Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/01/2010

Nathalie Natiembé & Bumcello "Karma", ouvrez vos chakras à la grande musique du monde

karma.jpgNathalie Natiembé avait fait un peu parler d'elle, il y a déjà cinq ans de celà quand son précédent disque Sanker avait enthousiasmé la critique. Cette femme a tout pour fasciner: une attirance quasi-animale pour la musique qui a conduit cette mère de famille à pénétrer au plus profond du maloya réunionnais ou une engagement artistique intense qui l'a poussé à se prendre des cuites pour mieux comprendre les bleus de l'âme de son île. Comme Danyel Waro, Nathalie Natiembé n'a pas d'équivalent en France, comme lui elle peut avec un tambourin et sa seule voix captiver un auditoire. Sans être créole, sans la comprendre la poésie de ses mots nous transperce.

Vincent Segal et Cyril Atef n'ont pas non plus beaucoup d'équivalent sur notre territoire. Ils détruisent avec Bumcello toutes les petites cases musicales, rendent la musique savante accessible et la musique accessible presque savante. Le violoncelle du premier, les percussions animales de l'autre et surtout la recherche de l'essentiel, le plaisir brut, la puissance d'une mélodie qui te poursuit toute la journée, une longue complainte au violoncelle ou un beat destructeur qui rend impossible la station assise, tout celà est leur ordinaire.

La rencontre de ces trois musiciens est aussi exceptionnelle que prévu. Le côté animal du batteur réveille la lionne rock, presque punk qui sommeille dans les entrailles de Nathalie Natiembé, alors que le violoncelle de Vincent Segal sublime sa sensibilité, sa voix faite de puissance et de soleil. Un pur moment de plaisir et d'écoute mutuelle...

Karma
podcast

Hkdododansing
podcast

16/09/2009

"A Bad Donato", la méchante usine à sample... n'est-ce pas mr B...

donato.jpgTout cet album pourrait se retrouver vite fait bien fait découpé en petites rondelles et multiplié à l'envi dans des milliers de disques de hip-hop. Il y a dans cette perle datant déjà de presque 40 ans la quintessence de la musique d'alors. Un appel au sexe et à la sueur tout en rythme. Joao Donato, brésilien et grand défricheur d'une musique mi-funk mi-jazz de son état avouait lui même avoir commis un disque presque indécent puisqu'il déclarait:

"And I made the noisiest record I can ever remember making."

Celà se passe de commentaire. Même quand il envoie du vent dans les flûtes et de la bossa syncopée, on ressent un appel presque indécent à la séduction corporelle. Ajoutez à tout celà les arrangements d'un Eumir Deodato en pleine forme et vous obtiendrez donc un disque qui réveille vos plus vils instincts, ceux qui vous font tenir debout mais que vous préférez occulter. Pendant 40 minutes, laissez-les prendre le controle.

Lunar Tune (les petites saillies de cuivres me rappellent irrésistiblement le générique de la géniale série Oz, ce ne doit pas être un hasard...)
podcast

The Frog

podcast

Suite à la remarque éclairée d' Alain, je ne peux que vous faire partager la sublime interprétation de ce titre par Jacques Brel lui-même... en 1977... Assez éloquent...

 

10/09/2009

Akron/Family "Set' em Wild, Set 'em Free" le feu de camp passe à l'électrique

akron.jpgIl m'arrive de moins en moins souvent d'acheter des disques juste après les avoir écouté dans une grande surface. Le plus souvent l'expérience tourne court, les specimen choisis pour faire office d'appat à la population sont souvent assez fades à mon gout, mais parfois, la bonne surprise peut surgir du casque.

Akron/Family par exemple, un trio qui non content de pomper le concept de "grande famille musicale" à Sly Stone lui pique aussi l'idée le drapeau américain sur la pochette fait partie de ces divines révélations. Rien de révolutionnaire, juste des chansons baties sur les bonne fondations du folk nord-américain qui se transforment souvent en célébrations paiennes et enjouées. Il y a un peu de A Mt Zion dans ce groupe, un esprit fraternel, des chants en choeur et on l'imagine, un leader charismatique faisant craquer les filles quand il ouvre négligemment sa chemise à carreaux.

En tout état de cause, Set'em Wild, Set'em Free est un disque bon et honnête. Sans chercher à jouer au-dessus de leurs moyens, la famille à Akron rassemble toutes les bonnes énergies qui gravitent autour d'elle, et ca fait du bien.

Everyone is Guilty
podcast

River
podcast

08/05/2009

Blind test, le verdict...

Alors, je sais pas si le jeu a amusé grand monde, mais en tout cas, il y a eu quelques réponses... Donc pour ceux qui voudraient encore jouer, pas de problème, vous fermez vite les yeux et vous passez au paragraphe juste en dessous... ^^

Donc voici les réponses...

 

1. Irma Jackson "You Will Forget"

113407472.jpg

En fait, Larusso avait presque réussit à faire croire que son "Tu m'oublieras" était une création originale... Que nenny !! Irma Jackson, en pleine vague disco sortait ce qui ressemble bien à un tube quand même, même s'il sombra un peu dans l'oubli. En tout cas, j'adore les cordes, l'ambiance "I will Survive" et autres... Non vraiment, j'aime bien...

 

2. Claude Nougaro "A bout de souffle"

Pas mal de bonnes réponses, venues surtout du milieu familial en fait. Un côté très barré, avec des passages d'orgue délicieux... un vrai morceau de progressif en moins de trois minutes... personne en revanche pour citer l'original quand même ultime de Dave Brubeck "Blue Rondo a la Turque"... Vas-y, fonce Claude... !!!

3. Nina Simone "My Way"

Pourrait évidemment concourrir dans la catégorie "surpasse l'original". Beaucoup ont reconnu le titre, peu ont identifiée la grandre prétresse de la Soul(e)...

4. Michel Magne et son grand orchestre "Yesterday" in Les plus beaux slows

Un des extraits qui a suscité le plus de réactions, car si tout le monde a bien identifié Yesterday, il était évidemment plus délicat de savoir à qui on devait cette adaptation en kitschoblaxploitation que je trouve vraiment irrésistible, je dois le dire... Et c'est au coeur d'une compilation au combien ringarde que je suis tombé sur cette pépite. Enfin ringarde à première vue, parce que Michel Magne est tout sauf un perdreau de l'année. Compositeur de musique de films génialissime, il a vraisemblablement trouvé ici un petit job alimentaire... mais pas question de le faire comme tout le monde, on est génial ou on ne l'est pas...

5. Chocolat's "Manha de carnaval"

Bon, c'est la déception, personne pour reconnaitre la mélodie immortelle de Luis Bonfa tirée d'Orfeo Negro ! C'est vrai qu'au milieu de la soupe disco-paillettes des Chocolat's, le morceau perd de sa poésie... Mais quand même, ce morceau existe sous des dizaines de versions différentes, entre l'original, la reprise à la guitare solo de Baden Powell, en flamenco de Paco de Lucia ou en rock fusion de Larry Coryell sans compter les nombreuses versions dançantes sorties par les grands orchestres divers et variés... ^^

6. Spooky Tooth "I am the Walrus" in The Last Puff

Last%2520Puff.jpg

C'est ce qu'on appelle du recyclage express. En 1970, la version des Beatles même pas oubliée, les hippies de Spooky Tooth en sortent une version bien allumée / désabusée / enfumée... j'aime...

 

 

 

 

7. Clook Rivers "I shot the sheriff" in Orgue Hammond Pop

Rivers,-Clook---Orgue-Hammo.jpg

Là, on rentre dans le très lourd... Les adaptations bien crémeuses et assez indigestes, mais non dénuées d'un certain charme... L'original est bien sur Bob Marley, pas de ce fumiste de Clapton.^^ Bon point quand même pour la pochette un peu psyche, on prend le bonheur là ou il se trouve (et encore, je vous ait épargné le kung-fu Fighting version orgue en furie...)

 

 

8. Salsoul Orchestra "Salsoul 3001" Nice 'n' Nasty

DSC05881.JPG

On continue dans le kitsch ultime avec cette resucée d'Also Spracht Zarathrustra" de Strauss immortalisée evidemment par Stanley Kubrick dans "2001 l'Odyssée de l'Espace". Soyons honnête, le principal interet de ce disque reste evidemment sa superbe pochette dépliante.. encore un truc qu'on peut plus faire avec les CDs...

 

 

 

 

 

 

9. Amii Stewart "Light My Fire"

Là j'avoue, ça devient disco ringardos hors concours... Mais une fois de temps en temps ça passe très bien.

Un gros big up à Jean-François, qui est le seul à avoir identifié cette reine de la boule à facettes....

10. Grace Jones "La vie en Rose" Portfolio

Grace_Jones_Portfolio.jpgCette reprise disco-love m'émeut profondément. Malgré la boite à rythme en plastique, on découvre une chaleur langoureuse érotique qui envahit l'espace, cette petite guitare, puis la voix discrète (pour une fois) de Grace Jones... Comme je n'aime pas vraiment Edith Piaf, je n'ai aucun mal à la préférer et de loin à l'original...

 

 

 

11. Bob Dylan "Along the Watchtower"

Etant donné que j'ai longtemps cru que c'était une composition de Jimi Hendrix, je fais ici repentance... C'est quand même une sorte de perfection ce morceau...

12. Jean Musy "Unchain My Heart"

22103.jpg

Encore une reprise toute en orgue estampillée 70's. Jean Musy a joué dans beaucoup de disques de reprise vite dédaignés. mais parfois, Jean Musy tel Hulk, se transforme en "Gene Musaye", et fait péter les bons vieux clichés un peu funk soul, comme dans cet album en hommage à Ray Charles, car c'est bien lui et non le talentueux pompeur professionnel de Joe Cocker qui en est à l'origine...

 

13. Panama "Long train runnin'"

15263.png

Un boogie funk de la fin des 70's absolument intenable ! C'est une petite bande de français qui se cache derrière tout ça et la pochette aussi, dans le registre exploration amazonienne vaut son pesant de riffs de légende...

 

 

 

 

Et pour finir, le petit bonus qui le fait bien, le grand, l'immense, le seul... Patrick Topalof avec "Qui m'enerve".

2799.jpgSorti sur le label de Claude François "Fleche", le petit Patrick a vite appris les bases de la maison, à savoir, recycler le plus vite possible tout ce qui marche ailleurs qu'en France... Ce petit jerk humoristique qui est en fait une reprise des "Pipkins" en est maintenant quasiment collector...

 

 

Merci à tous ceux qui ont participé, et peut-être à bientôt si je retrouve un peu d'inspiration...

 

 

 

20/04/2009

Steel Band de la Trinidad - "Magie Caraïbes" Les Racines du Soleil

107932207.jpgLa musique des antilles, c'est un peu comme la boîte de chocolat de Forrest Gump, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. La plupart du temps, sur les pochettes des disques, on retrouve une armée de Funkateers avec coiffure afro et look de guerriers du groove, qui se révèlent en fait être des guerriers... du zouk ! Et même si je n'ai rien contre le zouk, surtout si il y a une jolie métisse qui veut me donner quelques cours, j'étais souvent déçu. J'ai l'impression que ces jeunes gens n'exploitaient pas leur talent comme ils devraient. D'ailleurs, souvent, au mileu de leurs hymnes à l'amour et aux déhanchés, ils enregistraient en douce un petit reggae à tomber. Histoire de bien prouver qu'ils peuvent vraiment te mettre la tête à l'envers, mais que non, eux leur truc, c'est le zouk, le merengue et tout ça.

Mais malgré tout, il ne faut jamais perdre espoir, et c'est en fouillant au coeur d'une musique plus traditionnelle que j'ai trouvé mon bonheur. Les Steel Band, armés de leurs casseroles géantes à calypsos, portent en eux un autre message, une autre vision du soleil et des îles. On sent encore un peu la souffrance derrière tout celà, on retrouve des ambiances un peu désabusées. Et au milieu des envoutantes sonorités cristallines de leurs compositions envoutantes, le Steel Band de la Trinidad a aussi commis deux titres assez fantastiques, une reprise de Summertime et un morceau de proto-reggae triste indescriptible. Voilà un achat qui compense à merveille les dizaines d'antilleries dansantes qui végètent dans un carton.

Summertime
podcast

L'homme à la grosse tête
podcast