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10/03/2009

Saez, le rebelle qui dit tout haut ce qu'il ferait mieux de taire

 

 

Avez-vous regardé les Victoires de la Musique ? Cette belle célébration des meilleurs musiciens vus à la télé ces 12 derniers mois reste une source d'émerveillement constante chez moi. Nagui en specialiste es bon gout y est souvent hilarant dans son petit costume du pourfendeur des méchants qui en veulent à la bonne musique. Mais souvent surtout, on a droit à des moments de bravoure. Le dernier justicier en 16/9e est donc Damien Saez, déjà connu depuis 10 ans pour être désabusé et chanter le malaise d'une classe d'âge (l'adolescence). Il était alors jeune et con parait-il. Pour notre plus grand bonheur, il avait disparu de la surface musicale, mais comme les pires maladies, on n'est jamais à l'abri d'une rechute. Indochine, Louise Attaque ou Damien Saez peuvent à tout moment renaitre de leurs cendres, on parlerait dans les milieux autorisés, d'un nouvel album de Mickey 3D, le génie musical médiatique peut se réveiller à tout moment...

On a donc eu droit à 10 minutes de Damien Saez en colère. D'abord poète maudit, puis performer révolté. Il a gueulé tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. Il a profité de l'audience pour faire passer son message, mais comme l'aurait fait un syndicaliste de la CGT qui aurait troqué son mégaphone contre un micro. Aucun recul, aucun propos. Saez est resté ce lycéen qui joue au rebelle pour plaire aux filles en regardant le prof dans les yeux, et en essayant de faire croire que son attitude peut faire réfléchir ou servir quelqu'un d'autre que lui-même. Alors pour ce grand moment de télévision, on peut remercier le chanteur engagé du vingt-et-unième siècle. Et oublier par la même occasion d'autres plus enclins à réfléchir, qui considèrent peut-être encore la musique ou la chanson comme un moyen de faire résonner la sensibilité intime  de l'auditoire. On ressortira peut-être des caisses de l' INA dans 20 ans ce passage comme témoignage d'un époque ou les artistes prenaient la parole pour crier aussi stupidement que leur public. On a tous eu un jour envie de gueuler comme un putois contre les injustices du monde, de faire manger leurs cravates à ceux qui ne pensent que par l'argent. Et certains trouvaient les mots pour décrire ce malaise, et faire prendre conscience à ceux qui savaient les écouter que même silencieux, ils étaient ensemble et nombreux. Mais ce petit artisanat ne vaut plus rien de nos jours. Il faut montrer pour être crédible, faire du bruit, sur la scène ou dans l'écran, montrer son cul, prendre à parti les puissants pour se prouver son illusoire utilité.

Donc Damien Saez vient de sortir un triple (!!!!) album, l'industrie du disque pense qu'elle se relancera en coupant le courant aux méchants pirates. Mais tout ça, nous sommes nombreux à nous en foutre, la musique existait avant Universal, et elle existera après, les vrais aventuriers du son ne font pas de bruit, restent décidés à trouver leur bonheur, et savent faire des efforts pour celà.

Commentaires

beaucoup appris

Écrit par : Nina_Tool | 19/09/2009

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