12.09.2009
Gotainer, Matching Mole... Je chante ce que je dis et je dis ce que je chante !
Tant de chanteurs d'évertuent à essayer de trouver de jolies paroles que ça en devient désespérant. Mauvaises rimes, sentiments à la chantilly, tout y passe, avec peu de raison de sauter au plafond à l'arrivée. Alors que, pourtant, écrire une histoire interessante, ce n'est pas difficile, il suffit de raconter ce qui se passe...
Avec par exemple Richard Gotainer, oui celui des youkis et des décalcos... Pour son premier disque, il opérait en symbiose avec Claude Engel, un multi-intrumentiste plutôt guitariste et plutôt versé dans les expérimentation bizarres jusqu'alors. Alors entre délires adolescent et comptines musicales, on avait pour finir Le forgeur de Tempos ce mignon "Fais moi une chanson"

Ceci dit, l'ami Richard n'avait pas non plus inventé l'eau tiède, puisque l'immense Robert Wyatt, sitôt après avoir créé un nouveau groupe en hommage à l'ancien qu'il venait de quitter (Soft Machine) jouait à fond la carte du second degré. Sa nouvelle formation s'appelle donc "Matching Mole" ce qui évoque évidemment des bizarres histoires de taupes alors que sa signification en est bien plus simple, il suffit de traduire "Soft Machine" en français (Machine molle) et de prononcer le tout... à l'anglaise. C'est limpide et rigolo, et on ne s'étonnera donc pas de trouver au milieu de ce petit trésor du début des années 70 Signed Curtain. Une chanson elle aussi très descriptive...
Depuis, le second degré, la mise en abime n'est plus vraiment la norme. On préfère l'anecdotique et les histoires de maison de campagne ou les barbecues virent à la catastrophe.
Mais quelquefois, on retrouve l'histoire qui se raconte elle-même. C'est toujours aussi charmant et souvent drôle, même quand il s'agit de relectures commentées avec talent de vieux clips ringards. Comme cette version hilarante de Penny Lane des maintenant remasterisés Beatles
10:37 Publié dans moi, mon blog, mes disques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.09.2009
Akron/Family "Set' em Wild, Set 'em Free" le feu de camp passe à l'électrique
Il m'arrive de moins en moins souvent d'acheter des disques juste après les avoir écouté dans une grande surface. Le plus souvent l'expérience tourne court, les specimen choisis pour faire office d'appat à la population sont souvent assez fades à mon gout, mais parfois, la bonne surprise peut surgir du casque.
Akron/Family par exemple, un trio qui non content de pomper le concept de "grande famille musicale" à Sly Stone lui pique aussi l'idée le drapeau américain sur la pochette fait partie de ces divines révélations. Rien de révolutionnaire, juste des chansons baties sur les bonne fondations du folk nord-américain qui se transforment souvent en célébrations paiennes et enjouées. Il y a un peu de A Mt Zion dans ce groupe, un esprit fraternel, des chants en choeur et on l'imagine, un leader charismatique faisant craquer les filles quand il ouvre négligemment sa chemise à carreaux.
En tout état de cause, Set'em Wild, Set'em Free est un disque bon et honnête. Sans chercher à jouer au-dessus de leurs moyens, la famille à Akron rassemble toutes les bonnes énergies qui gravitent autour d'elle, et ca fait du bien.
16:58 Publié dans chroniques: Rock pour tous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques
26.07.2009
Cartola les racines du bien
Le Brésil c'est sympa, les musiciens comme les joueurs de football, on les appelle souvent par leur surnom. Cartola, lui pendant près de trente ans, on ne l'appelait plus du tout, parce qu'il perdait sa vie entre l'alcool, les petits boulots et les mésaventures amoureuses. C'est ce genre de trajectoire chaotique qui fait la légende de la musique. Et Cartola est aussi méconnu que génial. Plus que la samba dont il était fou ou que la bossa, ce genre pour plagiste bourgeois des années 70, Cartola jouait de la MPB, la musique populaire brésilienne. la plus pure d'entre toutes. Une musique parfois aussi maigre que son auteur, pas vraiment faite pour danser, pas vraiment faite pour pleurer. Le Brésilien a de la chance, sa musique populaire est la plus belle de toutes. C'est simple, c'est beau et Cartola a pris sa place entre ses égaux prestigieux comme Pixinguinha dans le coeur de son peuple.
O Mundo e um moinho (extrait de cet album de 1976, le deuxième de Cartola)

19:40 Publié dans chroniques: Et la World, comment je l' aborde ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


