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27/11/2010

La revue de presse du 26/11/2010 !!!

 On annonçait la neige et le déluge dans toute la France aujourd’hui. Attention, alerte orange, ca va bloquer ! Tout en prudence centriste, me voici donc à la gare ce matin pour ne pas risquer ma vie sur quatre roues. Cinq heures de trajet à combler, deux correspondances (dont une à Poitiers où un panneau en pleine gare annonce le Quick à 5 minutes à pied, décidément, la désinformation sarkozyste va trop loin !) méritaient bien un petit passage au point presse. Et donc dans ma grande générosité, je vais même vous aiguiller dans vos choix cornéliens de lecture…

Alors, aujourd’hui j’ai testé pour vous :

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SERGE

Ca c’est la nouveauté du moment. Le magazine estampillé « Chanson Française » lancé avec force renforts de pub et de petits encouragements radiophoniques, télévisuels et autres. Références aux plus grands (Gainsbourg, ReggianiLama), équipe éditoriale couverte de louanges (Dider Varrot, Patrice Bardot), autant de raison d’avoir pleins d’a priori pour un asocial de la musique tel que moi qui ne supporte surtout pas d’être d’accord avec la masse.

Premier point, Serge est un vrai magazine 3.0 formaté aux canons d’internet. On croirait lire un blog à la mode… Lignes claires et limpides, volonté de ne pas trop embrumer l’esprit du lecteur, belles photographies immenses d’illustres inconnus de mes oreilles (Jérome Van Den Hole, l’homme qui a éclipsé Renan Luce en faisant sa première partie !) et ligne éditoriale oscillant plus vers Nostalgie que Radio Nova où les grands noms sont bien présents.

On y trouve une belle interview de Renaud où l’on découvre que s’il a perdu beaucoup de qualités, ce dernier a au moins gardé sa lucidité :

 « Je n’ai pas écrit de chansons originales depuis quatre ans […], et sur scène, étant donnée ma voix qui se détériore, je n’ai pas tellement envie de chanter »

« J’ai honte de le dire, mais j’écoute Chérie FM et Chante France. Je préfère écouter trois bons vieux Joe Dassin ou Mike Brant que le dernier Saez ».

 On apprend ensuite qu’il déprime en banlieue loin de ses bistrots et près de sa femme qui l’a pourtant plus ou moins sauvé… Etrange. L’autre bon moment de Serge est le dialogue entre Louis Chedid et Laurent Garnier. Deux hommes qui s’estiment et se connaissent bien. Echanges sur la vie de famille, la transmission de la passion, la place de l’électronique dans la musique, plus le traditionnel passage ou j’imagine la collection de disques de Garnier en bavant comme un bulldog (« Quand on s’est installé à la campagne, les déménageurs m’ont dit « On ne veut plus jamais vous revoir, Monsieur ! »).

A contrario, le côté fan-team assumé de la rédaction m’a vite soulé par moment. On n’est pas là pour dire du mal ni pour juger, et même quand on laisse deux critiques « débattre » (Valérie Lehoux de Telerama défend Abd-Al Malik, Sophie Delassein du Nouvel Obs clame son amour de Grand Corps Malade) c’est pour de faux et dans le grand guignol.  Et ça énerve, surtout qu’entre ces deux stakhanovistes du CD, pressés comme des citrons pour faire tourner la grande machine commerciale décadente qu’est l’industrie du disque, le plus simple reste de n’en écouter aucun des deux. Et que dire du portrait de Cali (shooté en pleine crise du moi, paupières tombantes et coupe de cheveux digne d’un résident permanent de l’hôpital psychiatrique) par deux de ses admirateurs  (Rachida Brakni et Diastème) ? Ca dégouline tellement que ça en devient obscène.

 

magazine-vibrations-numero-118-Z37812586055020118001.jpgVIBRATIONS

Mon admiration pour le magazine suisse commence à baisser dangereusement, et le pire, c’est que je ne sais toujours pas vraiment pourquoi. A chaque fois, je l’achète plein d’espoir et finalement, au bout de dix minutes, j’ai l’impression d’en avoir déjà fait le tour. Sans doute que les sujets développés ne me passionnaient pas plus que ça ou que je deviens juste moins curieux. Les chroniques sont nombreuses, très diverses et presque trop concises. A force de résumer le propos pour être clair, on en vient presque à ne plus comprendre vraiment ce qu’en pense le critique et à considérer cette énumération plutôt comme un catalogue de disques à découvrir. Cependant, les rubriques régulières continuent de me charmer. Ce mois-ci, l’article de John Lewis « Une autre Amérique » se penche avec tendresse sur l’inauguration d’une statue de Frank Zappa dans sa ville natale de Baltimore et met en exergue une des nombreuses citations lumineuses du guitariste :

« Si tu veux coucher, va à l’université, si tu veux apprendre, va à la bibliothèque. »

Tout est dit, Zappa forever !

En revanche, je ne me remets toujours pas de la disparition maintenant ancienne de l’éditorial de Gilles Tordjmann. Et je m’en remets d’autant moins que le lubrique Jacky Berroyer continue sous prétexte d’un regard décalé et désabusé sur le monde d’aujourd’hui à nous raconter ses pathétiques histoires de caleçons avec ses conquêtes névrosées. Le pire restant que le bougre possède une vraie culture musicale et un amour sensible de cet art. Mais pour Berroyer, rien n’est plus intéressant que sa queue, alors il préfère nous raconter comment il cohabite couci-couça avec celle-ci.

 

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JAZZ MAGAZINE / JAZZMAN

Sans contestation le plus dense des magazines de cette journée. Des dizaines de chroniques, souvent intelligemment regroupées (label, trio « contrebasse/basse/batterie ») et surtout des articles de fond maousses costaud.

Une interview-fleuve de Michel Portal qu’il faudra reprendre surement un peu plus au calme, et pour mon plus grand plaisir, la présence d’un Laurent de Wilde rédacteur d’exception, capable de m’intéresser à un pianiste qui m’était jusqu’alors parfaitement inconnu  (Mulgrew Miller) ou de donner envie au premier venu de se jeter sur l’intégrale des enregistrements d’Ahmad Jamal de 1956 à 1962. Une vraie plume qui fait honneur au seul magazine de jazz français restant qui sait faire une vraie part aux musiciens de France (Jean-Philippe Viret, mon chouchou de ces dernieres semaines ou Michel Benita au cœur d’un blind-test stimulant) comme d’Ailleurs. Alors évidemment, si on veut chipoter, on pourra dire que Frédéric Goaty continue à ne pas pouvoir parler des autres sans parler de lui, mais pour ce mois-ci, on ira même jusqu’à lui pardonner.

 

24/11/2010

Jean-Philippe Viret ou Sun Ra, le jazz qui pulse.

 

sunra.jpgSun Ra reste sans aucun doute à la fois l'un des jazzmen les plus influents et les plus prolixes mais surtout sans contestation possible, le plus barré d'entre tous. Entre ses délires mégalomaniaques auxquels je ne sais toujours pas s'il croyait vraiment et ses accoutrements de scène, entre papier aluminium et couverture de survie à rendre jaloux Paco Rabanne, le monsieur se posait là en terme de personnage atypique. Pourtant, bien au-delà de tout ce folklore et de cette mythologie qu'il engendra lui-même, Sun Ra reste avant tout un fabuleux musicien. A la fois improvisateur et compositeur, complètement visionnaire dans l'utilisation des sons synthétiques, il fut ausssi un meneur d'homme qui su garder (à la l'image de Duke Ellington) au sein de son Arkestra, une troupe de musiciens exceptionnels tels que le saxophoniste John Gilmore. Inutile de dire que je l'admire, de manière plutôt instinctive d'ailleurs car je suis bien incapable de digérer son oeuvre pharaonique, et que sa façon de vivre sa musique en toute folie me fascine complètement.

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Le moins que l'on puisse dire c'est que la filiation entre Sun Ra et Jean-Philippe Viret ne s'impose pas d'elle-même. D'ailleurs ce dernier ne prétend ni être né sur Saturne ni redéfinir le cosmos avec une musique interstellaire. De fait, il cultive plutôt son art de la contrebasse en toute modestie au sein d'une scène française qui regorge d'artistes de talents. Et son dernier album en trio Pour, où il expose toujours un sublime art cinématographique de la mélodie, s'avère vraiment excellent (et tout le monde devrait sans doute déjà l'avoir acheté).

En fait, il s'avère que depuis quelques semaines, je suis complètement accroc au morceau "La Barge Rousse" issue de Pour. Toute en bois et en rythme cette composition m'enchante un peu plus à chaque écoute. Edouard Ferlet y cherche quelques sonorités aigues et délicieuses au coeur de son piano, mais surtout, il y a cette pulsation, cette délicieuse ondulation monotone qui nous transporte vraiment sur cette embarcation imaginaire, déambulant au gré du fleuve.

La barge rousse
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Et c'est en découvrant par hasard "New Day" de Sun Ra au coeur d'un vinyl dégôté en vide-grenier que la même douce fascination m'a envahi. Ici aussi, c'est le rythme qui dicte sa loi au morceau avec des percussions et une ligne de basse hypnotique. Et si avec le trio français, on dérive tranquillou sur la Marne, avec l'Arkestra, on navigue en pleine mer, il y a du vent, le chant des sirènes et c'est tout aussi charmant.

New Day (en m'excusant pour la qualité du son)
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Enfin, tout ça pour dire que quand j'écoute, deux morceaux de la même façon, je m'en obliger d'en parler ici.

 

 

16/11/2010

Gil Scott-Heron "I'm New Here" Le retour du clochard céleste

51AHKF8iD8L._SS500_.jpgEn fait (et en gardant toutes les précautions d'usage), Gil Scott-Heron a réussit là où Renaud a lamentablement échoué. Alors que ce dernier s'est sorti de l'alcool avec une nouvelle poulette, une corpulence à piquer la place de Depardieu pour le prochain Asterix, trois chansons en bois, une voix de merde et rien à dire ; l'écrivain-chanteur américain, qui est passé par bien pire (le crack, la taule) est parvenu au-delà de tout à rester un véritable musicien.

 

250px-Gil_Scott_Heron_-_10-2-2009_San_Francisco,_Carofornia_.jpgAvec ses petits moyens: une voix toute cassée, toute éraillée et un physique de vautour décharné à faire pitié à un SDF, il donne une leçon à tous les amateurs de musique. D'abord, il prouve que cette musique, ce n'est pas qu'une histoire de voix et de souffle, c'est avant tout une histoire de tripes et de capacité à transmettre ce rythme intérieur profond qui ronge chacun de nous. Ensuite, il met à sa botte élimée la modernité, les machines, et sans jamais se cacher derrière elles, en fait ses alliées pour porter son message. Gil Scott-Heron et sa mythique gouaille semblent aussi jeunes qu'il y a quarante ans, et I'm New Here est pour moi l'un des meilleurs disques de l'année.

Pour finir, deux petits extraits aux titres suffisamment évocateurs.

Me and the Devil

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New-York is Killing Me
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25/10/2010

Barney Wilen: Moshi / Paul Bowles: Un thé au Sahara. Dans les entrailles de l'Afriques

index.jpgLe terme de voyage perd a perdu beaucoup de sens ces derniers temps. Aujourd'hui, il suffit de quitter une semaine son pavillon pour s'entasser avec quatre cents se ses semblables à Djerba, et l'on peut se revendiquer grand voyageur. Et si au terme du séjour, vous avez poussé le vice jusqu'à marchander un tapis berbère ou cinquante grammes de ras el hanout dans le souk, vous pouvez légitimement revendiquer le statut d'aventurier.  Ni vu ni connu je t'embrouille: on croit voyager alors qu'on s'est seulement déplacé. Mais malheureusement, le voyage, le vrai demande un investissement réel et un peu plus de lacher-prise. Il faut être pret à affronter l'inconnu, pret à se perdre, à avoir peur, avoir la diarrhée et la nausée à la fois, et tout celà n'est pas à la portée de tous. Alors à défaut de pouvoir se permettre une telle liberté de nos jours, il est toujours possible de prendre exemple sur les grands anciens qui ont su au détour de leur existence vraiment partir.

Prenez Barney Wilen par exemple. Il était doué, il était saxophoniste et il avait joué avec Miles Davis sur la bande originale d'Ascenseur pour l'échafaud, entre autres. Il avait probablement mille raison raisonnables de rester faire de la musique en Europe ou aux Etats-Unis, mais à la fin des années 60, il prit le prétexte fallacieux de la réalisation d'un film documentaire sur un voyage de cinq semaines qui l'emmenerait en musique à Zanzibar pour partir à l'aventure avec quelques amis. Moshi est le disque lumineux et frénétique qui témoigne de ce périple, qui ne durera pas cinq semaines mais deux ans et n'emmenera personne à Zanzibar puisque les quelques fous qui iront au bout de leur chemin finiront la route à Dakar. Le détail des détours est livré au coeur du double album en un récit truculent, entre le généreux producteur qui attendit plusieurs mois pour couper les vivres, les personnes qui s'en vont et s'en viennent, les musiciens croisés sur la route, les heures de musique filmée ou enregistrée, les étapes de six mois dans le désert Algérien et tant d'autres choses croustillantes.

"Au bout de deux ans, trois d'entre nous sont arrivés à Dakar. On est rentré en Europe avec beaucoup de musique enregistrée, des instruments et Elvis Mammadou, un chien de brousse."

Fort de ces rencontres, de retour à Paris, Wilen enregistrera donc ce témoignage d'une expérience unique. Entre collectage, musique improvisée, musique ethnique et musique écrite, il réunira toutes ses influences, et deux ans de sa vie dans cette oeuvre majestueuse. World-Music au sens le plus noble du terme, Moshi est un album qui anticipe dans une quête d'universalisme musical les CoDoNa que Cherry, Walcott et Vasconcelos enregistreront quelques années plus tard.

Zombizar - dansant et joyeux
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14 Temps - Avec un duo Balafon/guitare de toute beauté, hypnotique, sublime.
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8518-medium.jpgCe gout de l'aventure, cette envie de partir m'a fait irrésistiblement penser au roman de Paul Bowles (un grand voyageur aussi qui s'établit définitivement à Tanger en 1947) Un Thé au Sahara. On y découvre une Américaine de bonne famille qui se retrouve envoutée par l'Afrique et les Africains et quitte tout pour se fier à son seul intinct et ses désirs inavouables. Elle aussi partira du Maroc pour échouer en Afrique noire, elle aussi se sera abandonnée à des personnes et un continent qu'elle ne connait que peu. Et si je devais relire ce livre, c'est avec Moshi en fond sonore que je le ferai.

 

12/09/2010

Le Blind-Beatles, pour une reprise en douceur

index.jpg"Bonjour, nous sommes le groupe le plus célèbre du monde."

Avant toutes choses, il faudrait que je confesse que longtemps, je n'ai pas vraiment considéré les Beatles comme un groupe génial. Leur inconvénient le plus flagrant étant bien évidemment d'être trop populaires à mes petites oreilles élitistes. Mais avec l'âge vient la sagesse, et si je ne serais jamais un de leur inconditionnels transis, je reconnais plus que facilement leur indéniable talent. Quant à leur influence elle est telle que les reprises de leurs thèmes (absolument géniaux de concision souvent) pullulent dès la fin des années 60, surtout à une époque où les compilations / hommages / disques de danse sont légions. Autant d'occasions de faire un petit test des adaptations les plus étranges, glanées au détour des disques brillants... ou anecdotiques. Comme toujours, le premier à fournir les bonnes réponses aura toute ma considération, surtout s'il trouve tous les artistes osant ces reprises audacieuses... ^^

Extrait 1
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Extrait 2
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Extrait 3
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Extrait 4
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Extrait 5
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Extrait 6
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Extrait 7
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Extrait 8
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Extrait 9
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Extrait 10
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Bientôt les résultats ! Et en attendant, bonne rentrée à tous !

 

Petite participation, peu ont réussi à trouver certains que je trouvais assez évidents comme la 9...

Voici les réponses:

1 Lady Madonna - Peter Covent Orchestra. C'est du kitsch lourd, je l'admet

2 The Fool on the Hill - Michel Magne et son orchestre "Les plus beaux slows"...

3 Here, There & Everywhere - Franck Pourcel meets the Beatles... le plus grand de tous les rois de la reprise au sirop....

4 Norwegian Wood - Count Basie Orchestra

5 And I Love Her - The Sandpipers

6 Come Together - Claude Denjean et son gros Moog synthétiseur, un vrai traumatisme...

7 Something - Shirley Bassey

8 Penny Lane - La ca devient comique, j'ai oublié qui est l'auteur de la reprise très kitsch aussi...

9 Yesterday - Oscar Peterson

10 Eleanor Rigby - Caetano Veloso. Toujours aussi sexy, merci à tous les participants. Il y a quand même quelques 9 et un 10/10 !