Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/01/2011

Au concert de 'Godspeed You! Black Emperor', Bougez avec le Post !

Godspeed-F-A-Infinity-300x300.jpg"Culte, culte, culte. On veut du culte !"

Voilà approximativement comment on pourrait résumer l'état d'esprit de la foule réunie vendredi 14 janvier à la grande Halle de la Villette pour assister au retour du groupe phare d'un mouvement musical obscur. Les Canadiens de Godspeed You! Black Emperor (GY!BE pour les intimes, attention à bien placer le point d'exclamation à l'endroit idoine) sont en effet les pionniers (parmi d'autres) du post-rock, appellation batarde d'un style musical non moins confus, mais globalement placé sous le signe de morceaux longs, de grandes montées en puissance mystiques et d'instants passés allongé sur le canapé, le casque aux oreilles et le son à fond pour bien gouter l'expérience présente.

En quatre albums (entre 1997 et 2002), globalement tous basés sur le même concept et la même ferveur, le groupe de Montréal a réussi à se former une réelle identité, un peu rock, un peu engagée, un peu communautaire. Tenant un peu de la célébration païenne, leurs concerts sont de véritables moments de partage avec le public, qui pour apprécier au mieux ces instants, devra débrancher son cerveau pour laisser ses tripes prendre le pouvoir. Alors quand le groupe se reforme, la nouvelle se répand vite. Voire Godspeed You! Black Emperor et mourir ou presque. L'attente a créé le désir et la grande halle se retrouve bondée de trentenaire pas vraiment rebelles.

Un homme, perdu dans ses bandes Super 8 au milieu de la salle, se bat avec d'antiques machines pour faire défiler en fond de scène des images illustrant les cavalcades des huit musiciens. Incendies, explosions nucléaires, documents divers se multiplient pour accompagner la lente et inexorable progression qui transforme en quinze minutes une rengaine simplissime au violon en démonstration de force rythmique et sonore. L'importance de l'effectif du groupe permet d'amplifier sans cesse la puissance sous-jacente contenue dans ces quelques intervalles répétés à l'infini. La mystification est complète, même si le tour de magie reste le même et se répète pendant plus de deux heures (on fera abstraction de l'introduction déroutante, quinze minutes de larsens en superpositions entre Xenakis, Merzbow et n'importe quoi mais en pas terrible si on ne ferme pas les yeux). Au bout de trente minutes, c'est fascinant. Au bout d'une heure, c'est génial. Au bout d'une heure trente, c'est un retour accompli. Au bout de deux heures, les mecs qui te poussent les bras chargés de binouzes ou les couples jouant la faufilade en se tenant pas la main commencent à te gonfler, surtout que ton dos accuse 30 ans passés et que tu es planté sur place depuis quelques heures. Au bout de deux heures trente, on remercie l'éclairagiste de nous épargner un rappel qui n'aurait rien apporté à la prestation de la formation. Allez, c'est fini, tout le monde rentre au bercail.

En fait, le plus étrange reste le fait que huit ans après son retrait de la scène, aucun groupe n'avait vraiment réussi à occuper la place laissée vide par Godspeed You! Black Emperor. Sans doute parce que leur musique, à défaut d'être révolutionnaire ou ambitieuse, est incroyablement honnête et basée sur une vraie histoire entre leurs membres. Plus qu'une histoire de technique ou de virtuosité, c'est avec leur humanité que les Québecois tissent un vrai lien entre eux et avec leur public. Et rien que pour cette approche singulière de la musique, il fallait assister à ce concert.

The Dead Flag Blues (histoire de se faire une idée)
podcast

08/01/2011

Claudia Solal, Maria Laura Baccarini.... Des voix à suivre

solal.jpghuby.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Elles sont française et italienne, chantent en anglais et rappellent par leurs inflexions Björk ou Sinead O'Connor. Il parait qu'elles joueraient du jaaaaaazz, même si en écoutant leurs derniers albums, on se demande bien pourquoi on les enfermeraient dans un tel carcan réducteur, aussi beau soit-il. Certes, la première, Claudia Solal est la fille de son père Martial, l'un des plus grand pianistes vivants du genre et la seconde Maria Laura Baccarini a enregistré sous la houlette du violoniste Regis Huby et de sa clique bien rompue au genre. Mais ces deux albums embrassent la musique dans son ensemble.

Par sa fantaisie et sa distinction toute anglaise, Claudia Solal envoute, livre des comptines hallucinogènes, et donne l'mpression de se perdre sur les traces d'Alice aux Pays des Merveilles avec les petits arrangements électroniques de Benjamin Moussay pour enluminer le tout.

Salomé (extrait de Room Service)
podcast

Sur All Around, l'aspect un peu psychédélique s'estompe derrière les arrangements de cordes, une intervention lumineuse de guitare par-ci par-là, et surtout la qualité des compositions de Régis Huby qui, entre l'opéra et la musique de chambre parvient à mettre en valeur la voix de Maria Laura Baccarini de façon quasi-miraculeuse.

As It Goes
podcast

Des vrais bijoux, ca vous passerait presque l'envie d'écouter ZAZ