07.10.2009

Hadopi, ni pour ni contre, bien au contraire !

hadop.jpgAlela Diane The Pirate's Gospel


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Si j'a bien suivi l'actualité, le projet de loi sataniste, inutile et liberticide va finalement prendre forme. Et dans cette histoire honnêtement, j'ai la désagréable sensation de n'être d'accord avec personne.

Pas d'accord évidemment avec les artistes parfois aisés (Diam's ah ah ah) qui viennent pleurer leurs euros perdus, en prenant des arguments pitoyables tels que "La Baguette chez le boulanger, on la paie" pour tenter de faire passer pour du vol à l'étalage ce qui n'est qu'une curiosité exacerbée et parfois déviante. On ne nous épargne rien, et evidemment pas "la standardiste" des maisons de disques qui risque de perdre son boulot, tout ça par la faute du piratage. Soyons sérieux, il s'est vendu beaucoup trop de mauvaise musique ces 15 dernières années. Quand des artistes aussi indispensables qu'Indochine ou Raphael dépassent le million d'exemplaire 'albums écoulés, il faut se rendre à l'évidence,et comprendre que ce n'était pas de la musique que tout ce beau monde vendait mais bien un bruit de fond à la mode. Si d'ailleurs ce bruit de fond vous plait, ne vous inquiétez pas, il est disponible à 3 euros dans toutes les boutiques discount de France, rejeté avec ses centaines de semblables. Le téléchargement illégal met ainsi en lumière les incohérence du discours misérabiliste de ceux qui sous prétexte de vendre de la musique pensaient vendre de la culture alors qu'en fourguant des disques comme des tomates ou du couscous il semblait évident que le jour ou ils seront disponible pour rien, tout le monde se jeterait dessus. On a banalisé la musique, on en a fait un produit presque aussi nécessaire que le dentifrice ou les pâtes alimentaires, d'ailleurs on les achetait en même temps et en promo si possible (ah, les grands bacs de l'hypermarché ou je fouillais entre les compilations de Michel Delpech et Ace of Base, toute une époque...), aujourd'hui ce système pernicieux se retourne contre ceux qui l'ont crée et il ne fallait évidemment pas compter sur eux pour faire un petit mea Culpa, il reste plus facile de rejeter la faute sur les autres, surtout si on a Juliette Greco et Frederic Mitterand à ses côtés.

hadop2.pngMais malheureusement à cause de ses insuffisances (car elle ne réglera évidemment rien), cette loi HADOPI n'aura même pas permis à ceux qui téléchargent à la benne de se poser pour une fois en face d'eux-même et de leurs responsabilités. Ils sortent des personnages inquiétants, des sondages qui montrent que ceux qui téléchargent le plus achètent aussi le plus (quelle surprise !) bref se donnent une bonne conscience en plastique rutilant pour leurs excès de tous genres. Films, séries, musique, tout y passe. Et plus il y en aura, mieux ca vaudra. Ils croient aveuglément qu'ils sauront toujours tirer le meilleur de cette manne qui leur arrive en haut-débit. Que leur finesse d'esprit leur permettra de faire les bons choix, et de bien investir leurs quelques deniers (ajouter ici un passage de pleurnichage sous couvert de dépenses importantes pour la culture). Je ne pense pas qu'un esprit critique se développe sous l'opulence obscène, ni en faisant fi de toute morale. A force de vivre dans l'urgence (Kawai ! le dernier TBBT est trop lol ), à force de vouloir avoir un avis sur tout et tout de suite, c'est bel et bien ce soit-disant esprit critique qu'ils laissent tout doucement s'enfoncer dans la fange. A mon humble avis, certaines choses méritent un certain questionnement pour prendre leur vraie valeur. Accepter de prendre un risque, accepter d'être déçu, accepter d'écouter autre chose que ce pourquoi on se croit destiné, s'investir reste à mon sens la base de sa construction culturelle et même personnelle. Mais cette bonne vieille loi HADOPI est une trop bonne excuse pour occulter tous ces sujets...

28.09.2009

Jean-Paul Marchant "Le Tisserand" la poésie du terroir

marchant.jpg"Ah, dans ce temps on faisait des vraies chansons ! Et on savait chanter !"

L'antienne est connue. Les anciens l'utilisent comme excuse pour ne pas s'ouvrir à la nouveauté, et les jeunes pour se moquer de leurs ancêtres. Mais il faut bien reconnaitre qu'une certaine idée de la chanson française a complètement disparu de la musique d'aujourd'hui. Les artistes qui osent aujourd'hui poser des mots et raconter des histoires plutôt que d'assommer leur auditoire à coups de slogan bien-pensants se meurent. Pourtant il est reposant de recevoir une chanson, sans parti pris, une nouvelle de deux minutes qu'on nous raconte et qui s'en va.

Jean-Paul Marchant est de ces chanteurs disparus. Inconnu au point que Google nous incite fortement à finir son patronyme avec un"d" plutôt qu'un "t", inconnu au point d'être a peu près introuvable. Pourtant, sans trop savoir pourquoi, la poésie rurale de ce chanteur m'émeut profondément. Peut-être aussi parce que derrière la simplicité de son oeuvre se cache une écriture limpide. Aussi parce qu'à ses côtés, on retrouve Pierre Nicolas, contrebassiste de Brassens et Roger Bourdin, flûtiste classique, essentiellement connu pour avoir transformé en 10 minutes d'improvisation au débotté "Il est cinq heures, Paris s'éveille" de Dutronc en merveille du vingtième siècle chanté.

Donc, ici pas de grands sentiments, à peine une demi-heure et douzes chansons qui s'écoulent comme la verveine avant d'aller se coucher.

Le Tisserand
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Ulysse relecture du célèbre mythe de Bellay, de Brassens. Une chanson d'amour universelle
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Picoula Picouli
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16.09.2009

"A Bad Donato", la méchante usine à sample... n'est-ce pas mr B...

donato.jpgTout cet album pourrait se retrouver vite fait bien fait découpé en petites rondelles et multiplié à l'envi dans des milliers de disques de hip-hop. Il y a dans cette perle datant déjà de presque 40 ans la quintessence de la musique d'alors. Un appel au sexe et à la sueur tout en rythme. Joao Donato, brésilien et grand défricheur d'une musique mi-funk mi-jazz de son état avouait lui même avoir commis un disque presque indécent puisqu'il déclarait:

"And I made the noisiest record I can ever remember making."

Celà se passe de commentaire. Même quand il envoie du vent dans les flûtes et de la bossa syncopée, on ressent un appel presque indécent à la séduction corporelle. Ajoutez à tout celà les arrangements d'un Eumir Deodato en pleine forme et vous obtiendrez donc un disque qui réveille vos plus vils instincts, ceux qui vous font tenir debout mais que vous préférez occulter. Pendant 40 minutes, laissez-les prendre le controle.

Lunar Tune (les petites saillies de cuivres me rappellent irrésistiblement le générique de la géniale série Oz, ce ne doit pas être un hasard...)
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The Frog

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Suite à la remarque éclairée d' Alain, je ne peux que vous faire partager la sublime interprétation de ce titre par Jacques Brel lui-même... en 1977... Assez éloquent...