pollueés par des odeurs de graillon ou des photographes amateurs intempestifs, Herman lui joue avec son insouciance et son talent avec à ses côtés un bassiste et un batteur de la même trempe.
Pour les avoir vu hier, devant une salle à moitié vide dans la Vienne envoyer le bois, avec une cohérence absolue, comme un seul homme avant de dédicacer leurs disques (qui sont partis par palettes entières à l'issue de leur performance) plein de gentillesse et de modestie, on ne peut ensuite que s'incliner. Leur musique ? Moderne, émouvante, mélodique, agrémentées de reprises époustouflantes de Bjork, Police ou... Britney Spears. Achetez ce disque, allez voir cet artiste aux faux airs de Christophe Willem qui semble toujours aussi émerveillé par son art, et espérons ensemble que dans 20 ans, il n'aura pas cédé aux sirènes d'un élitisme puant qui bouffe le jazz par la racine depuis un certain temps... Mais pour avoir échangé quelques mots avec lui, franchement, çà m'étonnerait.
Toxic (ah Britney tu a vu ce qu'on fait de ton oeuvre...^^)
Army of me
Echelle de facilité d'écoute
Mélodies 4/5: très accessibles, on dit catchy des fois aussi ^^
rythme 3/5: çà passe un peu partout, mais y'a des bons moments bien dans l'esprit rock
longueur des morceaux 3/5: là aussi, rien de trop long...
Passerelle vers jazz
16:40 Publié dans chroniques: Et pour le jazz, par où je passe ? | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jazz, musique, musiques



