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23/12/2009

Sylvia Desayles "Seville" 2'35 de douceur

desayles.jpgDe Sylvia Desayles, je ne sais rien. Elle est américaine, elle a débarqué en France au milieu des années 60 et a enregistré ce disque avec des musiciens du cru qui sont tombés sous son charme. Son grain de voix et ses belles envolées ne devaient évidemment pas laisser indifférent ceux qui l'écoutaient. Et puis, comme tant d'autres, elle a disparu. D'elle, il ne reste que ce disque, ces reprises de grands thèmes suaves ("The Look of Love" entre autres) et ces airs créés pour sa voix. Au terme de l'album "Seville" vient endormir l'auditeur, on sent l'Andalousie, la basse hypnotique, les nuits chaudes de l'Espagne, la désillusion de l'amour.

Sans que je ne sache vraiment pourquoi, cette chanson me fascine, me donne envie de voir Seville, de sentir ce désespoir discret qui transpire de la voix de Sylvia Desayles, à jamais oubliée mais qui me semble pourtant si proche... (Désolé pour la qualité de l'enregistrement, le disque accuse un peu aussi ses 42 années...)


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21/12/2009

Johnny Pate "Shaft in Africa" La perle des BO pour la perle des nanars

Shaft_africa_ABCX793.jpgLes bandes originales sont une source inépuisables de perles et de daubes, à l'images des films qu'elles illustrent. Et souvent la qualité du long-métrage est peu en rapport avec celle de la musique, rendant encore plus délicieuse l'exhumation de tels trésors posthumes. En pleine vague Blaxploitation, chaines en or tout le toutim, est ainsi née une des plus improbables suite de film. Shaft était un film emblèmatique, déjà plus reconnu pour le message qu'il porte et la musique d'Isaac Hayes qui le transcende que pour la qualité de son scenario, Shaft in Africa, c'est pareil mais en pire, cascades à mourir de rire et effets spéciaux très spéciaux pour tout le monde.

Mais Johnny Pate transforme avec sa musique ce pauvre nanar en film-culte. Cordes, cuivres, wah-wah et ambiances sexuellement indécentes se battent sur la partition, et Shaft in Africa en devient incontournable, à l'image de films noirs français des années 1970 comme  Dernier Domicile Connu, ce film est maintenant plus connu pour sa musique que ses images. Juste retour des choses.

Un petit cadeau, la bande-annonce très vintage...

 

Et surtout deux morceau pleins de sueur du sieur Johnny Pate:

You Can't Even Walk in the Park
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Shaft in Africa (Addis)
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07/12/2009

Léo Ferré - Psaume 151 - Un morceau qui en fait plus que bien des disques

leo-ferre1.jpgDe Léo Ferré, j'ai longtemps adoré plus que tout "La mémoire et la mer" et sa poésie diaphane. Rien ne pouvait à mes oreilles égaler cette complainte désespérée:  La mathématique bleue, les draps poissés d'aube fine, le chien de mer libéré sur parole, je pensais cette chanson insurpassable. Et pourtant "Psaume 151" me touche d'une façon bien différente et je me sens obligé de confesser qu'elle me fascine au plus au point.

Issue de l'album au titre qui le rend déjà indispensable "Amour Anarchie", cette suite semble pourtant si plate au premier abord. Douze minutes, Ferré raconte tout et n'importe quoi, et puis tous les couplets se ressemblent, il fait des trémolos à n'en plus finir, c'est vraiment too much. Mais une douce machine se met en branle. Déjà derrière la voix, ce n'est pas juste un orchestre, c'est un groupe, un vrai. La basse se balance doucement, et le batteur envoie du petit bois tout en discrétion. Et puis il y a le reste. Ce qui se ressemble est en fait en perpétuel mouvement. Les choeurs, les cuivres, les cordes et le vibraphone donnent à chaque couplet sa propre personnalité, il a des longues mélopées et des coups de poignards dans la partition. Sur ce fond monotone, cette chanson bouge intensément. La musique raconte sa propre histoire, fait vibrer d'autres zones de notre cerveau. D'ailleurs le mien est bien trop petit, jamais je n'ai pu apprécier à la fois les paroles hallucinées et la musique faussement simpliste de ce chef d'oeuvre.

Alors évidemment, quand on parle de Ferré, on ne parle jamais de Psaume 151, trop long, trop tout. Il y a tant d'autres chansons à dévorer, et la plupart sont sublimes. Mais si vous aussi, vous vous laissez envouter par cette chanson, post-rock immobile avant l'heure, intemporel et inclassable, dites vous que vous n'êtes pas seul.


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