Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/10/2009

Liquid Ice "Rotten Apple" le morceau incongru de la journée

liquidice.jpgIl faut toujours se méfier quand on achète de la musique des îles en brocante. Et a fortiori, encore plus, quand, comme moi, on n'apprécie pas particulièrement le zouk ou le merengue. Car les musiciens antillais sont des filous. Ils ont tous des looks de guerriers du funk, posent avec des basses de 2 mètres de long et des orgues de folie, mais quand on met le disque sur la platine, c'est l'hymne à l'amour syncopé pour la doudou du Gosier qui sort des enceintes. Frustrant, très frustrant. Encore plus frustrant que ces dizaines de disques pas vraiment utiles à mes oreilles, il y a les disques avec un seul morceau fascinant, souvent un petit reggae ensuqué sur deux accords qui rend l'écoute encore plus douloureuse, car on peut alors imaginer tout ce qu'on aurait pu déguster si seulement tous ces gaillards s'était mis d'accord pour enregistrer un disque entier comme ça.

Après, il suffit juste d'être conscient de la situation. Ne rien espérer et finalement découvrir des morceaux absoluments déroutants sur des albums plutôt joviaux. Comme le dernier morceau de ce disque d'un groupe dominicain Liquid Ice. Sans prévenir, comme ça ils jouent un truc incroyable entre funk minimal et chanson Canterbury. La surprise est d'autant plus belle ainsi. Et voilà comment un seul morceau vaut ce petit billet. En plus avec le froid et la pluie, une petite vue sur l'océan ne fait jamais de mal.

Rotten Apple
podcast

En fait pour être vraiment honnête, le morceau précédent me laisse aussi bien assis. Faut dire que tout le long du disque, on retrouve des solos d'orgue/synthétiseur absolument térrifiants. On sent que le groupe avait du casser sa tirelire pour faire venir le bouzin en bateau, ils en mettent partout. Pas étonnant qu'ils mélangent donc tout ça avec ce reggae bizarre. Mais vraiment bizarre ! Bon allez, c'est cadeau !

Love Soldiers

podcast


 

 

 

14/10/2009

Alain kan "Et Gary Cooper s'éloigna dans le désert" le glam à la française

kan.jpgAvant que David Bowie et son glam-rock ne débarque en France, Alain Kan menait une carrière discrète, cachant sa singularité derrière des petites chansonnettes innocentes. Mais dès que la multinationale du maquillage arriva dans l'Hexagone, le timide garçon se changea en créature androgyne et subversive. Sa voix escalada les octaves pour donner vie à un immense cabaret décadent au coeur duquel il tronait. En 1975, Laurent Thibault, venu de Magma lui concocte un album qui sent le stupre et le LSD. Toute la ménagerie tirée de l'imagination malsaine et magique de Kan sort les griffes sur des lignes de basses poisseuses comme un dancefloor à 5 heures du mat. Il monte, il rit, il pique une méchante descente ("Hollywood Suicide"), et joue son spectacle grandiloquent. Quelques années plus tard, il trouva dans la rebellion punk l'occasion de mettre en avant son art sans concession. Etrange, presqu'intouchable, Alain Kan finit pas disparaitre comme un de ses personnages en s'évaporant après avoir été aperçu dans une station de métro. Son beau-frère Christophe considère qu'il est juste parti en tournée, en tout cas  s'il revient il a interet à ressortir un disque aussi fascinant que "...Et gary Cooper s'éloigna dans le désert". Je l'exige.

Le premier bébé de Lady Star Lune (y'a Starmania qu'a mangé trop d'acide)
podcast

Nadine, Jimmy et moi
podcast

 

 

07/10/2009

Hadopi, ni pour ni contre, bien au contraire !

hadop.jpgAlela Diane The Pirate's Gospel


podcast

Si j'a bien suivi l'actualité, le projet de loi sataniste, inutile et liberticide va finalement prendre forme. Et dans cette histoire honnêtement, j'ai la désagréable sensation de n'être d'accord avec personne.

Pas d'accord évidemment avec les artistes parfois aisés (Diam's ah ah ah) qui viennent pleurer leurs euros perdus, en prenant des arguments pitoyables tels que "La Baguette chez le boulanger, on la paie" pour tenter de faire passer pour du vol à l'étalage ce qui n'est qu'une curiosité exacerbée et parfois déviante. On ne nous épargne rien, et evidemment pas "la standardiste" des maisons de disques qui risque de perdre son boulot, tout ça par la faute du piratage. Soyons sérieux, il s'est vendu beaucoup trop de mauvaise musique ces 15 dernières années. Quand des artistes aussi indispensables qu'Indochine ou Raphael dépassent le million d'exemplaire 'albums écoulés, il faut se rendre à l'évidence,et comprendre que ce n'était pas de la musique que tout ce beau monde vendait mais bien un bruit de fond à la mode. Si d'ailleurs ce bruit de fond vous plait, ne vous inquiétez pas, il est disponible à 3 euros dans toutes les boutiques discount de France, rejeté avec ses centaines de semblables. Le téléchargement illégal met ainsi en lumière les incohérence du discours misérabiliste de ceux qui sous prétexte de vendre de la musique pensaient vendre de la culture alors qu'en fourguant des disques comme des tomates ou du couscous il semblait évident que le jour ou ils seront disponible pour rien, tout le monde se jeterait dessus. On a banalisé la musique, on en a fait un produit presque aussi nécessaire que le dentifrice ou les pâtes alimentaires, d'ailleurs on les achetait en même temps et en promo si possible (ah, les grands bacs de l'hypermarché ou je fouillais entre les compilations de Michel Delpech et Ace of Base, toute une époque...), aujourd'hui ce système pernicieux se retourne contre ceux qui l'ont crée et il ne fallait évidemment pas compter sur eux pour faire un petit mea Culpa, il reste plus facile de rejeter la faute sur les autres, surtout si on a Juliette Greco et Frederic Mitterand à ses côtés.

hadop2.pngMais malheureusement à cause de ses insuffisances (car elle ne réglera évidemment rien), cette loi HADOPI n'aura même pas permis à ceux qui téléchargent à la benne de se poser pour une fois en face d'eux-même et de leurs responsabilités. Ils sortent des personnages inquiétants, des sondages qui montrent que ceux qui téléchargent le plus achètent aussi le plus (quelle surprise !) bref se donnent une bonne conscience en plastique rutilant pour leurs excès de tous genres. Films, séries, musique, tout y passe. Et plus il y en aura, mieux ca vaudra. Ils croient aveuglément qu'ils sauront toujours tirer le meilleur de cette manne qui leur arrive en haut-débit. Que leur finesse d'esprit leur permettra de faire les bons choix, et de bien investir leurs quelques deniers (ajouter ici un passage de pleurnichage sous couvert de dépenses importantes pour la culture). Je ne pense pas qu'un esprit critique se développe sous l'opulence obscène, ni en faisant fi de toute morale. A force de vivre dans l'urgence (Kawai ! le dernier TBBT est trop lol ), à force de vouloir avoir un avis sur tout et tout de suite, c'est bel et bien ce soit-disant esprit critique qu'ils laissent tout doucement s'enfoncer dans la fange. A mon humble avis, certaines choses méritent un certain questionnement pour prendre leur vraie valeur. Accepter de prendre un risque, accepter d'être déçu, accepter d'écouter autre chose que ce pourquoi on se croit destiné, s'investir reste à mon sens la base de sa construction culturelle et même personnelle. Mais cette bonne vieille loi HADOPI est une trop bonne excuse pour occulter tous ces sujets...

11:54 Publié dans Le Défouloir | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : musique